FAQGroupesAccueilMembresConnexionS'enregistrerCalendrierRechercher

Partagez|
avatar
Messages : 191
Date d'inscription : 26/01/2015
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: La guerre selon Albran Mar 30 Juin - 15:06
Les chefs des grandes familles des Cimes étaient réunis au palais des ducs du Bosquet.
Le château était peu luxueux, il avait été construit pour résister avant tout au froid, puis avait été améliorer grossièrement pour résister au attaque des Sylvains.
Mais la pièce où se tenait la réunion était l'une des plus belles du palais.
Des tapis rouges aux liserés d'or recouvraient le sol et les murs en briques épaisses étaient décorés de tableaux, divers portraits de Ducs célèbres, des peintures racontant l'histoire du Duché, dont l'une d'elle, la plus majestueuse, illustrée la bataille de Charmille qui vit la victoire des Castellannes sur les Heaulmes.
Une immense table en bois des Cimes trônait au centre de la pièce, accompagnée de chaises massives aux coussins grenats.
La pièce était éclairée par un grand lustre à bougie, seule une fenêtre ouvrait sur un ciel gris. Le château était froid, mais au moins il était sec, car dehors le climat était peu clément, un vent glacial et humide balayait les ruelles de la ville jusqu'à ronger les os des plus malheureux. L'hiver qui approchait allé s'annoncer mortel pour bon nombre de mendiants.

Emmitouflé dans une épaisse cape pour contrer le froid mordant, Albran écoutait Maël d'Isiel qui, debout au dessus d'une carte de l'Agonie, expliquait à tout le monde la situation.
Tout le monde avaient accueillit le fils de Lucien III en lui donnant du « votre majesté ». Il n'était pas encore habitué à cela, il avait du mal à se rendre compte qu'il était à présent le monarque du royaume. Il avait l'impression qu'hier encore il galopait avec Flavien Castellanne dans la réserve sylvaine, mais à présent il était à cette table, à décider d'une nouvelle page de l'Histoire du royaume d'Agonie.

« Les troupes de Romuald de Roson et ses mercenaires marchent vers le Bosquet, nous coupant la voie terrestre pour rejoindre Verastre. On ne sait pas encore de combien d'hommes il s'est entouré, surtout que nos dernières informations nous ont révélé qu'il se serait allié au Duc Aengus de Corneval.
La flotte des Rosevallées pourraient nous permettre de passer pour la voie maritime, mais là encore ça risque d'être compliqué. »


Il était convenu que l'objectif final était de prendre la capitale pour s'accaparer le trône avant Amelin. Une fois maître de la ville, il serait très compliqué pour les troupes ennemis de prendre le Palais et la rédition du frère usurpateur ne serait plus qu'une question de temps.

« On ne connaît pas pour le moment la situation au niveau de la Baie de Verastre, le Duc de Champdor ne s'est pas encore prononcé sur son allégeance et Maxence de Rivienne a envoyé sa flotte faire le blocus de Roseval, le comte a trahi son vœu de vassalité et on ne pourra donc pas compter sur la Lucie pour le moment. »

Bien que tous ici le considéré comme le seul Roi légitime, Albran n'était pas encore officiellement sur le trône et ici le Seigneur de ces terres était Mordred Castellanne, comme le prouvait sa chaise plus richement décorée que celle des autres, y comprit celle Albran. C'est donc vers le Duc que les yeux de l'Intendant du Duché se tournèrent.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 90
Date d'inscription : 27/03/2015
Localisation : Rennes
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: La guerre selon Albran Mar 30 Juin - 15:16
Un coude sur la table, et une main sur le visage, Mordred croisait le regard de l'intendant, pensif. Il vivait une situation étrange et peu commune... Être dans cette salle, à planifier, entouré d'autres hommes, ce n'était pas inhabituel. Mais même si Albran de Karbau était là, comme il l'avait toujours été depuis des années, Mordred avait toujours l'impression d'être le chef.

Voilà 2 ans qu'Yvain était mort. Yvain le Brave, Yvain le Fort, Yvain le Sage, Yvain le Bon... Aucun homme n'avait été plus aimé, écouté, et respecté. Aucun stratège n'avait gagné tant de victoire, aucun administrateur n'avait eut tant d'efficacité, aucun diplomate n'avait eut autant d'amis... Sa présence était encore tacite, dure, ineffaçable... Son portrait trônait dans la grande salle, et ses yeux bleus étaient dirigés directement vers le trône du duc.
Même outre-tombe, Yvain était là. Même dans la mort, Mordred était plongé dans son ombre.

À côté de Mordred se trouvait Elric de Castellanne, son cousin. Le mal aimé de la famille, il n'en était pas moins un bon chef de guerre, calme et arrangeant, pour autant peu naïf. Il était prostré, les deux mains sur la table, la face froide et inexpressive.
En face de Mordred, à côté d'Albran, se trouvait Flavien. Le jeune homme rasé et borgne n'en était pas moins charmant. Il était le seul a avoir souri au Roi, là où tous les autres avaient cherché à garder une tête sérieuse, de circonstance.
Martial Destouches, Léopold de Rosevallée et Basile de Boniface représentaient chacun leurs familles respectives. Les 3 hommes n'aimaient pas Mordred, qui saignait volontairement leur famille et n'avait pas le charisme ou la force d'Yvain. Mais ils étaient là pour servir leur Roi... Avec, à la clé, des récompenses, probablement.
Valois, le vieillard, était à la gauche de Mordred. Mais le vieux était quasi-endormi, replié sur lui-même.
Quant à Gauthier, le jeune homme, il était discret, en bout de table, à écouter sans vraiment savoir formuler d'avis.

Après le court exposé de Maël d'Isiel, et un certain moment de réflexion, le regard plongé vers le portrait Yvain, Mordred pesta, avant de parler avec une voix hautaine et froide.

- Corneval est la première puissance d'Agonie, et Romuald a du sel en grande quantité. Chaque seconde que l'on perd ici, l'ennemi a du temps pour se préparer, alors que nous n'avons point ce luxe...
Elric, qu'en est-il de nos forces ?


Un échanson, un jeune garçon, s'approcha de la table et commença à servir des verres. Elric se dégagea la gorge avant de commencer à parler.

- Eh bien... Nous entretenons une puissante force de 900 soldats, tous très expérimentés et bien équipés, avec un cavalier pour dix hommes. Nous avons des gardes dans nos villes, et nos gens sont de bons soldats, la plupart ont déjà, d'une manière ou d'une autre, une expérience avec la violence... Nous avons du fer en quantité, et les forgerons nécessaires. En payant des vilains et en appelant les serfs, nous pourrions rapidement avoir plus de 4000 hommes dans nos rangs, parmi eux des lanciers, des arbalétriers, de bons fantassins qui savent se comporter en campagne et pendant la bataille...
En revanche, eh bien... Nous manquons de cavaliers. Ils coûtent cher et nous n'avons pas les moyens d'en appeler beaucoup. De plus, le comté du Nord est séparé par la réserve, si nous entrons en guerre avec Corneval, on va être très ralentis.
Au final, je pense que nous avons de bons officiers, de bons soldats, des capacités pour des sièges ou des chevauchées... Mais il faut nous concentrer sur un seul front, nous ne pouvons nous permettre de nous diviser.


Alors qu'Elric parlait, Mordred portait sa coupe à la bouche et buvait, les dents serrées.

- Léopold, combien de vaisseaux as-tu de prêt ?
- Vingt galères prêtes pour la guerre, on pourra engager un équipage. Cinq autres qui vieillissent dangereusement et qui risquent de se fendre en cas d'éperonnage. C'est faible, mais largement suffisant pour dissuader nos ennemis d'attaquer notre territoire par la mer.
- Sire, je me dois de préciser que le duché de Corneval a les meilleurs marins du Royaume... Ils ont navigué pendant des siècles, et ils ont le plus grand port du Royaume... Les attaquer en mer n'est pas une bonne idée.
- Ne dites pas des choses que je sais, Elric ! Répondit Mordred en élevant la voix. Nous ne sortirons pas en mer pour aller à la rencontre d'Aengus. Non. Non, bien trop risqué...


Un autre silence régna dans la salle. Albran était silencieux, peut-être par respect, et qu'il voulait écouter tous les conseillers... Ou bien étais-ce parce qu'il était impressionné ?
C'est finalement Flavien qui décida de parler, en disant, comme par télépathie, une idée qui trottait dans la tête du Roi.

- Nous devrions peut-être envisager d'attaquer Epauline...
- Et perdre un temps précieux ? Les Riviennes ont des problèmes en Lucie, qu'est-ce qui empêche Amelin de foncer vers Verastre ? Je pense au contraire que c'est précisément ce que Amelin veut ! Nous laisser nous entre-tuer, et qu'il accapare le trône ! C'est la diversion parfaite ! Il ne m'étonnerait guère que ce soit lui qui ait tué Amédée de Roson.
- Qu'importe qui a tué Amédée. Cela n'est pas notre problème. Nous ne pouvons attaquer qu'un front, et ce sera Verastre, point. Notre force est puissante mais ne peut être divisée, alors nous marchons vers le sud.
- Epauline et Corneval. Et Amelin qui pourrait passer par le duché de Carmolite... Nous nous déplaçons, nous prenons un risque.


Un autre silence pesa. Il était vrai que leur situation était précaire. Leurs ennemis étaient partout, puissants et nombreux, mais heureusement, peu coordonnés.
Mordred était stressé. Une fois l'échansson ayant rempli à nouveau son verre, il bondit de sa chaise, et s'approcha d'un feu de cheminée qui réchauffait un peu la pièce.

- Remercions Dieu pour l'hiver... Le peuple des Cimes sait se battre dans le froid...
- Savoir se battre dans l'hiver ne servira à rien quand on sera divisés à 5 contre 1.
- La plupart des seigneurs d'Agonie ne sont pas heureux de cette guerre. Nous sommes en période de récolte, la plupart veulent récupérer leurs grains avant de se battre.
- Alors peut-être que ces seigneurs feraient mieux d'imiter les Castelyrs et trahir leur suzerain. C'est la guerre, par définition, personne n'est content !


Le propos de Mordred était presque une menace envers ses vassaux, bien qu'ils n'en tiendraient pas rigueur. Le bras posé sur un bout de bois au-dessus de la cheminée, il but, l'air circonspect.

- Amelin n'est pas un chef de guerre. Nous pourrions traverser la Carmolite, le prendre de vitesse, l'anéantir par l'arrière...
- Vous ne devriez pas sous-estimer Amelin de Karbau, sire Flavien. Tout usurpateur qu'il est, c'est un très bon administrateur, et un homme entreprenant. Vous pensez attendre qu'il fasse une erreur, mais il ne va pas faire d'erreurs. Pas sans une petite aide...


Maël d'Isiel, fier de son commentaire, gardait un large sourire sur son visage. Mordred leva les yeux pour l'observer.

- « Une petite aide » ?
- Sire, observer la carte, je vous prie. Et vous verrez que bien d'autres joueurs risquent de se mêler de ce conflit...


Mordred s'approcha, toujours debout, et posa ses deux mains sur la table, le dos courbé vers cette gigantesque carte.
Il l'observa. Il l'étudia. Il regardait les reliefs, les points représentant les armées, les traits, les flèches, les aplats de couleur. Il regardait tout, et, après de longues minutes, comme si Ewynn lui-même était descendu du ciel pour l'illuminer, sa face froide se transforma en sourire narquois.

- Il nous faut une voie jusqu'à Verastre. Et il nous faut forger des alliances, au plus vite, avant que la situation dans la Lucie ne se débloque. Nous ne manquons pas de fer ou de sang, il nous manque du temps, du précieux temps.
S'allier avec Romuald est impossible pour l'instant, et Corneval est plus délicat... Mais Champdor, Champdor... Yvain s'entendait bien avec eux, oui...
Seigneur Maël.

- Sire ?
- Avez-vous de quoi partir à Escale ?
- Quand vous le désirez, sire.
- Très bien. D'accord. Voilà mon plan :


Tous les seigneurs se soulevèrent alors, pour tenter d'observer Mordred qui déplaçait des pions. C'était assez choquant, la manière dont il agissait comme s'il était le Roi, et le Duc des Cimes avait réellement l'impression de dépasser les bornes, aussi, il arrêta de parler aux autres nobles pour s'adresser directement à Albran.

- Votre majesté, notre objectif est Verastre, cela est clair. Aussi, voilà ce que je vous propose :
Léopold Rosevallée, mon beau-frère, retournera auprès des siens à Port-Nord, et lèvera une petite armée ainsi que préparera sa flotte. Mais son objectif ne sera point de se déplacer, mais d'aller au nord, dans la marche, chez les Canins... Robert avait combattu avec mon frère, et il est vrai qu'Yvain m'avait dit que le marquis a des amis dans les tribus sylvaines, et des ressources financières. Léopold peut tenter de le convaincre de se battre à mes côtés, sûrement lui proposer des récompenses, ou des avantages pour augmenter son influence et son commerce.
Ensuite, il nous faut vous ouvrir une voie jusqu'à Verastre. Nous pouvons déplacer notre armée au château de Boniface, d'où nous serions prêts à frapper Epauline. En attendant, Maël d'Isiel descendra rapidement jusqu'à Escale, et tentera de négocier une alliance avec le duc de Champdor. Si cela est réussi, il pourrait même tenter de rejoindre Port-Orient et faire de même avec Aengus.
Il nous resterait le problème d'Amelin et de Romuald, et...
Hmm...
Valois ? Mon oncle ?


Mordred claqua les doigts devant Valois, qui, lentement, tourna la tête. Le vieux sénile semblait s'être réveillé de sa sieste.

- Hum... Eh... Hein ? Quoi ?
- Mon oncle. Votre sœur, Christine... Êtes-vous proche d'elle ?
- Christine ? Que... Où est-elle ? Maudite fille ! J'espère qu'elle n'est pas repartie jouer dans les bois ! Père serait énervé !
- Mon oncle, s'il vous plaît.
- Ah, la petite garce ! Où est-elle maintenant ?


Mordred haussa les épaules.

- Votre majesté, Christine de Castellanne, ma tante, est également la mère de Romuald de Roson. Nous pourrions lui écrire et lui demander de convaincre Romuald de ne pas m'attaquer.
- La femme de Romuald n'acceptera jamais de se battre à nos côtés.
- Mais on peut le convaincre de se concentrer sur Amelin. Ou de rester indécis.
Enfin, il nous reste la Lucie et les Riviennes... Tant que les Mincor-Seruta ne nous laisseront pas passer, nous ne pouvons tenter de les aider. Mais si sieur Maël se trouvait être négociateur compétent, alors nous pourrions envoyer une force prendre Roseval.
Tout ceci, à condition bien sûr que les Rivennes restent fidèle. Car, je me dois de le rappeler à votre majesté, votre sœur aînée a un fils, Théophane, qui pourrait revendiquer votre trône... J'ai du mal à donner toute confiance en eux, même si nous pourrions leur promettre de reconstituer la Grande Lucie sur les cendres fumantes de la Bordure...


Un sourcil se leva. Celui de Martial Destouches.

- La Grande Lucie ?
- C'est une hypothèse, seigneur Destouches. Juste une hypothèse.


La Lucie était déjà puissante. Ce rêve de « Grande Lucie » ne plaisait guère à Martial.

- Dans le meilleur des mondes, nous serions alliés avec Canin, Champdor, Corneval, et Epauline resterait neutre. Avec l'ouest du Royaume et une plus grosse armée, avec la Lucie qui tient, nous aurions juste à marcher sur la capitale et gagner la guerre.
Mais nous devons nous parer à toute éventualité, et pour cela, nous n'avons qu'une arme : Le mariage.
Gauthier, Flavien, j'ose espérer que vous êtes prêts...


Flavien se leva, et souleva son verre.

- Pour mon Roi, Albran de Karbau, protecteur du Royaume et Duc de Carmolite, je jure devant Ewynn et Dieu tout-puissant que je suis prêt à épouser la pire des catins et le plus infâme laideron d'Hérance !

Il y eut quelques sourires et quelques éclats de rires.

- Bien.
Autrement. Nous pouvons gagner avec des hommes, mais il nous faudra aussi de l'argent. Et pour cela, seule la puissante famille des Espées, résidant à Verastre, peut nous aider.
Il nous faudra obtenir leur or. Nous devons leur parler.

- Et je m'en assurerais.


Maël savait se rendre indispensable. Qu'est-ce qu'il pouvait donc mijoter ? Mordred avait mal à croire qu'il offrait son aide par pure grandeur d'âme, cela était certain.

- Votre majesté, alors, que pensez-vous de ce plan-là ? Il demanderait beaucoup de discussions, mais ce n'est peut-être pas un problème. Les gents des Cimes accordent une grande importance à la religion, et vous avez construit des églises... Mon fils, Arnault, peut très bien demander à ses prêtres de vous nommer publiquement Roi, cela mettrait beaucoup de vilains de notre côté.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 191
Date d'inscription : 26/01/2015
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: La guerre selon Albran Mer 1 Juil - 10:33
Albran mit quelques secondes avant de comprendre que le « votre majesté » s'adressait à lui. C'était bien la première fois que Mordred lui faisait preuve d'autant de respect.
Depuis tout à l'heure le Roi était plongé dans ses pensées, s'il ne disait rien ce n'était non pas parce qu'il était impressionné ou qu'il ne savait pas quoi dire, mais parce que son cerveau de stratège s'était mit en route.
Les yeux rivés sur la carte de l'Agonie, Albran imaginait la stratégie à aborder pour gagner cette guerre.

« Il est vrai que nous ne gagnerons pas cette guerre seul. Il nous faut le plus d'alliés possibles.
Commencer par les Canin me semble une bonne idée, nous avons depuis Yvain, entretenu avec de bonne relation avec eux. Sieur Rosevallée vous irez lui parler au nom de votre Roi, accordez lui ce qu'ils demandent en échange de troupe et de contact avec les mercenaires Sylvains, promettez lui que la couronne sera bon avec eux lorsque la guerre sera terminée.
Hum... »


Albran, les yeux fixés dans le vide, en se caressant le menton d'un doigts, réfléchissait à tout ce qui venait d'être dit.

« Si... nous pourrions attaqué les terres des Espées pour leur voler leur or, et payer des mercenaires avec... mais c'est prendre un trop gros risque, si Virgile de l'Espée contrôle Verastre il ne nous laisserait pas entrée, il pourrait même rejoindre mon frère... »

Albran réfléchissait à haute voix.

« Je vais m'occuper des Rosons. Je ne suis pas responsable de la mort d'Amédée, c'est très certainement un coup de mon frère. Ma sœur et mon Beau-frère devraient entendre raison, ils réclament justice, ce qui est bien normal, mais je ne suis pas coupable, j'irais leur parler directement pour éviter cet affrontement stupide.
Pendant ce temps Arnault rassemblera ses fidèles, Dieu est déjà avec moi, comment pourrait-il être avec Amelin ? Les croyants devraient être de mon côté. »


Albran se leva de sa chaise.

« Si nous parvenons à retourner les Rosons contre Amelin, nous avons déjà gagné cette guerre. Nous aurons toute la Lyrie avec nous, plus le Duché de Lucie, mon frère serait perdu.
Rassemblons nos troupes, qu'un messager envoie une lettre à Romuald. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 90
Date d'inscription : 27/03/2015
Localisation : Rennes
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: La guerre selon Albran Ven 3 Juil - 12:23
Le Roi avait pris la parole. Tel un jeune loup, il était devant la carte, et commençait à planifier. Il n'était pas maladroit, il n'était pas dupe, il n'était pas naïf... Il n'était pas l'image dont Mordred s'était toujours faite de lui, celle d'un homme faible et malléable.
Non. Ce n'est pas un garçon de 26 ans qui se tenait devant lui. C'était le fils adoptif d'Yvain. C'était presque Yvain lui-même.

Les seigneurs hochaient la tête sur chacun de ses mots, comme s'ils étaient la vérité pure et vraie.

- Très bien votre majesté. Valois écrira une lettre à sa sœur, par coursier « discret », mais nous enverrons un représentant officiel pour remettre en main propre une missive à sire Romuald... Je pense qu'ainsi nous mettrons toutes les chances de notre côté.

Cette décision était prise. Mais il restait encore beaucoup à débattre. Ce fut Gauthier qui posa une autre question cette fois :

- Pardonnez-moi, mais... Le diocèse d'Arnault ne comprend-t-il pas des églises dans des comtés qui appartiennent à Corneval ?
- C'est exact.
- Les gens de Haut-Nord sont très fidèles. Ils obéiraient à un appel pour rejoindre sa majesté, mais... Cela ne risque-t-il pas de déplaire au duc de Corneval ?
- Et d'ailleurs, votre Majesté, à supposer que les Canins se rangent de notre côté, qu'allons-nous faire si Corneval décide d'attaquer ?


Mordred resta debout, face à Albran, les mains sur la table. Il se décida de répondre, non tant comme s'il ordonnait, mais plus comme s'il conseillait.

- Corneval est en effet un duché puissant... Mais c'est un duché plus tourné vers la mer que vers la terre. Ils dépensent des sommes astronomiques pour entretenir leurs navires permanents, ils envoient des soldes très élevées à leurs marins. Sans oublier que c'est un territoire étendu, géographiquement faible. Il n'a pas d'obstacles naturels infranchissables, leur massif n'est nul problème pour nos hommes.
Sire Léopold, dans le cas où vous seriez attaqués par le sud, sachez que le comté de Mérive sera composé de fidèles à Albran. Sachez aussi que votre baronnie de Rosevallée pourra tenir un siège, alors que au contraire, la réserve sylvaine est remplie d'hommes qui seront prêts à tenir leur forêt. Mais si nous sommes alliés à Champdor, nous pourrions les briser par le sud...

- Devrions-nous parler des sylvains, alors ?
- Devrions-nous ?
- Albran- je veux dire... Votre majesté... Nous avons fait de gros efforts vis-à-vis des sylvains. Ils ont des guerriers résilients, des archers exceptionnels... Nous avons un cruel besoin de soldats, et ils ont des soldats. Alors...


Mordred s'assit lourdement. Dorénavant, seul Albran était encore sur ses deux jambes, dominant la table.
Flavien et Mordred se regardaient les yeux dans les yeux. Ils se dévisageaient, comme s'ils étaient en duel. Mordred pensait savoir où Flavien voulait en venir. Ce bon Flavien était moitié-sylvain, non ? Il devait se faire des idées, s'imaginer gagner les faveurs de guerriers barbares pour assurer sa revendication sur les Cimes dans le futur...

- Et qu'est-ce que les sylvains demanderaient en échange de leur service ? De l'or ? Des titres ?
- Ils demanderaient sûrement des libertés. Ils demanderaient à supprimer notre protectorat sur la réserve, à respecter leurs clans, à les autoriser à rendre la justice, à diriger leurs peuples, à travailler leurs bois... Ils veulent être propriétaires de leurs terres.
- En gros, Flavien, votre idée, c'est de transformer ces sylvains en seigneurs ? Vous voulez vous retrouver avec Sire Neyro de la Maison Garance, Comte de la réserve nord ?


La blague de Mordred ne fit rire personne. Les officiers grinçaient des dents.

- Bien sûr que non. Pas dans ce sens là... Mais... Vous m'avez compris.
- Le reste de l'Agonie ne l'acceptera pas. Je me suis battu aux côtés d'Yvain pour pacifier les sylvains. Sous les ordres de Lucien III !
- Et pourtant les Canins ont des relations avec des sylvains. Et nous-mêmes nous nous entendons avec eux. Allons, ce n'est pas comme si nous allions anoblir des sauvages ! Nous avons des missionnaires chez eux ! Ils utiliseraient notre monnaie ! De plus, nous ne volons la terre de personne, nous ne leur confions pas une baronnie agonienne...
- C'est cela. Et bientôt tu épouseras une sylvaine, pour sanctifier cette alliance ?


Les deux hommes se battaient, ce qui n'était plus productif. Elric haussa la voix, mais toujours avec la même voix nasillarde qu'il avait :

- Messieurs, allons ! Nous ne sommes pas là pour nous battre et régler des comptes personnels, mais pour conseiller notre Roi, Albran de Karbau ! N'oubliez pas qu'il s'agit de ça ! Nous partons en guerre, par Ewynn ! Maintenant, c'est à notre monarque de prendre une décision, et c'est ça qui compte, ensuite nous réglons les détails...
Votre majesté, les sylvains de la réserve peuvent se battre à nos côtés, et ce serait une aide très précieuse. Sachez juste que cela pourra avoir quelques répercussions auprès des nobles, mais ils ne vont pas refuser votre autorité... Les gens ont peur des sylvains, mais si nous les contrôlons, si nous empêchons les pillages, il n'y a point de raison qu'ils ne peuvent se battre avec nous.
D'ailleurs, les sylvains pourraient aisément se battre pour un autre duc manipulateur qui leur glisserait de l'or. Il serait mieux qu'ils se battent AVEC nous que CONTRE nous.
Mais la décision est votre. Toujours votre.


Elric tourna les yeux pour regarder directement Mordred. Les deux cousins avaient une relation amour-haine très prononcée. Aussi, le duc des Cimes ne put s'empêcher de s'opposer à lui.

- C'est très flatteur de votre part de reconnaître la valeur militaire des sylvains, sire Elric... Votre fils également a une très grande valeur militaire. Pourquoi François de Castellanne n'est-il donc pas ici, à parler de stratégie ? Je suis sûr que son avis doit être important.
- Certes. Un très bon officier. Cela me fait me demander : Si Yvain était là, sire Mordred, que pensez-vous qu'il ferait ?


Mordred haussa les épaules, la lèvre relevée pour afficher ses dents.

- Je ne sais pas. Qui peut prétendre le savoir ? Vous, son cousin, peut-être ?
- Il prendrait ses hommes, traverserait le duché de la Carmolite, et irait battre Amelin là-bas. Les terres de Carmolite sont au Roi, Albran. Il est logique qu'il y aille, et qu'il prenne les richesses qui lui sont dues. Qu'il lève des soldats là-bas. Et je ne parle point de pillage, je parle d'une simple levée.
Même avec les Espées dans la Carmolite, il suffit en théorie qu’Albran entre dans Verastre. Pendant ce temps, nous pourrions très bien envoyer des hommes dans le duché voisin, et constituer une force.
Ne pensez-vous pas cela plus intelligent que de marcher bêtement en colonne sur la capitale ?


Ils se regardaient en chien de faïence, alors qu'à présent, Albran allait dicter ses ordres.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 191
Date d'inscription : 26/01/2015
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: La guerre selon Albran Ven 3 Juil - 14:11
Albran de Karbau était le seul à être resté debout, il avait dans cette position l'impression que c'était lui qui dirigé la réunion et plus Mordred, même si celui ci continué à parler plus que lui.
Il est vrai qu'Yvain Castellanne lui avait apprit à manier l'épée, combattre à cheval et mener des troupes à la guerre, mais la politique, le règne, il allait devoir l'apprendre tout seul, et son apprentissage commencé aujourd'hui.

« Cessez ces querelles intestines mes oncles, je sais ce qu'aurait fait Yvain. Il m'a élevé comme un fils quand mon propre père m'a rejeté et envoyé dans le Haut-Nord.
Flavien a raison. Les Sylvains ne sont plus nos ennemis, ils font partis du royaume et quand je serais sur le trône je promulguerai un édit pour faire d'eux mes sujets aux mêmes titres que tous les agonniens. »

Albran était bien conscient que cela allait pas mal déranger dans les Cimes, il voyait déjà de la désapprobation sur le visage de certains présent dans cette salle.

« Flavien, je t'envois en personne parler avec les chefs Sylvains, dit leur ce que je viens de dire, dit leur que s'ils se battent pour moi ils se battent pour leur liberté. »

Albran posa un doigt sur la carte de l'Agonie, désignant le Duché de Carmolite.

« Je suis le Duc légitime de Carmolite, je devrais avoir des partisans parmi mes vassaux et certains de mes cousins. Maël, avant de partir pour Escale tu m'aiderais à écrire une lettre que des émissaires iront lire aux Seigneurs de Carmolite. Je leur dirais d'envoyer des troupes et de l'or vers le Bosquet. »

La langue d'Albran se déliait de plus en plus, il parlait d'une voix de plus en plus autoritaire, d'une voix de Roi. Jusque là il avait toujours été en retrait, avant sa mort c'était Yvain qui dictait ses ordres, maintenant Albran avait prit sa place.
Son cerveau lui semblait fonctionné à mille à l'heure, son cœur battait comme s'il se trouvait sur le champ de bataille.

« Arnault ira prêcher pour moi et lever des fidèles. Mais dite lui d'éviter les Comtés de Solonne et de Mérive, même s'ils se trouvent dans son diocèses, évitons de froisser Aengus en levant son peuple. Pour le moment il n'est pas notre ennemi.
J'irais moi même parler avec les Rosons, pendant que Sieur Rosevallée ira parlementé avec les Canins.
Maël ira discuter avec le Duc Jehan Deschesnêt pour obtenir son soutient. »

Albran s'arrêta, les yeux pensifs posés sur la carte de son royaume.

« Avec tout ça, il y a de quoi lever une armée de 10 000 hommes à nous seul.
Si nous nous allions au Champdor, 3000 soldats de plus peuvent nous rejoindre. Si je parviens à faire comprendre mon innoncence à Romuald de Roson, et le faire mon allié, c'est presque 20 000 soldats qui marcheront sur les troupes d'Amelin. »

Albran avait terminer sa phrase en murmurant.

« Le seul problème qui se posera, c'est le financement des soldes. Nos soldats, les mercenaires, le Duché des Cimes ne pourra jamais tout payer, nos réserves sont loin d'être sans fin et si la guerre se prolonge cela pourrait être un vrai soucis qu'il faudrait régler dès maintenant.
Avez vous une idée ? L'intendance ce n'est pas mon fort. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 90
Date d'inscription : 27/03/2015
Localisation : Rennes
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: La guerre selon Albran Ven 3 Juil - 15:32
Albran était le Roi, ceci ne faisait plus de doute.

- Flavien, je t'envoie en personne parler avec les chefs Sylvains, dit leur ce que je viens de dire, dit leur que s'ils se battent pour moi ils se battent pour leur liberté.
- Je le jure. Je ne vous décevrais pas.


Flavien avait un large sourire. Mordred, lui, restait entièrement silencieux.

- Je suis le Duc légitime de Carmolite, je devrais avoir des partisans parmi mes vassaux et certains de mes cousins. Maël, avant de partir pour Escale tu m'aiderais à écrire une lettre que des émissaires iront lire aux Seigneurs de Carmolite. Je leur dirais d'envoyer des troupes et de l'or vers le Bosquet.
- Bien sûr, votre majesté...


Maël jubilait. Il s'en frottait presque les mains. La dernière fois qu'un homme avait eut besoin de lui, c'était Martial Destouches, et aujourd'hui, il le tenait.

- Avec tout ça, il y a de quoi lever une armée de 10 000 hommes à nous seul. 
Si nous nous allions au Champdor, 3000 soldats de plus peuvent nous rejoindre. Si je parviens à faire comprendre mon innoncence à Romuald de Roson, et le faire mon allié, c'est presque 20 000 soldats qui marcheront sur les troupes d'Amelin. 
- Et n'oublions pas la Lucie. Pour l'instant ils sont coincés dans une guerre intestine, mais leurs hommes sont autant de force de notre côté.
- Du moins jusqu'à ce que Théophane de Rivienne ne se fasse des idées...


Leur commentaire n'était qu'une addition redondante. Albran, imperturbable, termina.

- Le seul problème qui se posera, c'est le financement des soldes. Nos soldats, les mercenaires, le Duché des Cimes ne pourra jamais tout payer, nos réserves sont loin d'être sans fin et si la guerre se prolonge cela pourrait être un vrai soucis qu'il faudrait régler dès maintenant. 
Avez vous une idée ? L'intendance ce n'est pas mon fort. 


Les regards se tournèrent directement vers Maël. L'argent, c'était lui qui le gérait. Il arrivait à le faire sortir de n'importe quoi, comme un magicien. D'habitude, les gens étaient content de voir Maël régler leurs affaires, prendre en charge les guildes de forgerons et le travail du bois. Mais là, tout ceci était inquiétant...
D'une voix rocailleuse et lente, il répondit, ses yeux pétillants avec une vivacité jamais vue.

- Ne vous en faites pas pour les soldes, votre majesté... La richesse est une chose très étrange... Même si elle n'est pas directement disponible, elle fonctionne dans le temps...
Je m'en occuperais. Dormez sur vos deux oreilles.


Maël avait des contacts dans des guildes d'artisans, chez des négociants de Port-Nord ou d'autres hommes d'affaire. C'était un requin, un scélérat spécialisé dans les arnaques. Nul doute qu'il trouverait de l'argent, ce n'était pas le problème/
Le problème, c'est à quel prix cet argent viendrait...

- Très bien. Nous avons assez perdu de temps comme ça.
Nous allons tous lever nos bannières et appeler nos hommes. D'ici quelques jours, nous aurons notre armée.
Bonne chance messieurs.


Tous se levèrent, saluèrent leur Roi avant de partir. Ils allaient à cheval, aussi vite que possible, regagner leurs comtés, leurs châteaux, et leurs fiefs. Ils allaient appeler le ban, recruter des volontaires, entraîner leurs serfs. Les forges allaient produire des épées, des cottes de maille et des flèches. Les Cimes étaient connues pour leur population martiale et belliqueuse. Encore une fois dans leur histoire, ils prouveraient leur réputation.

- Attendez, votre majesté, avant que vous ne partiez...


La salle se vidait. Mordred fit le tour de la table, à pas de loups, pour s'approcher de son suzerain. Il ne restait plus que lui et son Roi dans la pièce.

- Vous rappelez-vous de l'épée d'Yvain ? Sa grande et large épée, celle avec laquelle il avait l'habitude de se déplacer ?
C'est une épée légendaire. Elle a appartenu à mon grand-père, Julien de Castellanne, et, avant-lui, à Nathan, Daniel, et ses propriétaires originaux, Imry et Rolland. Philippe de Castellanne avait forgé cette épée en cadeau à son fils. Elle avait été faite à partir d'un procédé spécial, qui chauffe le fer à une température beaucoup plus supérieure que les autres fourneaux d'Agonie. Le résultat est un acier spécial, un acier pur, résistant et léger, qu'on surnomme « acier de lune »... Cet acier n'est pas spécialement plus puissant qu'un autre, contrairement aux légendes. Il ne traverse pas les armures et nous n'avons aucune preuve qu'il soit capable de tuer des loups-garous ou des monstres de ce genre.
Mais soit. Yvain m'a donné cette large épée. Mais je n'en ais pas d'utilisation. Je ne suis que son frère, et je ne suis plus capable de foncer sur les murailles comme lorsque j'étais jeune.
Cette épée est maudite. Imry l'a utilisée pour tuer son frère. Julien l'a utilisée pour tuer de jeunes enfants qui avaient son sang. C'est une épée fratricide. Je l'ai détruite.


Un écuyer entra dans la pièce. Il portait une épée dans un fourreau de cuir ouvragé, bien plus petite que celle d'Yvain, et la posa délicatement sur la table avant de partir.

- Et à partir de l'acier reforgé, je vous offre celle-ci...


Il retira l'épée de son fourreau. Elle brillait. Elle scintillait à la lumière du feu des bûchers. Elle était légère, volait dans l'air, et pourtant, ses bords semblaient si tranchant que l'on pourrait se raser avec. Le manche de l'épée était dur, froid, très peu décoré.

- Albran de Karbau, vous êtes bien plus que notre Roi. Vous êtes un enfant des Cimes. Bien que vous n'avez pas votre sang, vous avez été forgés comme le fer de nos mines, vous avez bravé le froid, la pluie et le sang. Ces fiefs sont votre, nos lames sont vôtres, et ils le seront à votre famille, à votre femme et à votre fils dont je jure de défendre la vie et l'honneur.
Verastre sera à vous. Elle le sera car vous le méritez. Car vous êtes le seul homme de toute l'Agonie encore assez noble et assez fort pour diriger.
Dieu vous garde.







Flavien avait dit au revoir à sa famille. À ses demi-sœurs, a ses demis-frères, et à Albran. L'épée d'Yvain était tellement grande que ce n'est pas une mais deux épées qui avaient été reforgées dans son acier de lune. Albran pouvait garder la plus grande, mais Flavien portait à présent la plus petite dans son fourreau.

Les cloches de la cathédrale du Bosquet sonnaient, à présent. Arnault célébrait cette messe. Il avait écrit un message, recopié et envoyé à toutes les églises du diocèse de Haut-Nord, à l'exception de celles se trouvant dans le duché de Corneval. Il y était écrit de proclamer Albran comme Roi légitime, de reconnaître son autorité, de travailler pour lui, de payer ses taxes pour lui, et, pour les plus braves, de se battre pour lui.

Flavien préparait son cheval, tandis que trois écuyers étaient en train de partir. Le jeune chevalier terminait de revêtir sa grosse armure, et allait grimper sur son destrier. C'est alors qu'une voix vint l'importuner.

- Retournez-vous encore dans la réserve sylvaine, sire Flavien ?

Le jeune chauve se retourna.

- On peut dire que je suis mieux tombé que vous, sire Maël... Comptez-vous faire tout le voyage jusqu'à Escale à dos de cheval ?
- Je préfère bien plus le confort d'une barge, sire, mais, je suppose que nous avons tous nos problèmes...


Flavien lui sourit. Un sourire sarcastique. Il termina de préparer sa bête qui devra transporter son poids et le poids de son armure jusqu'à la réserve.

- Avez-vous rédigé la lettre à vos seigneurs de Carmolite ?
- Bien sûr. Reste maintenant à Albran de Karbau de parler avec Romuald de Roson. Autrement, vous devrez faire la guerre dans un marécage...
- Ce n'est pas comme si cela me faisait peur. Mais... Nous avons tous nos problèmes, n'est-ce pas ?
- La guerre est une chose si terrible et si atroce. Je préfère vivre, voyez-vous.
- Nobles paroles de votre part !

Flavien posa un pied à l'étrier et bondit sur son cheval, agrippant la belle bête par les rênes.

- Vous devriez faire attention à vos paroles, lorsque vous serez avec les sylvains, sire Flavien. Ce sont de très nobles sujets que ces hommes. Très fiers.
- Que savez-vous au juste des sylvains, sire Maël ? Je vous voit mal marcher dans la boue à leurs côtés...
- Si vous voyez une jeune femme, du nom de Myrcella Pourpre... Dites-lui... Que Maël d'Isiel a hâte de revoir Robin.


Il s'éloigna, et alla lui-même se préparer pour son périple.

Lettre d'Albran de Karbau aux seigneurs de Carmolite:
 






Mordred se retrouvait maintenant seul dans la pièce. La décision avait été prise, et maintenant, l'armée des Cimes allait se lever.

Flavien était en route. Dans la réserve Sylvaine se trouvait sa mère, qui depuis quelques jours déjà, vivait aux côtés du clan Garance.

Mais dans l'ombre, Maël avait chuchoté quelque chose au duc des Cimes... Une idée, quelque chose pour améliorer sa position. Quelque chose qu'Albran et les autres membres de la famille n'avaient pas spécialement à savoir.

Il appela un courrier, un homme honnête et honorable, et lui ordonna de prendre un cheval de manière à foncer sur la Lucie. Il avait une lettre pour Maxence de Rivienne.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: La guerre selon Albran
Revenir en haut Aller en bas
La guerre selon Albran
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Argentine: ouverture d'un nouveau procès pour crimes de guerre lors de la dicta
» Chef de Guerre sur Cannon Io... euh... moto
» Le PM JEA, l'homme de l'annee selon Haiti En Marche
» Prochaine etape de la "guerre au terrorisme", le Pakistan?
» Elections générales anticipées ou Guerre Civile

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Blasons de la Gloire :: Univers :: ­ :: ­­Administration :: Gestion :: Archives-