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MessageSujet: Dieu reconnaîtra les siens Dim 30 Aoû - 22:56
L'auberge du carrefour était bien nommée. Au milieu d'une route de campagne, cet édifice de pierre se tenait. Les pluies abondantes de ces derniers jours avaient rendu le sol extrêmement boueux, et dans le ciel s'accumulaient de dangereux nuages gris. Un autre orage allait avoir lieu, l'été était décidément terminé...

À côté de l'auberge se trouvait une petite étable avec une vache. La fille de la tenancière, une mignonne petite chose de 16 ans aux queues rousses était en train de la traire, ses jambes de gueuse provocantes nues. Elle fit un clin d’œil à un homme qui l'observait. Voilà maintenant une semaine qu'elle essayait de le mettre dans son lit. Non pas qu'elle fut une simple catin : Comme tant de jeunes filles, elle adorait les histoires sur les chevaliers, et pensait pouvoir en épouser un et vivre une vie d'aventure.
L'homme qui l'observait était un baroudeur de 25 ans. Il avait une mâchoire carrée, une large barbe fournie, des tas de cicatrices et des cheveux noirs gras. Il ne portait pas de grandes armures de mailles ou des cuirasses, se contentant de cuir bouilli et d'une épée courte. Il adorait cette jeune rouquine. Hier soir, il l'avait embrassé derrière l'auberge, et s'était amusé avec sa poitrine... Mais il était joueur, et savait ne pas s'empresser. Il la prendrait plus tard.
Une frappe sur l'épaule le réveilla de sa contemplation.

- Allons ! On a du boulot ! Le renfort est arrivé !

Un petit gars trapu, chauve, approchant de la quarantaine, venait de l'engueuler d'une voix aiguë. Il reluqua rapidement la petite puis leva les yeux au ciel. En réalité, les goûts de cet homme se dirigeaient vers l'autre bord...
Mais ce n'était pas connu. Et pour une raison simple : Il était inquisiteur de l’Église. Le plus fort et le plus déterminé des traqueurs, il avait fait des dizaines de grands bûchers, dirigeant des procès interminables, ayant abondamment recours à la torture et à la délation.

Les deux hommes entrèrent à l'intérieur, pour rejoindre l'auberge. 7 jours déjà, 7 jours que lui et ses compagnons, mercenaires ou braves chevaliers, s'étaient retrouvés. Il y a quelques semaines, Arnault Castellanne, l'archevêque du Bosquet, avait envoyé une missive urgente déclarant que des hérétiques vivaient dans son territoire. Ils avaient eut des propos subversifs, et voilà des mois qu'ils convertissaient à leur atroce culte qui descendait de Gilles de Sainte-Croix. Pourtant, son père, Mordred, le duc des Cimes, se refusait d'intervenir. Il préférait dédier ses forces à un conflit imminent dans la Gallance...

À l'intérieur, au milieu de la table, l'inquisiteur Thrax posa une carte. Autour de lui, le mercenaire Adrien qui voulait coucher avec la rouquine ; Lady Alice of Sharp, une jeune noble outresylvaine qui a été chassée de son territoire, très bonne à l'épée (Et très bonne tout court), mais malheureusement muette ; Le pisteur Ahmed, un Al-Bushar qui n'avait pas la langue dans sa poche et qui aimait bien en arracher à ses ennemis ; et enfin, le jeune Léon, un gamin de 13 ans qui leur servait de guide.
Mais à présent, deux autres chevaliers personnes étaient arrivés, envoyés par le Grand Inquisiteur lui-même. Ils entrèrent et firent connaissance. Très vite, Thrax décida de passer aux choses sérieuses.

- Messieurs, l'heure est grave, la Gallance est menacée.
Voilà des mois que d'immondes hérétiques pullulent dans l'Estrie. S'ils restent éloignés des villes, ils gagnent en influence dans les campagnes, et la maison Castellanne refuse d'intervenir, prétextant avoir des problèmes plus urgents.
Nous avons un devoir à Calanthe et à notre Seigneur. Ces traîtres doivent être trouvés et massacrés.
La première chose que nous devrions faire serait de nous diriger vers le village du Val-Saint-Père, à une heure de cheval d'ici. C'est le prêtre de ce village qui nous a appelé. Il déclare que sa paroisse est menacée, et que l'on a tenté de mettre le feu à son église. Si nous voulons trouver les hérétiques, il nous faut déjà les trouver là-bas.
Préparez vos chevaux, nous partons dans une heure.

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MessageSujet: Re: Dieu reconnaîtra les siens Lun 31 Aoû - 16:07
Les deux cavaliers étaient sur la grande route depuis quatre jours. Partis de l'Abbaye de Dunny, siège de l'inquisition, ils étaient à présent non loin du bourg de Boisbouville, capitale du Comté d'Empaumure, fief de Gautier de Castellanne, vassal et neveu du Duc des Cimes.

L'un des deux cavaliers sifflotait un air traditionnel de Lucie, sa terre natale. Il avait pour nom Roland de Roqueville, troisième fils d'un petit baron vassal du Comte de Mistral. Il était brun, mal rasé, bien battit et arborait constamment un air provocateur.
De nature belliqueuse, c'était un guerrier né, aussi talentueux à l'épée qu'aux jeux de dès, aimant l'alcool, la musique, la fête, mais qui curieusement resté fidèle à sa promise restée en Lucie.

Philippe de Manchon, le second cavalier, était quant à lui, tout le contraire de son frère d'arme et meilleur ami. Il était blond, le cheveu mi-long, bien rasé avec un visage aux traits fins et amicales.
Bien que doué l'arme à la main, Philippe préférait parlementer avant d'agir et rechignait toujours à sortir son épée.
Il aimait la lecture, la poésie et le théâtre, et n'hésitait jamais à utiliser ses dons d'orateurs pour charmer les dames.

Ce qui rassemblait ces deux êtres distincts mais pourtant inséparables, c'était leur foi inébranlable et leur sens du devoir.

« Tu n'arrives pas à te sortir cet air de la tête mon ami...
- Non, je me suis endormi avec et réveillé avec. »


La veille, Roland et Philippe avaient rejoint groupe de voyageurs pour dormir à la belle étoile sur le bord de la route. L'un deux avait sa mandoline et joué accompagné d'un collègue à la flûte, une musique qui restait en mémoire pendant longtemps.

« Arrivons nous bientôt capitaine ? »

Roland aimait à appeler son compagnon "capitaine". Non pas que Philippe était son supérieur, mais c'était lui qui veillait à leur chemin lorsqu'ils voyageaient, comme un capitaine gardant le bon cap sur son navire. Roland, doué d'un sens de l'orientation quasi nul, se contenter de suivre la marche.

« L'Auberge où nous devons rejoindre les locaux devrait être en vu. Demandons à cette jeune femme pour être sûr. »
Philippe lança un sourire à son compagnon et lança son cheval au galop vers une jeune paysanne rousse qui transportait à bout de bras deux sceaux remplit de lait frai.

« Hôla demoiselle, je suis Philippe de Manchon, envoyé de monseigneur Henri de Caron, Grand Inquisiteur Royale et de monseigneur Jacques de Line, Archevêque de Dunny.
Nous sommes en mission dans vos contrées, à la recherche de l'Auberge du Carrefour, pour y retrouver les inquisiteurs locaux et leur prêter main forte au nom de Dieu et du Roi de Gallance Lucien VII. Pouvez vous nous indiquer le chemin à prendre ? »


Roland, restait en retrait, hochait la tête de désespoir. Il connaissait son ami et savait très bien qu'il n'était pas perdu. Philippe aimait aborder les femmes, n'importe les quelles, des Duchesses aux paysannes les plus sales.
Son habit d'inquisiteur, fait d'une cotte d'arme rouge avec une croix blanche, suffisait parfois à mettre dans son lit les plus influençable des fillettes.
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MessageSujet: Re: Dieu reconnaîtra les siens Lun 31 Aoû - 16:19
La jeune fille paraissait avoir des problèmes, se démenant avec ses gros sceaux de laits. Ses petits bras frêles et squelettiques avaient du mal, voilà une corvée pour sa tenancière de mère, une femme bien plus forte et grasse.

Elle pestait et blasphémait de sa petite voix, quand soudain, elle fut hélée par un chevalier. Elle tourna rapidement la tête, apeurée sur le coup, mais observa le bel homme bien monté sur son étalon. Elle ne put s'empêcher de mordre sa lèvre inférieure, et de lui donner son plus beau sourire, affichant ses dents écartées.

- Hélà, eh, que l'auberge est à ma mère, là ! Voilà d'jà quelques jours qu'on a d'autres messieurs desdits « seigneurs » qui crèchent là. P'têt que c'est vos inquisiteurs qu'vous cherchez qui crèchent.

Bien qu'elle fut attirante, sa voix à l'accent lourd et paysan faisait mal aux oreilles.
Soudain, elle s'approcha du cheval, ses sceaux toujours à la main, et pencha la tête de côté.

- P'têt que j'peux monter sur vos genoux, m'sieur... Vous guidez jusqu'à ch'moi, eh... Et pis vous êtes gallant, zallez aider une ma'meselle, hein ?
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MessageSujet: Re: Dieu reconnaîtra les siens Lun 31 Aoû - 16:56
La fille avait un accent à couper au couteau.
Philippe, dont la famille venait de la petite noblesse de Verastre, avait toujours eu du mal à s'habituer à l'accent des provinciaux, surtout celui des cul-terreux. Mais pourvu que ce cul soit bien formé, et l'inquisiteur oublié rapidement ses oreilles.
Celui ci n'avait pas l'air trop mal.
Mais Roland s'interposa.

« Désolé fillette, mais nous n'avons pas le temps, notre devoir nous attend. »

Il lança un regard noir à Philippe et parti devant.

« Désolé madame, Dieu a peu de patience. »
L'inquisiteur fit un signe de tête à la paysanne et rejoignit au galop son compagnon d'arme.

« Nous avions tout notre temps. Tu sais bien que je ne suis pas bien long.
- Je sauve ton âme.
- Vu comment je le sers Dieu me permettra quelques incartades.
- Pas si ces incartades sont quotidiennes Philippe. »


Hier Roland, trop enivré d'alcool, n'avait pas pu "sauver l'âme" de son ami, qui avait fauté avec l'une des voyageuses, l'épouse de l'homme à la mandoline.

« Voilà l'Auberge. »

Leur long voyage s’arrêtait ici.
Devant l'auberge, plusieurs chevaux étaient attachés et les deux chevaliers entreprirent de faire de même.
Philippe maugréa lorsqu'il descendit de son cheval, en plein dans une flaque de boue formée par les pluies diluviennes qui étaient tombées hier et avant hier. Roland eut l'intelligence de regardé où il mettait les pieds.

Un l'intérieur, ils retrouvèrent les inquisiteurs locaux, dirigé par un certain Thrax, un petit homme costaud et chauve.
La troupe avait un aspect cosmopolite, comme un drap blanc rapiécé de plusieurs morceaux de tissus multicolores.
Il y avait quelques mercenaires qui accompagnés les inquisiteurs reconnaissable à leur habit. Parmi eux il y avait un grand barbu à l'air patibulaire, une jeune femme particulièrement jolie et un homme maigre au teint hâlé.
Ils eurent à peine le temps de faire les présentations que Thrax était déjà en train de faire son discours, visiblement il était pressé et les deux inquisiteurs de Dunny avait un peu de retard.

« Préparez vos chevaux, nous partons dans une heure. » 

Tous se levèrent sauf Roland et Philippe.

« S'il vous plaît. »

Philippe restait assis, essaya d'obtenir l'intention des inquisiteurs et mercenaires.

« S'il vous plaît. Votre attention. »

Finalement ils s'arrêtèrent et firent silence pour écouter l'inquisiteur.

« Vous n'êtes pas sérieux Thrax ? Vous avez vu combien nous sommes ? Je compte six inquisiteurs, une dizaine de mercenaire... un gosse...
Votre Archevêque dans sa lettre nous parlait d'une menace importante. Je crois savoir que l'Archevêque du Bosquet est lui même un Castellanne, pourquoi ils refuseraient de nous aider ?
J'aimerai rencontrer le Comte Gautier, c'est bien lui le maître de ces terres non ? Je suis sur de pouvoir lui soutirer quelques lances. »


A côté de Philippe, Roland jouait avec une dague, l'air ailleurs, comme s'il était habitué à ce que son compagnon emmerde le monde.
En vérité, Philippe aimait remettre en cause l'autorité d'un chef local, histoire de le tester un peu.
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MessageSujet: Re: Dieu reconnaîtra les siens Lun 31 Aoû - 21:14
Sitôt que le groupe eut l'ordre de partir, Ahmed était déjà parti, presque en courant, rejoindre son équipement, accompagné du gamin. En revanche, les deux chevaliers qui venaient de s'installer commencèrent à être particulièrement énervés, faisant une remarque désobligeante.

Thrax serra les dents tout en se retournant. Adrien, le plouc mercenaire, ne put s'empêcher de lâcher un rire rauque.

- Eh, t'es sérieux ? Retire la bite de ton cul avant de v'nir ici !
- Taisez-vous, Adrien !


L'inquisiteur s'approcha, et posa ses mains sur la table, son regard de marbre allant directement dans les prunelles du chevalier.

- Sire Philippe, ne croyez pas que j'ai passé cette dernière semaine à me tourner les pouces. J'ai tenté de contacter le comte, et j'ai même tenté de contacter le duc. Ils sont tous liés par le lien du sang, mais cela ne rend les choses que plus compliquées pour nous. Les Castellannes préfèrent se préparer à rencontrer le prince Amelin plutôt que de régler les problèmes qui concernent leur propre territoire.
Maintenant nous allons dans un petit village. Je doute grandement que nous ayons à affronter une centaine d'hommes en armes ! Notre simple arrivée devrait suffire à écarter le moindre hostile !
- A moins, bien sûr, que vous ayez peur... C'est pour ça que vous voulez pas partir, hein ?


Adrien ne pouvait s'empêcher de sourire. Thrax tourna la tête, et aperçu Lady Alice. Elle fit quelques signes étranges de la main et des doigts.

- Quoi qu'elle dit, la jolie ?
- C'est vrai, j'avais oublié...
Tout à l'est, dans les montagnes, se trouve la baronnie historique des Castellannes. Son propriétaire, François, lady Alice ici présente déclare le connaître et peut témoigner de son honneur et son intégrité. Il serait plus enclin à nous aider, d'autant plus qu'il est mis à l'écart par le reste de sa famille...
Mais son château est au sommet de montagnes, faire le détour pour y accéder serait long, et de toute façon, le Val Saint-Père est sur notre route.
À présent, nous devons y aller, rapidement.


Adrien sorti le premier, tandis que les chevaliers se préparaient. Le jeune mercenaire attrapa son chevalier, un large destrier, et sauta dessus. Le jeune Léon fut aidé d'Ahmed pour monter, mais pas sur une fière bête, mais sur une mule. L'Al-Bushar grimpait sur un pur-sang de son pays. Le trio commença à partir de l'avant, tandis qu'au loin, la rousse marchait avec ses seaux. Adrien arriva à son niveau, et fit cambrer son cheval.

- Alors, la gueuse, on part occire des hérétiques ! Tu viens avec nous ou bien ?

La rousse lâcha ses deux seaux, laissant le précieux lait tomber par terre. Elle attrapa la main du tueur et s'accrocha à son cou.
Thrax observait la scène avec dégoût, tandis qu'il s'approchait de son propre canasson.

- Le village du Val Saint-Père est petit. Il abrite un millier d'âmes. Les maisons sont en bois, l'église et le four sont les seuls édifices en pierre. Les routes sont de mauvaises qualités, alors j'espère que vous avez ferré vos chevaux...
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MessageSujet: Re: Dieu reconnaîtra les siens Mar 1 Sep - 10:37
Alors que les inquisiteurs et les mercenaires quittaient l'auberge, Philippe et Roland étaient restés tranquillement assis.
Roland rangea son couteau avec lequel il s'amusait.

« Alors ? Que penses tu de lui ?
- Ça m'a l'air d'être un brave gars, compétent et actif. Peut être un peu trop pressé, le genre à foncer tête baissée.
- Et les autres ?
- Des bras cassés ça ne fait pas de doute. »


A présent, les deux inquisiteurs envoyé par Dunny étaient seuls dans l'auberge, accompagnés seulement d'une vieille femme aux seins tombants qui lavait quelques verres.
Roland se leva et s'étira. Cela faisait 4 jours et demi qu'il voyageait et il n'était pas pressé de se remettre sur son cheval.

« Jamais entendu parler de ce François Castellanne. Tu le connais ?
- Pas du tout, ça doit être un cousin éloigné du Duc. »

Philippe se mit enfin sur ses pattes. Puis les deux amis quittèrent enfin l'auberge pour rejoindre leurs chevaux alors que leurs collègues étaient déjà sur les leurs.

Il n'était pas loin de midi, le soleil pointait haut dans le ciel, entre quelques restes de nuage gris. Il faisait beau aujourd'hui, mais l'air était encore rempli d'humidité et le sol recouvert de flaques d'eau et de boue héritées des derniers jours de pluie.
Un léger vent soulevait les cheveux du chevalier blond.
Philippe enfourcha son cheval puis vint rejoindre Thrax à lavant du convois.

« Nous pouvons attendre de l'aide de ce François Castellanne Sire Thrax ?
Qu'il soit enclin à nous aider d'accord, mais s'il règne sur une piteuse baronnie pourra t-il seulement nous fournir des hommes et des vivres ? »
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MessageSujet: Re: Dieu reconnaîtra les siens Mar 1 Sep - 11:36
Le convoi partait lentement, Léon et Ahmed devant tout le monde, Thrax et les deux chevaliers fermant la marche. C'était un groupe un peu étrange, mais il fallait l'espérer, suffisamment compétent.

Philippe n'avait décidément pas arrêté de poser des questions. Mais cela ne dérangea pas l'inquisiteur Thrax, qui gardait les yeux sur la route. Tous les autres mercenaires ne lui avaient même pas émit d'interrogation sur leurs missions, excepté le très attendu : « Combien c'est payé ? ». Ahmed était un tueur, et Adrien un pêcheur, ils n'étaient présent que parce que Thrax avait besoin de leurs compétences...

- J'ai demandé la même chose à lady Alice, sire. Il est vrai que le fort n'a pas de grands fiefs. De plus, si le baron dispose de ressources avec des mines de fer, le duc Mordred lui ponctionne une grande partie des impôts qu'il collecte...
Mais malgré tout, sire François est un chevalier, et un qui commande le respect. C'est lui qui s'occupe, ou plutôt s'occupait de maintenir l'ordre dans le comté. M'est avis qu'il a déjà quelques bannières prêtes à pourfendre les hérétiques, simplement qu'il attend d'avoir une raison légitime de le faire... Nous pourrions être cette raison légitime. Après tout, François n'aura qu'à dire au duc qu'il n'allait pas désobéir à des inquisiteurs, non ?

Alors qu'ils continuaient leur marche, voilà qu'à présent ils devaient serrer les rangs, en file indienne. Le jeune Léon ne les faisait pas passer sur une route normale, une surveillée et empruntée. Il les faisait passer directement à travers la forêt.
Ils passaient à travers les arbres, dans des petits chemins, puis sur des rochers élevés. Ils montaient en altitude, jusqu'à s'arrêter devant un passage. Sous leurs pieds s'étalait un tout petit village, distingué simplement par des feux de cheminée.

Ahmed avait déjà mis pied à terre et sorti une longue-vue.

- Ah, monssi ! Ji ni vois pas d'hommes en armes.
- Vraiment ? Passez-la-moi.

Ahmed donna la longue-vue aux inquisiteurs, et regarda quelques instants.

- Hmm... C'est étrange cela... Aucun des champs alentour n'est occupé...
Et la place de l'église est totalement vide... On dirait un village fantôme.
Bien, on va pouvoir-
Oh merde !


Thrax passa la longue-vue à Roland derrière lui, puis lui pointa le centre du village.

- Regardez ! On dirait que ces hommes-là préparent un bûcher !

En plein centre, effectivement, un grand homme se mit debout sur une table, et semblait hurler à une foule en colère, qui rassemblait du petit bois à mettre en bas d'un poteau.

- Nous devons les arrêter !
- Monssi, on dirait qu'il y a comme quoi une p'tite cinquantaine di hérétiques.
- Aucun d'eux n'est armé, si ce n'est de bâtons et d'outils agricoles.
Mais il est vrai que nous ne pouvons foncer tête baissée...
- On pourrait bluffer. Leur faire croire qu'on est juste une avant-garde, non ?
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MessageSujet: Re: Dieu reconnaîtra les siens
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Dieu reconnaîtra les siens
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