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Date d'inscription : 27/03/2015
Localisation : Rennes
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MessageSujet: Fratricide Mer 1 Juil - 15:10
Ma tendre sœur,

Je te présente mes plus sincères condoléances pour la mort de ton petit-fils, Amédée de Roson. L'auteur de ce crime abominable est un cruel régicide qui mérite la punition la plus sévère. Sache que ta famille te joint dans ta tristesse, et que nous sommes toujours à tes côtés en cette terrible épreuve.

Mais bien d'autres épreuves risquent de venir s'effondrer dans les semaines ou les jours à venir. Ton fils, Romuald de Roson, Duc d'Epauline, prépare des troupes et engage des mercenaires pour former une armée, avec l'unique but d'envahir notre siège du Bosquet de te tenter de tuer Albran de Karbau, Roi d'Agonie. En oubliant les considérations politiques liées à ce futur conflit, tu dois comprendre que le noble Albran n'est pas l'assassin de ton petit-fils.
Les forces qui se dirigent contre nous vont en guerre pour le butin et le profit. Romuald de Roson ne trouvera ni paix ni réconfort dans les pleurs et les cris de milliers de femmes des Cimes. Et de la même façon, les mères de famille d'Epauline ne peuvent pleurer simplement de telle manière à sécher les larmes de Fleur de Roson.

Ton devoir envers ta famille, à la fois celle dans laquelle tu es née et celle dans laquelle tu as donné la vie, est de t'assurer que ce conflit n'arrive pas. Parles-donc avec Romuald de Roson, demande-lui, si ce n'est de faire halte, d'au moins considérer de discuter avec Albran de Karbau, en personne, d'homme à homme, qu'il puisse voir que notre Roi légitime n'est pas l'assassin de son aîné.

Tous mes sentiments sont avec toi,

Valois.


La lettre fut écartée d'un revers fébrile de main. Christine l'avait déjà relue trois fois. La dernière fois qu'elle recevait une lettre du Bosquet, c'était pour son anniversaire, il y a de cela quelques mois. Une lettre courte, laconique, comme si la personne qui l'avait écrite ne l'avait faite que sous la contrainte.

Christine était une femme très âgée, en « fin de vie » comme on dirait poliment. Elle était très aimée dans le duché d'Epauline, à défaut d'être respectée... Sa vie, depuis le mariage de son fils avec Fleur de Roson, était très monotone. Dans une tour de Lyrie, elle attendait, regardant par la fenêtre. Des seigneurs venaient parfois lui parler, lui demander des faveurs auprès du duc, car elle était plus accorte que Fleur. Elle ne pouvait rien leur promettre, mais ils étaient divertissants, à faire les beaux. Sa véritable compagnie se trouvait en quelques servantes, qui l'habillaient, lui parlaient, lui racontaient leur journée.
L'une d'entre elles était d'ailleurs dans la pièce. Une jeune cadette d'un baron pauvre d'Epauline. Elle avait une belle chevelure auburn, une large robe fourrée pour l'hiver, de larges fossettes et des taches de rousseur. Elle était assez ventrue, et avait l'habitude ennuyante de manger du pâté, ce qui lui donnait mauvaise haleine. Mais la jeune Marthe était gentille, et cela était bien l'essentiel.

Marthe coudait tranquillement, alors que Christine continuait de regarder par la fenêtre. Dans la cour, on voyait parfois des chevaux passer à toute vitesse, des artisans qui préparaient des jaques ou faisaient bouillir du cuir.

- Ma dame, voilà des jours que vous ne sortez pas d'ici...


Christine soupira longuement.

- C'est une lettre des Cimes, c'est cela ?

- C'est cela...


Le silence suffit à faire comprendre tout à Marthe. Bien sûr que Romuald marchait vers le Bosquet. Une guerre entre cousins. Après avoir perdu son petit fils, Christine s'apprêtait à perdre ses deux familles.

- Qui vous a écrit ?
- Mon frère...
- Cela doit vous faire plaisir, non ?
- Mon frère ne m'a pas écrit depuis 10 ans. Et on disait que c'était parce qu'il n'avait plus ses facultés. Il ne m'étonnerait guère que ce soit Mordred, le duc, qui a écrit ce torchon, et qu'il lui a simplement demandé de signer...
- Oh... Que veux t-il ?
- Que je parle à mon fils... Que j'évite la guerre... Comme si j'avais encore de l'influence sur lui... C'est sa garce de femme qui veut cette guerre, je ne sais pourquoi.
D'ailleurs, où est-il ?


Marthe se leva, ses mains jointes. Elle n'aimait pas être mise dans une telle position. Fleur était connue pour sa tyrannie, et conspirer avec Christine pouvait lui être néfaste.

- Il... Est avec ses hommes, il s'apprête à partir...
- … Alors il faut que je vienne le voir maintenant. Il le faut.


Christine se leva difficilement, mais elle fit rapidement un geste pour refuser l'aide de la jeune servante. Les deux femmes quittèrent alors leur pièce, et se dirigeaient vers de larges escaliers pour descendre de leur étage.

Le long du chemin, Christine fut escortée de deux hommes en armure. Elle était constamment gardée par deux soldats. Du temps d'Edgar, elle pensait qu'ils étaient là pour sa sécurité, car toujours des hommes cherchaient à conspirer pour tenter de la prendre. Mais aujourd'hui, elle voyait ces hommes comme une menace, comme des geôliers qui traquaient le moindre de ses mouvements.

Christine traversa plusieurs pièces, puis sorti dehors dans la cour, qui n'était plus en train d'être entretenue par une horde de jardiniers.

Elle arriva jusqu'à une large tente, dans laquelle Romuald se trouvait.

Elle s'approcha d'un jeune chevalier, qui semblait monter la garde, et, d'une voix douce et calme, un large sourire affiché sur son visage, s'adressa à lui :

- Pardonnez-moi jeune homme, mais pourrais-je m'entretenir avec mon fils, Romuald de Roson ?

Le garde la salua, et entra à l'intérieur. Il en ressortit trente secondes plus tard, et fit un signe à la vieille femme qu'elle pouvait entrer.

Christine pénétra à l'intérieur, et découvrit son fils, fasse à une table de planification. Elle mit un moyen à le regarder, de la tête aux pieds. Il était en armure, en grosse armure de plates et de mailles.

- Mon fils... Tu es beau... On dirait ton père...

Elle avait un ton nostalgique, et lui sourit gentiment. Romuald sembla s'approcher pour l'aider, mais elle l'arrêta dans son élan.

- Non, non, tout va bien, ne t'en fais pas...

Elle s'approcha de la table, sur laquelle était posée des pions et des symboles. Elle s'assit sur l'une des chaises, pensive.

- Romuald, je... Est-ce que tu peux t'asseoir ? J'aimerai te parler...

Elle le regarda, directement dans les yeux. Ses yeux à elle, ils étaient un peu humides. Elle semblait pleurer, et sa voix était un peu étouffée par de légers sanglots.

- Je suis désolé pour ton fils... Perdre quelqu'un qu'on aime, c'est... C'est difficile, je le sais...
C'est tellement horrible, ces deniers jours ont été éprouvants... Je n'aurai jamais imaginé vivre ça...


Elle soupira.

- Tu sais que je viens de la maison Castellanne, Romuald. J'ai épousé ton père pour assurer la paix entre nos deux familles. Je l'ai fait parce qu'on m'a dit que c'était mon devoir, parce que c'est ainsi qu'on éviterait des conflits et des guerres fratricides...
J'ai perdu un petit-fils, Romuald... Et aujourd'hui, tu pars en guerre contre...
J'ai déjà assez souffert. Je n'ai pas envie de voir mes deux familles s'entre-tuer pour une couronne.
Je sais que ta femme t'as dit que tu devais venger Amédée... Mais je t'en conjure... Je t'ai élevé... Pendant 35 ans j'ai été à tes côtés. Je t'ai mis au monde, je t'ai bercé, je t'ai vu grandir... Je n'ai pas envie de te voir risquer ta vie, ou celles de mes petits-enfants, juste pour l'occasion de tuer mes neveux.
Est-ce que tu penses vraiment que cela en vaille le coût ? Tu es triste, tu es en colère, tu n'as pas assez de recul... Est-ce que tu ne veux pas rencontrer Albran de Karbau ? En personne ? Le voir, face à face, d'homme-à-homme, et voir s'il est vraiment le meurtrier de ton fils ? Est-ce que tu ne peux pas au moins faire ça, aller le regarder, avant de te jeter dans un conflit sanglant et de risquer de prendre la vie d'un innocent ?

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