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MessageSujet: Le troisième siège de Roseval Mar 30 Juin - 18:47










Après avoir franchit les arcs des jardins est de l'ancienne place forte ducale et être resté un instant pour contempler les sauts de loup, l'avancée des manœuvres et la creusée des tranchées en contrebas, le capitaine Rolandin sentit une poigne glaciale lui arracher le cœur et les tripes. Il n'avait jamais vraiment prit le temps d'admirer les tours et détails de ces bâtiments et de la haut, il semblait voir les véritables couleurs de la ville pour la première fois. Le soleil disparaîtrait dans moins d'une heure maintenant mais la pénombre ne suffisait pas à cacher son visage déformé par un sentiment soudain. Il n'avait pas peur. Soldat de métier il avait comme la cité de Roseval vu d'autres sièges et savouré le goût doux et amer à la fois d'une victoire au prix d'un assaut interminable. Beaucoup d'hommes étaient tombés sous ses yeux, au point de ne plus déclencher la moindre réaction dans sa vieille carcasse. Pourtant plus il parcourait les courbes de la ville, plus il respirait son odeur et l'écoutait vrombir et murmurer, plus ses entrailles semblaient se charger de plomb.

La cité de la duchesse sous le ciel orangé semblait à travers ses yeux en proie aux flammes, les crissements et ordres lancés en échos prenaient peu à peu l'apparences de vagues cris de panique. Non le capitaine Rolandin n'avait pas peur, il en avait traversé des sièges, ils en avait vu des hommes tomber. Mais Roseval n'était pas un homme et le capitaine sous sa cape azure s'il n'avait pas peur, était térrifié à l'idée de perdre une mère.

Si la terreur peut alimenter le courage et la bravoure des hommes, elle doit être encadrée par l'ordre et non pas le chaos, il avait assez d'experience pour le savoir, il aurait simplement voulut être là pour fêter une victoire de plus. Le carreau déchira la tige d'une plante éxotique, se couvrant de sa sève abondante et la laissant s'échapper dans son sillage son air brutal agressif après un court voyage de quelques mètres faisaient de lui un odieux intru dans la splendeur de ces jardins. Il s'enfonça dans la gorge du capitaine, la broyant de l'interieur sans la traverser.

«  Nous sommes attaqués ! »

Rolandin se laissa tomber lourdement au sol, ses yeux fixant les tours du palais dont les couleurs s’estompaient petit à petit. La main crispée sur son épée rangée, la bouge ouverte ensanglantée, sa dernière pensée allât vers une simple prière pour la sainte mère de Lucie.


Je vous avait prévenu père, il aurait fallut attacher davantage d'hommes à cette tâche. Ces geôles sont vatses et soyons honnêtes, ses tréfonds ne sont plus parcourus que par la vermine et les vieillards pourissants qui s'en nourrissent.
Je ne te savais pas si poétique mon fils.

Le comte Hoël Roseval-Castelyr et son fils aîné traversaient le long couloir du château, plusieurs hommes à leur suite, piaillant, murmurant et acquiesçant. L'allure vive et l'air déterminé, le gryphon avait déjà revêtu les bases de son armures, prêt à combattre aux portes de sa citée.

Les hommes sont tous occupés à des taches plus importantes et je ne risquerai pas la vie, même d'un simple milicien urbain, à faire le ménage dans cette fosse pleine de merde.
Rolandin était un type bien et un officier talentueux. C'est une perte pour les défenses du sud.

Le cortège grimpa une série de marches à tout vitesse et franchit une double porte désertés par les hommes d'armes qui la gardaient habituellement. Dans la petite pièce, plusieurs hommes de guerre debout autour d'une table levèrent la tête puis saluèrent poliment, une femme aussi, vêtue de rouge et tournant tel un spectre autour des officiers, murmurant remarques et conseils.

Sors d'ici.

Hoël ne regarda pas sa sœur en crachant ces mots. Il savait qu'il était inutile de la forcer à rejoindre ses nièces à l'abri comme elle savait qu'il était mal avisé de ne pas lui obéir dès l'instant. Sans un bruit, elle quitta la lumière des chandeliers et disparut dans les couloirs du bâtiment. Il observa un instant les cartes et notes étalés sur la table. Tous se taisaient nul n'avait le droit de déranger sa réflexion, nul ne pouvait interrompre la colère du comte. La pièce dénuée de toute richesse semblait être vouée à quelques actions et entraînements aux arme, Hoël perdit son regard quelques secondes dans un des râteliers face à lui jusqu'à ce que son aîné ne décide de prendre la parole.

L'incident des jardin est clos nous n’avons pas de perte importante à déplorer. Il détourna un instant le regard vers son père, celui-ci ne lui rendit pas mais acquiesça d'un geste de tête. L'attaquant forme une série de rangs concentriques hors de portée pour le moment, ici et ici, bien qu'il soit possible que nombre d'hommes soient dissimulés au delà de la lisière, je doute de la probabilité d'une attaque cette nuit.
Ils ne sont pas assez nombreux, un assaut direct serait suicidaire.
Pourquoi ne pas ouvrir les portes et monter nous même à l'assaut face à ses traîtres désorganisés ?

Un nouveau silence s'empara de la pièce et se fut au comte de prendre la parole. D'une voix basse et puissante et sur le ton sec qui lui était propre, il détacha chaque syllabes, maîtrisant à chacune d'entre elle un peu plus de la colère dont il débordait.

Ne sous-estimez pas l'ennemi. Il est dirigé par les catins du sud et les De Rivienne ne font jamais rien au hasard croyez moi.
Il faut agir avant eux père !
Et nous le faisons déjà. Roseval n'est jamais tombée et ne tombera pas tant que l'un des notres aura son mot à dire.
Les tranchées, les meurtrières et les marches … Nous devrions concentrer nos efforts vers les lignes ennemies, attendre la nuit pour saboter leurs engins de siège et en tuer le plus possible.
Nous attendrons la nuit fils, mais uniquement pour leur chier dessus.

De légers rires parcoururent l'assemblée des hommes d'honneur du comté.

Mes hommes sont prêts à lacher les contaminés à votre signal monsieur le comte.
Inutile de les garder dans nos murs plus longtemps, faites en sorte qu'ils quittent l'enceinte dès que l'obscurité sera suffisante pour couvrir leur avancée.

Ronan semblait pris de nervosité, ses doigts noueux tapotants machinalement la poignée de sa lame. Une occasion comme celle-ci ne se présenterai peut être plus et y renoncer n'était que pure folie. Il devait tout tenter pour convaincre son père de le laisser mener un groupe d'hommes en utilisant l'irruption des malades comme diversion. Peut être même pourrait-il rejoindre Casteluce et le baron.

Boutin, commencez les manoeuvres au port. Vous avez vos instructions et les coordonées. Ne hissez pas pas les pavillons ennemis avant les premiers rapports sur la flottes de Rivienne, avec un peu de chance la brume couvrira notre petit stratagème.
Père.
Soit patient fils. Nous devons attendre un signe de nos messagers avant d'agir. Ni Rivenoir ni D'Anghian ne trouveront d'interêt à s'opposer à nos accords. Je sais que Casteluce n'est pas tombé et je compte bien sur Thierien pour former un appui terrestre depuis la frontière. Laissons les malades pisser sur leurs camps à en crever le fion ouvert, montrons leur que nous ne sommes pas inquiet, que ces terres elles même refusent leur présence. Crois moi fils, croyez moi messieurs, quand le moment sera venu de frapper, la correction sera si sèche et sévère qu'elle donnera la trique à Ewynn en personne !


La salle résonna sous les cris de la dernière enfant du comte, les serfs présents jetaient de temps à autre un regard inquiet en direction de la maîtresse de maison mais Judith Roseval-Castelyr restait de marbre, portant le masque de la réflexion alors que sa fille aînée se moquait de sa jeune sœur. Bleiz congédia les deux gardes venus lui faire leur rapport et descendit les quelques marches menant à la large table de repas qu'il contourna pour s'agenouiller à la hauteur de Louanne. Sa brigandine aux pièces étincelantes à la lumières des feux allumés ici attira l'attention de la jeune dame qui quitta un instant l'espace de ses maigres bras. Il posa une main sur son épaule, offrant à l'enfant un sourire rassurant qu'il tenait de leur mère, lui promettant que tout allait bien se passer. Bien que des questions auxquelles ils ne pouvait trouver les réponses ne cessent d'assaillir son esprit, le jeune homme parvint en quelques minutes à calmer sa cadette et à la mener petit à petit vers un sommeil qu'il lui savait bénéfique. Anne-Lucie l'attira un instant dans un coin éloigné de la pièce, s'assurant d'être assez proche de lui pour qu'il perçoive chaque mot de ses murmures.

Elle me tape sur les nerfs, pourquoi ne peut-elle pas être ailleurs qu'ici.
Elle n'a pas tes années d’expérience et c'est la première fois qu'elle est témoin d'une agitation aussi … Peu commune. Père à demandé à ce que vous restiez dans cette aile, c'est le seul endroit duquel vous pourrez fuir si les choses venaient à mal tourner, vous ne manquerez de rien ici et vous avez tout le personnel nécessaire à envoyer à l’extérieur.
Tant que tu es là je sais que je ne risque rien.
Je ne peux pas rester avec vous, Ronan est en réunion avec père et les autres. Il m'a demandé de me tenir prêt à le rejoindre dès qu'ils en auront fini. Ne t'en fais pas les hommes qui sont présents ici ne vous laisseront pas tomber.
Nous n'avons pas à subir ce traitement je …
Tu dois rester calme et prendre soin de ta sœur.
J’espère qu'ils brûleront lentement, tous autant qu'ils sont.

Bleiz n'avait jamais réussit à s'habituer aux soudains changements de ton de sa sœur, tantôt mielleuse, tantôt aussi sèche qu'un fouet.
Après avoir fait ses adieux à sa jumelle, il pris place un instant aux côtés de sa mère, cherchant quelques paroles rassurantes et aimantes avant de prendre place là ou le sang coulerait tôt ou tard. L'ennemi était présent, masse anonyme des frères luciens, il savait que ses yeux contemplerait bientôt un spectacle pour lequel les dieux de toute religions cessaient leurs activités. S'il ne s'était pas attendu à prendre les armes contre les siens, la visage d'une jeune femme de la famille ducale lucienne occupait plus d'espace dans son esprit que le conflit lui même.
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MessageSujet: Re: Le troisième siège de Roseval Mer 1 Juil - 13:06
Ce n'était pas le genre de Maxence de Rivienne d'enlacer ses proches, surtout devant les troupes, alors le Duc se contenta d'un simple mot à l'égard de son cousin.

« Bonne chance Laurent. Que Dieu te protège. »


Laurent de Rivienne, Maréchal de Lucie, répondit simplement d'un signe de tête et après une poignée de main virile avec son suzerain, il monta sur le plus gros navire de la flotte.  
Une trentaine de vaisseaux s'étaient rassemblées à Haltrive, pratiquement la totalité de la flotte de guerre de la Lucie, ne manquant seulement que les navires du traître de Roseval.
A son bord, l'armada emportait près de 3000 soldats mobilisés. Ils allaient débarquer sur les côtés près de Roseval, et rejoindre la garnison d'Ecume, composée de 945 hommes.
Plus les troupes du Comte de Mistral, qui descendait de l'Ouest, le siège de la cité allait compter près de 4500 soldats. Additionné au blocus de la flotte, la ville portuaire n'allait pas résister longtemps.

« Qu'allez vous faire de ces traîtres une fois la ville reprise ? » demanda Théophane, le fils du Duc toujours ses côtés, d'une voix fébrile.
« J'attendais ce moment depuis longtemps, nous allons enfin pouvoir nous en débarrasser. Depuis trop longtemps Roseval, la capitale historique de la Lucie, est entre leurs mains.
Une fois Hoël à mes pieds, sa Maison sera enfin détruite.
- Vous comptez les exterminer?
- Non, je te ferais épouser leur fille et tu deviendras le nouveau Seigneur de Roseval.
Et lorsque je ne serais plus, tu pourras régner en maître sur la Lucie. »

Théophane était perplexe, mais l'idée d'épouser la belle Anne-Lucie ne lui déplaisait pas.

Devant eux, la flotte s'éloigna. Dans quelques jours elles allaient accoster à Roseval.
De la plus haute tour du Palais Ducal, Sarah, nièce du Duc, regardait les bateaux s’évanouir au loin. Elle pensait à Laurent, qu'elle aimait et qui partait en guerre en risquant sa vie. Mais surtout, elle pensait à son Bleiz, qui risquait pire encore.

Dès qu'ils avaient atteint les portes de Roseval, Henri de Mistral en personne avait donné ses ordres pour creuser les tranchées et placer les engins de siège.
La missive qu'il avait reçu du Duc quelques jours plus tôt lui ordonnait de préparer le terrain pour le gros des troupes qui arrivaient par bateau dans quelques jours.
Pour le moment, la garnison ne comptait au total que 630 soldats, bien trop peu pour prendre une ville comme Roseval.
Le Comte avait donc ordonné de faire allumer des feux à plusieurs endroits, pour faire croire que plusieurs milliers d'hommes assiégés la ville. En attendant, ils allaient profiter du mauvais temps qui s'annonçait et des bois près de Roseval pour se cacher.

La nuit même de leur arrivée, Henri de Mistral ordonna à une petite escouade d'attaquer quelques gardes de Roseval pour saper leur moral et encourager la paranoïa des troupes ennemis. L'effet de surprise avait permis de tuer quelques hommes, et d'affoler la cité.

Dans sa tente dressée au milieu des bois, le comte observait une carte des environs avec son maréchal et quelques officiers de haut rang.

« Des nouvelles de Rivienne mon Seigneur ?
- Pas depuis sa dernière lettre. La flotte devrait débarquer d'ici 2 jours. En attendant dès demain les troupes de Gilles de Rune nous aurons rejoint.
- Il ne faudrait pas qu'ils tardent plus, si les Roseval-Castelyr s'aperçoivent de la supercherie, nous sommes mal. »


Henri soupira. Ça lui faisait mal de faire la guerre aux Roseval-Castelyr. Il s'était toujours bien entendu avec cette famille. Mais briser un vœu de vassalité était impardonnable.

« Où en sont les armes de sièges ?
- Nous avons emmené avec nous nos deux catapultes, et les hommes rassemblent les pièces pour construire le trébuchet. Mais nous ne pouvons nous découvrir pour le moment, alors la construction attendra l'arrivée des renforts.
- Bien, souhaitons que nous n'ayons pas à les utiliser, Roseval est une belle ville que je n'aimerai pas  abîmer... »
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MessageSujet: Re: Le troisième siège de Roseval Jeu 2 Juil - 0:20

Ronan était l'ombre de son père, similaire dans l'action comme dans la réflexion. Lorsqu'il s'agit des deux hommes les plus puissants de la région, les mystères et cachotteries n'ont alors plus leur place. Pourtant Ronan lui même n'avait livré que peu de détails à son jeune frère qui ne put profiter de la chaleur de la nuit en raison d'une armure de cavalier. Le sabot de son destrier frappait la pierre de la grand rue longeant l’extérieur des quartiers ducaux. Roseval ne dormait jamais en temps normal, en temps de guerre il était impossible, improbable d'imaginer que les hommes en sueur qui s'activaient de toutes parts étaient les même qui renforçaient les défenses et condamnaient les sous terrains quelques heures plus tôt. Les choses étaient mieux ainsi, peu-importe le plan de Ronan, le vrombissement permanent de la ruche saurait couvrir sa manœuvre.

Saluant un capitaine occupé à organiser la garde dans son secteur, Bleiz ralentit l'allure de sa monture, en proie à de nombreux questionnements. Il connaissait Ronan et se basait sur leurs différences les plus radicales pour anticiper ses actes, il agissait probablement en désaccord avec leur père. Le jeune chevalier manqua de basculer lorsque la seule hypothèse possible traversa finalement son esprit. D'un geste il poussa la bête au galop, provoquant une légère panique parmi les hommes d'arme.


Hoël était calme, apaisé par la houle perpétuelle et l'avancée inexorable d'une mer si chère à son cœur. Souvent il avait pensé qu'il était marin, qu'il descendait de marins et que sa place n'était pas ici mais sur un des fabuleux navires qui hantaient les nuits blanches de l'enfant qu'il fut autrefois. Par le sang et par les eaux. Jamais la devise de sa maison n'avait prit caractère si prothétique, impassible aux mouvements du bateau, il continuait d'observer l'horizon comme si le Duc lui même allait apparaître d'une seconde à l'autre. Il avait un jour surprit son jeune fils lors d'un discours fait à quelques nouvelles recrues après leur première défait à la frontière de Rivenoir, ses quelques mots lui revenaient régulièrement.

« … et cette cause nous rassemble au-delà de nos origines, de notre sang et même de nos croyances. Ils ignorent nos noms mais connaissent nos couleurs, oublient nos visages mais se souviennent de la peur. Nous sommes ceux qui portent les idéaux, ceux qui se reconnaissent et se saluent d'un simple regard. Nous appartenons à Agonie, nous sommes Agonie. Croyez le ou non il m'arrive aussi de douter, de m'interroger sur les buts, sur le destin qui est le notre. De sombrer dans un rêve égoïste ou j'imagine même vous être superieur en tout point. Pourtant, lorsque je brandit cette épée, lorsque qu'à vos côtés je frappe jusqu'à sentir les coudes se briser, il m'est impossible d'imaginer exister sans vous. Nous sommes une seule arme, une arme ne se résigne pas, une arme ignore le fatalisme, une arme  ne s'interroge pas ... »

Le comte se surpris à sourire, il avait toujours montré un certain dédain envers son plus jeune fils. Non pas que Ronan ait consommé tout l'amour qu'un père puisse offrir mais parce que Bleiz pouvait le supporter, parce qu'il devait s'endurcir et cesser d'être un enfant. Jamais le vieil homme ne lui avait fait part de sa fierté, il ne le ferai probablement jamais. L'odeur de la mère douce et familière se mariait maintenant avec la voix de sa soeur dont les mots eux même le ramenait à nouveau vers le passé.

Pourquoi ne pas avoir sollicité la descendance de Rodrigue ?
Ma chère sœur, tu es pourtant bien placée pour savoir qu'ils ne peuvent être impliqués de par leur statut.
C'est pourtant la seule de leurs sœur que tu cache dans ton palais.

S'il avait regardé Abigaelle à ce moment précis, la pauvre femme serait probablement morte sur le coup.

Il est évident qu'il ne lui arrivera rien. Nous obtiendrons bientôt nos renforts, Judith et mes filles peuvent être évacués à n'importe quel moment et …
Ton fils va tenter une percée.

Le comte se mit à rire doucement, presque un toussotement.

Penses-tu que je l'ignore ?
Je pensais que tu désaprouverait.
Je desaprouve que tu écoute aux portes lors de conseils militaires, ou que tu te tienne sur un potentiel front quand tu devrais être aux côté de tes nièces.
Qu'en est-il de Ronan ?
Sa réaction est évidente, il est différent de son frère. Beaucoup le penses dociles et soumis à ma personne. Voici la preuve que nous sommes juste souvent du même avis. Nous avons subit une attaque aujourd'hui même. Dans l'enceinte de la cité. Il est fort probable que l'ombre de la trahison me fasse croire qu'elle est mienne. Un peu d'improvisation ne peut pas faire de mal et j'ai confiance en mon instinct, j'ai confiance en mon fils aîné.
Pourtant qu'en j'évoque ta femme tu parle comme un homme qui envisage la défaite.
Vipère.

Hoël s'avança plus au bord du navire, comme pour vérifier que l'ennemi ne l'abordait pas.

L'homme qui va mener l'assaut naval, car le reste du siège n'est qu'une vaste blague, ne peut être un autre que Laurent De Rivienne. Cette guerre incestueuse fait que les armées se connaissent les unes les autres. Aucun homme ne voudrait avoir à faire à celui-ci sur un champ de bataille, j'en suis même venu plusieurs fois à me demander s'il était du même sang que son frère.

La soeur du comte versa un liquide fermenté écarlate dans un verre qu'elle tendit à son frère tout en profitant elle même d'une boisson locale. Femme de ruse, elle abandonna un instant le masque des intrigants pour prendre l'espace d'un instant le visage aimant et inquiet d'une femme dans le doute.

Comment tout cela va-t-il se finir Hoël.
Par le sang et par les eaux.


Bleiz était au point de rendez-vous mais la porte est semblait avoir été désertée même par les équipes de la garde. Descendant de son cheval, main prête à brandir l'épée, il avança prudemment, sentant une goutte de sueur froide glisser le long de son dos.

Bleiz !

Le jeune noble se retourna épée dégainée prêt à en découdre.

Hey calme-toi gamin c'est moi ! Ronan !
Ronan ?

Le visage guerrier de l’aîné de roseval fit son apparition dans la nuit, une torche s'alluma et Bleiz manqua de lâcher son arme lorsque face à lui se tenait plus d'hommes qu'il ne saurait en compter.

C'est une mauvaise idée de l'emmener monseigneur.
Silence Osniaril.Rinkin, Dole, préparez vos hommes !
Ronan par Ewynn mais à quoi tu pense ?

Bleiz avança entre les cadres militaires débauchés par son frère qui paraissait soudain tel un fou aux yeux du jeune chevalier.

Selon les rapports fournis à notre père, l'absence d'action malgré le nombre d’assiégeants est révélateur? Ils n'agiront pas tant qu'ils ne seront pas certains de gagner, il me semble évident par conséquent, qu'ils sont au plus faible et qu'il faut donc frappé avant qu'il ne soit trop tard, et pas en envoyant des mandants pestiférés, bien que ceux-ci puisse faire une bonne diversion, ou peut être donner une aletre qui nous serait potentiellement fatale.
Tes capacités de reflexions m'étonneront toujours mon frère. Et en parlant de notre père, m'est-avis que celui-ci ne cautionne pas cette sortie improvisée.
Notre père est en compagnie de la sorcière, et comme chaque nuit depuis le début des hostilitées, il est au quai militaire, à l'opposé de notre position. Lorsque je lui ramenerait la tête de l'ennemi, il ne pourra que me féliciter. Pour une fois laisse toi porter par l'idée de la gloire bleiz, ou reste dans l'ombre avec tes oeurs. Tu es un homme libre en choix mon frère.
Suis-je dément ?
Le courage l'est-il ?

Les lourdes portes s'ouvrirent sur plusieurs groupes de cavaliers déjà en formation. Bleiz ne reculerait pas, enfourchant sa monture à la suite de son frère et des officiers, il quitta l'enceinte interne de la cité sans le moindre regard en arrière.

Messieurs vous pensez peut être que je vous arrache à la défense de la cité. Vous avez peut être raison et dans ce cas je salut votre fidélité, mais préfère écarter la stupidité ! Existe-t-il de plus belle défense que l'attaque d'un ennemi arrogant, existe-t-il de plus défense que le sang de l'autre camps aux portes de la cité ? Nous frappons les premiers et nous frappons fort ! Quand les pucelles du sud arriveront au large de Roseval, ils en briseront des rames et des esclaves pour faire demi-tour la queue pissante le long de leur cuisse ! Aujourd'hui par le sang, et demain par les eaux !
Par le sang et par les eaux ! Reprirent en coeur Dole, Bleiz, Osniaril et Rinkin.
Nous allons le foutre une sacré raclée mais ne vous méprenez pas, l'ennemi est vaillant et entraîné. Restez en formation serrée, ne ralentissez sous aucun prétexte, leur formation sera fébrile, frappez les coins ! En avant et fiez vous à moi !


Dans la brumeuse obscurité lucienne d'automne, un cortège spectral de plus de 600 hommes glissait, se séparant lentement en une feinte typique de Rivenoir, courbant leur trajectoire comme un filet s’abattant sur la première prise du siège.
De l'autre côté de la ville, un homme de principe venait de lâcher son verre par dessus bord, toussant comme un forcené la corde au cou.
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MessageSujet: Re: Le troisième siège de Roseval Jeu 2 Juil - 10:21
Henri de Mistral dormait d'un sommeil agité. Gêné par la longue guerre qui s'annonçait, il se tournait et se retournait dans son lit.
Il venait tout juste de trouver le sommeil lorsqu'il fut réveillé par la cloche du campement.
Le Comte se réveilla en sursaut et très vite, un soldat entra dans sa tente.

« Nous sommes attaqué ! »

Le Comte se leva brusquement de son lit. Sa tête bourdonnait.
Il prit seulement son épée et laissa son armure de côté.

«Soldat !  Où est le  Maréchal ?
- Déjà mort Seigneur Mistral ! Fauché au cou par une flèche.
- C'est impossible ! C'est impossible ! Comment peuvent-ils nous attaquer maintenant ?! Où sont les gardes ?! »


Henri de Mistral était furieux. Comment avez t-il put se faire surprendre de la sorte ?
Il sortit de sa tente et vit son campement au milieu des bois envahi par, ce qui lui semblait être, des milliers de cavaliers ennemis qui massacraient ses hommes.
Des cries de douleurs et de fureurs se faisaient entendre de toutes parts. Certaines tentes étaient en flammes et plusieurs cadavres jonchaient déjà le sol boueux.
Le Comte tenta de prendre les commandes dans le chaos en hurlant ses ordres.

« Soldats, rejoignez moi ! Rassemblez vous !
- Vite ! Protégeons le Comte ! »


Henri sortit de son fourreau son épée dont la lame reflétait lu lueur du feu qui consumait sa garnison et tout ses espoirs.


« Pour Roseval ! » cria l'un des soldats à côté de Ronan, tout en décapitant un soldat ennemi d'un coup d'épée avec une rage folle.
Le jeune Seigneur pouvait être fier de ses hommes. L'effet de surprise et la grande connaissance du terrain au alentour de leur cité avait permit à ses troupes de rapidement prendre l'avantage sur une garnison totalement désorganisée et à présent en sous nombre.

Ronan chargea, épée à la main. Mais une flèche vint briser sa course folle.
Dans l'obscurité et la faible brume, il était impossible de viser correctement avec un arc, c'était une « flèche perdue » que se prit de plein fouet le cheval du fils héritier des Roseval-Castelyr.
L'animal chuta lourdement, projetant son cavalier au sol, qui roula sur son épaule.

Dans son malheur, Ronan eut la chance de ne pas se blesser, même s'il ressentait une légère gène au niveau de l'épaule sur laquelle il était tombé. Mais son arme avait glissé et il était à présent entouré de trois soldats ennemis qui avançaient vers lui pour l'achever.
L'un portait son armure et son épée, il devait être de garde lors de l'attaque, un autre n'avait pu qu'enfiler une moitié d'armure et brandissait une dague et un bouclier, le dernier était en robe de chambre et pointait vers Ronan une grande lance.
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MessageSujet: Re: Le troisième siège de Roseval Jeu 2 Juil - 16:28

Les armées de l'ouest rugissaient, oscillants au gré des manœuvres de la cavalerie soulevant d'épais nuages de poussière dont nul ne semblait jamais sortir. Au milieu de ce combat fratricide le jeune Bleiz épée suintante sentit son sang bouillir et ses yeux rouler vers la position de son aîné en fâcheuse posture. Les formations étaient rompues de part et d'autre et l'arrivée en tenaille de Dole et Osniaril n'avait offert que peu de répit, l'inattention du jeune noble manqua de lui être fatale. Le cheval aux couleurs bleu et or se cabra, recula puis tomba presque au sol, retenu par la seule lance figée dans son torse. Bleiz roula au sol, l'assaillant n'avait pas survécu aux sabots fous de douleur de sa monture.

Plutôt mourir que d'être capturé. De nobles mots qui souvent sortaient des lèvres de sa maison, de nobles mots dont l’exécution laissait pourtant à désirer. Arraché à sa position en hauteur, le souffle court il ne parvenait plus à trouver son frère, épée et bouclier lui permettaient sous sa bonne étoile de se frayer un chemin aux ôtés des siens, avançant tant bien que mal non pas vers le comte de Mistral mais vers l'héritier de Roseval. Une passe, puis deux. A la troisième, le manque de concentration du chevalier ne put être comblé par la chance ni même quelque talent de sa part. Une masse frappa son bouclier, résonnant jusqu'à ses omoplates et arrachant la plante de ses pieds à la terre de Roseval. Une charge le plia en deux, anéantissant son souffle et déchirant sa chair sous son plastron, Bleiz frappa le sol de tout son corps, son sang sifflant dans les oreilles.

Les hommes de guerres étaient à bout. Les boucliers fendus et les lames ébréchées ralentissaient dans leur fougue, les armées avançaient, reculaient puis revenaient comme les vagues des côtes au loin. Peu reconnurent le son particulier du cor d'airain, peu survécurent à la volée de flèches qui s'en suivit, masqué par le ciel nocturne jusqu'au moment fatidique. Dole put les voir au loin, les hommes tomber, paniquer et déroutés face à cette mort silencieuse sortie des ténèbres. Le cor retentit une seconde fois, Dole fit repartir la charge en emportant avec lui ses fidèles, galopant vers l'allié que plus personne n'attendait, vers l'homme de guerre qui n'aurait put choisir meilleur moment pour sortir de l'ombre.



Anne-Lucie pour une fois, ne trouvait rien à dire. Louanne et son sommeil avaient été préservés à la demande de Judith Roseval-Castelyr qui se tenait maintenant assise au chevet de son époux. Hoël allongé, fiévreux et délirant prononçait des bribes de phrases incompréhensibles. Plusieurs hommes de science et de religion s'étaient présentés, plusieurs remèdes avaient étés tentés et seule la saignée semblait pouvoir s'imposer. Dans l'ombre d'un coin de la chambre, Abigaëlle Roseval-Castelyr observait son frère d'un œil à la fois flamboyant et humide, une expression pour le moins inédite chez une femme qui en tout temps ne plie ni ne brise.

Anne... Anne.Pourquoi me faire subir ça ? Aaaanne !

Judith tourna son regard vers le tableau de la Duchesse et fit approcher un serf.

Retirez-le.
Non.

L'épouse du comte toisa sa belle sœur avec plus de violence que le siège lui même ne saurait en produire. Abigaëlle sécha quelques larmes, prit une profonde inspiration et vint s'agenouiller tout près de la comtesse, prenant ses mains glaciales dans les siennes.

Pardonnez-moi mon amie, j'ai peur au final d'être anéantie par le mal qui nous accable.

Le visage de Judith se dérida, d'un signe de tête elle lui accorda ce pardon symbolique.

Laissez moi prendre soin de mon frère, vous avez besoin de repos et vos filles ont besoin de vous. Je trouverai le moyen de lever ce mal qui pèse sur lui, je le trouverai avant ces médiocres et vous rendrai votre époux dussé-je lui offrir ma propre vie.
Ma place est auprès d'Hoël et je ne la quitterai pour rien au monde, ni face aux lances, ni face aux flottes ni même face à votre condescendence Abigaëlle. Soyez pourtant sûre que j'apprécie votre geste et ai une totale confiance en vous. Je prierai pour mon frère mais aussi pour votre réussite.

Abigaëlle se releva, lissant sa longue robe écarlate, salua la comtesse et quitta la pièce en emportant Anne-Lucie sous son bras, non sans un dernier regard insistant dans le dos de Judith.

CAVALIERS !

Le cri avait été repris en échos tout le long des remparts de Roseval, Abigaëlle regarda sa nièce, hésita puis la pressa à ses côtés vers la sortie des appartements ducaux, en direction de la grand rue empruntée par Bleiz plus tôt dans la nuit. Retenues par les soldats, elles purent tout de même s'approcher suffisamment pour voir non sans un certain soulagement, ronan mener le cortège qui revenait sans doute d'une fabuleuse bataille. Visiblement blessé mais en vie, celui-ci quitta les siens un instant pour s'approcher de sa tente sous les yeux émerveillés et attristés de sa jeune sœur.

Vous aviez raison ma tante une fois de plus. Cette percée ne pouvait qu'être bénéfique pour notre cité, Casteluce marche à nos côtés maintenant ses hommes et lui … Il s’arrêta un instant, observant les visages marqués des deux femmes. Que se passe-t-il ici ?
Votre père mon cher neveu.

Sans attendre plus d'explications, Ronan se rua au galop à travers les allées menant au palais. Derrière lui, Thierien Casteluce, la baron borgne en personne avançait avec ses hommes, ceux de la cité tout en protégeant quelques ennemis au visage couvert et le corps allongé d'un chevalier azur. Anne-Lucie sentit son corps entier se vider lorsqu'elle aperçue le visage du pauvre homme.

Bleiz ...
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MessageSujet: Re: Le troisième siège de Roseval Sam 4 Juil - 18:22
L'attaque menée par Ronan fut une réussite totale.
Le camp des hommes du Comte de Mistral fût réduit en cendres.
Sur les 645 soldats présent, 300 furent massacrés par l'attaque surprise, alors que seulement une cinquantaine de soldats de Roseval avaient perdu la vie.
L'arrivée du Baron de Casteluce avait réduit à néant toute le chance de victoire des mistraliens.

Lorsque Henri de Mistral vit l'étendu de son échec et les flammes consumer sa garnison, il jeta son épée à terre, suivit par les soldats qui l'entouraient.
Il fut emprisonné lui et les survivants, et c'est avec plus de 300 prisonniers que les troupes de Ronan rentrèrent dans l'enceinte de la Cité.

Mais dans la nuit, les rumeurs de la maladie soudaine du Comte de Roseval s'étaient répandues. Déjà quelques fous zélés criaient à en réveiller les honnêtes habitants, que Dieu avait maudit Hoël Roseval-Castelyr pour la trahison de son vœu de vassalité.
Réveillez dans la nuit, le fabricant de cercueil s'était déjà mit au travail.

Henri de Mistral fut emmené dans sa cellule. Celui ci était écœuré par sa défaite, son visage ridé était fermé et ne laissait rien transparaître de sa colère. Il ne comprenait toujours pas comment son campement avait pu se faire prendre par surprise de la sorte.

A des kilomètres de là, Laurent de Rivienne scrutait l'horizon à la proue de son navire, l'Etoile Bleu. Derrière lui, la trentaine de navire du Duc de Lucie fendaient l'eau à toute vitesse.
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MessageSujet: Re: Le troisième siège de Roseval
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