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MessageSujet: Le Vent en Poupe Sam 28 Nov - 21:16
Le vent était fort, mais il était bon. Dieu devait être du côté de l'équipage. On voyait les voiles se gondoler avec puissance et le mât s'agiter alors que des matelots s'agitaient pour tirer des cordes mouillées et s'assurer à ce que rien ne fut brisé.

C'est avec un léger sourire que Maël d'Isiel observait ces hommes s'agiter avec force et vigueur pour tenter de rester à flot. Ces hommes avaient des physiques variés, il vit beaucoup de jeunes mais aussi des hommes aux torses poilus et à la barbe blanchissante. Certains étaient torses nus, d'autres portaient des guenilles simples, tous parlaient avec des voix rauques et puissantes qu'ils n'arrêtaient pas d'utiliser pour hurler.

- Messires ! Qu'on y est dans l'heure !

Maël s'éloigna du pont, et traversa le navire jusqu'au gaillard tout au bout, en prenant soin de ne pas trébucher sur les planches de bois humides. Il posa ses mais sur la rambarde et observa la cité qui se dévoilait sous ses yeux. Il faisait sombre, à cause des épais nuages qui bloquaient la visibilité, mais on parvenait à éviter les récifs et les rochers grâce à une tour à feu, une gigantesque construction de pierres sur laquelle on avait posé un grand incendie de manière à illuminer la baie.
Le seigneur d'Isiel observa quelques instants un de ses compagnons qui observait, l'air médusé, l'entrée de la rade.

- Vous semblez inspiré, sire Damien.

Le chevalier ne leva qu'à peine les yeux vers l'homme qu'il devait protégé.

- J'suis jamais monté sur un bateau avant...
- Oh, je vois. Un miracle que vous n'ayez pas mangé avant d'embarquer, alors.

Le vent était fort, trop fort. Dieu ne devait pas être du côté de l'équipage. Ou bien peut-être était-il joueur. Les marins priaient, essayant de lutter contre le vent en tirant de toutes leur force une corde, on les entendait répéter : « Je vous salue Calanthe, pleine de grâce, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est bénit. Sainte Sybelle, mère des Augures, priez pour nous pauvre pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort ! ».

Dieu décida de les épargner pour une fois. Son courroux ne se fit pas sentir sur l'équipage. C'est ainsi qu'ils parvinrent à entrer dans la rade de Port-Orient, secoués, et heureux d'être en vie.
Ils fêteront cette victoire en passant la nuit à boire, à manger, et à baiser des putes pour un sou.

Lorsque le bateau s'approcha d'un ponton, beaucoup de jeunes hommes affluèrent pour sauter dessus. Ceux-ci se chargèrent alors d'aider le navire à entrer dans le port, en tirant sur les cordes, en le stabilisant, en reliant les liens à deux péniches plus petites. C'est ainsi que le cogue pu se stabiliser, jeter l'ancre, et enfin être amarré au bon endroit.
Alors que Maël s'approcha, un jeune garçon se mit à quatre pattes de manière à permettre au seigneur de descendre en utilisant son dos comme une marche. Pour s'être fait marché dessus, il gagna un denier. Voilà la seule chose pour laquelle étaient faites les gueux : Se faire marcher dessus pour de l'argent.

Maël était précédé d'autres personnes. Trois sergent en armes, et un chevalier, ce dernier portant pour cacher son visage un gigantesque heaume sur lequel était gravé une croix, et où il n'y avait qu'une fente pour permettre de voir ses doux yeux bleus, qui lui donnèrent presque un aspect innocent. Presque, parce que le colosse mesurait près de 2 mètres et portait plates et mailles.

Ce petit cortège suivi son maître alors qu'il traversa le ponton, mains dans le dos. Ils n'allèrent pas bien loin. Léthias Mincor-Seruta se tenait devant eux, avec d'autres soldats, et une voiture tirée par chevaux. Maël lui sourit tandis qu'il s'approchait. Avec tout le flegme dont il était fait, il courba légèrement la tête, tout en gardant ses yeux droit vers les siens.

- Sire Léthias. Au nom des Cimes, sachez qu'il est pour moi un honneur de vous rencontrer.
J'avais un cadeau pour vous, justement.


Le grand chevalier qui servait à Maël de garde s'approcha. Il posa sa main sur son fourreau, et tira une épée, avant de poser le genou à terre. Il présenta alors l'arme à l'héritier de Corneval.

- Ceci est une épée d'arme en acier forgé avec le fer du Nid de Lune. Elle est courte et n'a pas une grande garde, mais c'est pour que vous puissiez l'utiliser à cheval, avec un bouclier.
J'espère que vous la trouverez à votre goût.


Il lui sourit de plus belle. Mais Maël avait un sourire étrange. Ses yeux ne souriaient pas avec.

- Dans tous les cas, Sire Léthias, j'ai hâte de rencontrer Sire votre père. Je suppose que vous puissiez m'escorter à son palais ? Ce serait un immense plaisir de pouvoir faire le voyage avec vous.

Alors qu'il s'éloigna pour marcher aux côtés de l'héritier, il s'approcha, se mettant bien à côté du jeune homme.

- Je ne suis pas un grand seigneur ni un homme d'église, pas besoin d'être formel avec moi. Mais puisque nous allons en chemin tous les deux, nous pourrions faire connaissance, non ?
Vous n'êtes pas marié il me semble. Je suppose que votre père est patient et qu'il attend un bon mariage pour vous, c'est un homme bon.
Mais dites-moi, Léthias, est-ce que vous êtes prude ? Car si vous souhaitez charmante compagnie, j'ai beaucoup à vous offrir... Peut-être serais-ce plus à votre goût qu'une épée.

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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Sam 28 Nov - 22:26

Port-Orient, capitale du Comté de Corneval.
Palais de la famille Mincor-Seruta.


« -L’envoyé de Mordred de Castellane doit arriver demain. D’après le dernier message reçu, il devrait venir par la mer.
-Nos navigateurs prédisent un vent fort dans la baie demain matin…
-Ça sera l’occasion de voir si les Cimes savent malgré tout diriger un bateau. Léthias, j’aimerais que tu ailles accueillir Maël d’Isiel au port. Puis tu l’accompagneras au palais.
-Très bien, père. Savons-nous au moins pourquoi les Cimes veulent nous rencontrer ?
-Il n’y a pas besoin qu’ils nous le disent Léthias, c’est même assez évident. Le Comté ne s’est encore allié à personne, et dans ce contexte de guerre tripartite… Avoir à ses côtés la plus grande flotte du royaume serait bien profitable à certains. Ils veulent notre appui. Ou alors directement nous menacer. Il y a fort à parier qu’ils utilisent leur puissance militaire comme moyen de pression.
-Vu la réputation d’Isiel…
-Ne partons pas sur ce terrain-là, mon fils. Nous avons nos préjugés sur ces gens, surement ont en-t-ils autant sur nous. Nous ne sommes pas là pour discuter de la véracité de ces bruits, tâchons donc de ne pas le froisser. »

Le lendemain matin, tour de vigie de la baie de Port-Orient.

« -Temps de chien ! »

Les deux guetteurs soufflaient dans leurs mains, pour se réchauffer. Les rafales de vent cinglaient autour d’eux, de hauts nuages assombrissaient le ciel, tandis que la brume matinale limitait le champ de vision autour du haut mais mince édifice de pierre.

« -Ouaip. M’enfin, plus que deux heures et c’est fini.
-Si la relève est en retard, je sens que ça va vite m’énerver. Tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi, et profiter d’un repas chaud.
-Comment ça, t’es pas d’astreinte au port après ?
-Et non !
-Y’en a qu’on de la chance tiens… »

Les deux hommes fixaient l’horizon, observant les quelques bateaux de pêche qui rentraient ou sortaient du port. Les lourds vaisseaux de la guerre de la flotte qui patrouillaient un peu plus au large étaient invisible, dissimulés derrière un épais brouillard. Les deux hommes étaient là depuis des heures, comme tous les jours de la semaine, à attendre, à observer, à noter les allers et venues des bateaux. Ils étaient là depuis le début de la nuit, et les paupières se faisaient maintenant pesantes, les bras lourds et les mains engourdis.

« -Eh eh eh ! Regarde !
-Quoi ?
-Là, regarde ! C’est pas lui ? »

Les deux hommes pointèrent leurs yeux sur une masse sombre qui longeait la côte depuis le Nord. La forme se précisa, et bientôt les veilleurs purent distinguer les armoiries ornant les voiles gonflées par le vent.  Ce bateau était trop gros pour être un simple navire de commerce ou de pêche, mais trop petit pour un navire de guerre. Et puis de toute manière, quels bateaux avaient les armoiries d’une maison brodées sur la grand-voile, et non pas simplement sur un pavillon ?

« -Ce sont eux, donne le signal ! »

Le deuxième guetteur s’en alla de l’autre côté de la tour, alluma une torche qu’il brandit en agitant, tandis que le second bras faisait résonner une cloche dans la baie de Port-Orient. Bientôt, une petite lumière oscillant de droite à gauche lui répondit. Au port, ils avaient compris le message. Le guetteur alla s’asseoir sur une chaise.

« -Bon, c’était le seul visiteur attendu de la journée je crois… »

A quelques centaines de mètres de là, à la capitainerie du port, on percevait le signal de la tour de vigie, on y répondait, et on commençait à donner les premiers ordres.

« -Navire des Cimes en approche par le Nord ! Préparez les embarcations d’assistance et les grelins ! Dégagez les pontons ! »

A l’intérieur des bâtiments, un groupe de personne en armure s’intéressa de près à toute cette agitation. Ils se levèrent, sortirent du bâtiment, et pendant que certains d’entre aux rapprochaient chevaux et attelage, les autres s’avançaient vers les pontons. Léthias Mincor-Seruta, entouré des officiers de la Garde Prétorienne, attendaient l’arrivée de leur invité. Le bateau des Cimes rentra bientôt dans le port, balloté par les flots, avec la grâce d’une baleine dans un étang. Des embarcations légères vinrent rapidement se coller à lui, le ramenant le long des quais, alors que l’équipage lançait des amarres, rapidement récupérées et fixées aux pontons par les travailleurs du Port. Maël d’Isiel descendit avec son cortège, et se dirigea vers Léthias. Pendant que l’héritier de Corneval et l’envoyé des Cimes discutaient, la Garde préparaient le convoi au départ, et fournissait voitures et chevaux aux autres invités. De son côté, Léthias soupesait l’épée que lui tendait d’Isiel, tout en la faisant tourner pour observer sa facture.

« -Merci pour ce présent, sire Maël. Soyez assuré que je m’entrainerais sous peu avec elle. Les armes des Cimes ont une excellente réputation, nul doute que celle-ci ne fera pas exception à la règle. Montons ensemble, voulez-vous ? »

Les deux hommes montèrent dans la voiture, et presque aussitôt, le cortège se mit en branle, remontant la ville. Devant, les cavaliers prétoriens ouvraient la voie, flambeau ou étendard de la maison Mincor-Seruta à la main. Dehors, le vent semblait se calmer, et le ciel s’éclaircir. L’après-midi allait être belle, pensa Léthias. Durant le trajet, ce dernier se retint de hausser un sourcil, tandis que d’Isiel attaquait sans préambule. Le jeune garçon s’autorisa un sourire en coin.

« -Le mariage… Je crains que pour le moment, cela ne soit pas la priorité de mon père… Aussi bien pour moi que pour ma sœur. Néanmoins, ne vous en faîtes pas pour ma compagnie. Peut-être avez-vous vos contacts… Mais j’ai mes relations. »

De longues minutes plus tard, le convoi ralenti, alors que par la fenêtre, on pouvait voir qu’il avait rapidement gagné en hauteur. Il surplombait maintenant la cité portuaire, et se rapprochait du pic où avait été construit, à moitié creusé dans la roche et à moitié posé sur l’éperon granitique, le palais des Mincor-Seruta des décennies plus tôt.

« -Sire Maël, sur votre droite, Port-Orient. Et sur votre gauche, le palais Comtal. »

Maël passa la tête par la fenêtre, et observa les hauts bâtiments d’un blanc éclatant qui se dressaient devant lui, dépassant toute structure humaine ou naturelle à des dizaines de kilomètres à la ronde. Le cortège enjamba un large pont de pierre, avant de pénétrer à l’intérieur du palais, dans une large galerie éclairée par de nombreuses torches. Léthias descendit, et fit signe à Maël de faire de même, avant de le conduire vers les larges escaliers droits remontant vers les surfaces. Les deux hommes revirent bientôt la lumière du jour, et arrivèrent dans une galerie donnant une vue imprenable sur l’océan. Aengus Mincor-Seruta, comte de Corneval et maitre des lieux fit son apparition au bout de celle-ci.

« -Sire Maël ! J’attendais votre venue. Je vois que vous avez déjà fait connaissance avec mon fils, Léthias. Mais pardonnez-moi, j’ai cru comprendre que le voyage avait été humide, aussi ai-je pris la liberté de faire préparer des boissons chaudes pour nous réchauffer en cette froide matinée. Nous pouvons aussi faire sécher vos vêtements, si vous le désirez. Puis nous rejoindrons mes quartiers de travail, je pense que nous avons beaucoup à nous dire, n’est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Lun 30 Nov - 22:03
Damien des Cimes observait son maître monter dans la voiture. Pendant ce temps, les matelots, bien amarrés, étaient en train de décharger quelques chevaux terrifiés. Son moyen de locomotion.

Maël d'Isiel restait tranquillement assis en écoutant ce bon Léthias. Il observait d'un œil passif la cité de Port-Orient. Très jolie, très propre, cela changeait du Bosquet. Mais il n'avait jamais eut de goût pour l'esthétique, sûrement pas architecturale.
Au moins, ses questions très indiscrètes sur Léthias le rassurait. Le jeune garçon n'était pas un de ces jeunes imbéciles soi-disant incorruptibles. Il n'y avait rien de pire dans le monde que les gens vertueux. Tout le monde a son vice caché, tout ce qu'il faut c'est le trouver et l'enfoncer.

Ils s'arrêtèrent devant la construction de granit et de pierres. Maël s'arrêta un moment pour l'observer. Ce n'était pas un château très conventionnel. Il était ancien, construit pour un autre genre de guerre, à une autre époque. Il avait par là une certaine beauté, peut-être parce qu'il n'était pas comme les autres, parce qu'il ne ressemblait à rien de ce qu'il y avait dans la Gallance.

La garde personnelle de Maël lui collait aux talons. Ils étaient censés assurer sa sécurité. Mais de quoi ? Il n'était pas un seigneur, et il n'avait pas à craindre d'être tué par les Mincor-Seruta. Pourtant, Damien des Cimes semblait vouloir le suivre coûte que coûte.
Peut-être était-il tout simplement un espion de Mordred. Peut-être que son travail n'était pas de protéger Maël, mais de protéger Mordred de ce que son intendant pourrait aller dire à d'autres personnes.

Le seigneur d'Isiel suivi le chef de la garde « prétorienne » jusqu'auprès de son père. Il s'arrêta droit devant lui, une main sous son large mantel de soie et de coton, l'autre bougeant avec ses mots, comme pour arguer son discours.
On pouvait voir quelques grosses bagues en or serties de bijoux sur ses phalanges.

- Votre grâce, je vous remercie de l'attention que vous me portez... Mais n'ayez crainte pour mes vêtements. Je suis Telte, ce serait faire déshonneur à mon sang que de ne pas être capable de supporter une petite pluie.

Avec tout le flegme dont il était constitué, ce qui était beaucoup, il fit lentement sortir sa main gauche de son mantel pour la diriger vers l'extérieur, dont il était venu.

- J'avais un présent pour votre fille également, messires Aengus. Quelques rumeurs m'ont fait entendre qu'elle avait un goût tout particulier pour la fauconnerie. J'ai pris sur moi de lui faire venir un palefroi des Cimes, quelle pourra utiliser pour courir avec.
J'ose espérer que cela lui plaira. Sinon, je chercherais bien quelque chose qui lui ferait plaisir.


Dehors, Damien des Cimes, le colosse en armure, attendait devant le palefroi qu'il était censé donner à la fille du comte. Il avait retiré son heaume et observait avec hargne les sergents de Corneval.
Damien était un homme à l'aspect assez terrifiant. Il avait d'épais cheveux noir, un peu grisâtres, gras. Il avait une épaisse barbe, des sourcils arqués, et une énorme cicatrice qui lui recouvrait la joue gauche, une partie de l'os du visage enfoncé et des pointes, comme celles d'une masse d'arme.

- Mais vous avez bien raison. Nous devrions parler dans un endroit plus professionnel. Et plus privé également.

Il suivit Aengus, seul, jusqu'à ses quartiers. Rapidement, on n'entendit plus que leurs pas dans les couloirs du château. Maël observait avec intérêt les décorations qui ornaient les murs. Des toiles, des pièces d'armures, des écus sur lesquels on avait peint ou fait forgé des symboles héraldiques. S'étalait là l'Histoire de Corneval. Ses moments de gloire et de triomphe, surtout. Jamais on n'ornait les murs de défaites et de moments graves.

- Voilà une jolie principauté dont vous disposez, votre grâce. Et une bien jolie ville. Elle ne ressemble pas tellement aux endroits où j'ai déjà pu voyager, voyez-vous. Elle me fait penser à l'Empire du Caldéra. Une époque bien malheureusement révolue.

Oui, une bien belle époque. Une où des sénateurs avaient le pouvoir, et où n'importe qui, fut-il ambitieux et intelligent, pouvait s'élever. Aujourd'hui, les détenteurs du pouvoir étaient des fanatiques lourdaux en armures, qui se faisaient des contes et s'amusaient de chansons de geste.
Au moins, Aengus avait été poli dans sa manière de recevoir ce qui n'était qu'un minuscule seigneur. « Trop poli pour être honnête » pensa très vite Maël. Mais poli quand même.

- Mais malheureusement, les villes comme la votre sont belles, mais rarement stables. Vous vivez du commerce et de la paix. Vous grandissez dans la paix, c'est votre force.
Et la guerre arrive, avec son lot de morts, de maladies, et de vies brisées...
Vous connaissez la situation de ce Royaume. N'allons pas nous embêter à tourner autour du pot. Notre Roi est mort, et il a deux héritiers à la légitimité parfaitement identique. Albran. Amelin. Deux frères élevés par deux familles. Thaal et Castellanne.
Par le droit ils sont unis. La femme de Mordred Castellanne est une Thaal. Et le duc avait d'ailleurs dans le projet de marier ses enfants aux Thaals. Pour l'instant, les choses sont calmes, et tout le monde se bouche les oreilles et secoue la tête en pensant que la crise va se résoudre.
J'ai bâti ma fortune et ma réputation sur le fait d'être capable de prévoir les événements à l'avance. Laissez-moi dire cela, votre grâce : La guerre arrive. Mordred et Lambert sont chacun à la gorge de l'autre.
La seule question raisonnable qu'il nous reste à nous poser, est : Qui va gagner ?


Son sourire se fit bien plus vicieux, acéré.

- Mordred Castellanne m'a envoyé ici pour que je chante ses louanges et que je vous dise à quel point Albran est un garçon pieux et grand et qu'il est le meilleur avenir pour le Royaume.
Je vais être honnête avec vous, puisque j'aime l'honnêteté, tout comme vous. Albran n'est pas un meilleur candidat que Amelin. Ce n'est pas l'un d'eux qu'il faut supporter, c'est la famille derrière.
Les Cimes n'ont pas votre richesse. Bon sang, je fais les comptes de la principauté et sachez ceci : Les Cimes sont faibles. Nous pouvons lever une armée gigantesque, plus que ce que peuvent les autres duchés, mais sur le long terme, une fois cette ost amassée, nous ne pouvons la faire durer longtemps. Passé deux mois de levée, nous nous retrouverons endettés.
Vous en revanche, êtes riches. Et, plus que tout, vous avez une flotte. Une flotte assez grande pour transporter une bonne partie de son armée là où Mordred a besoin. Et puis, surtout, vous êtes très bien placé géographiquement. Vous verrouillez la côte. Vous êtes les seigneurs de la mer. Verastre est à vous dès que vous le souhaitez.
Où veux-je donc en venir ? Mordred a besoin d'aide. Il aime jouer aux durs et faire l'homme froid capable de renverser tous les autres... Mais il est désespéré. Il est prêt à tout pour de l'aide.
Si vous l'aidez maintenant, au tout début de la guerre, nous pouvons placer Albran sur le trône en moins de quarante jours. Et le duc des Cimes n'aura alors pas d'autre choix que de vous aider en retour. Vous pourrez lui demander tout ce que vous voulez. Vous pouvez lui demander un mariage, une alliance, une place au conseil restreint...
Savez-vous que le comté d'Epauline va être hérité par une femme ? Célibataire qui plus est. Une fois le pouvoir Royal établi, je suis sûr que le duc des Cimes pourra forcer votre bon Léthias à l'épouser. Les Mincor-Seruta doubleraient leur domaine.

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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Mar 1 Déc - 15:02
Palais de Port-Orient.

Aengus sourit.

« -Je serais curieux de savoir si la passion de ma fille pour les rapaces se fait réellement entendre jusqu’au Cimes, ou si vous avez simplement fait vos petites recherches avant de venir… Quoiqu’il en soit, je vous remercie, je suis sûr qu’elle appréciera ce présent. Léthias ?
-Je vais m’en occuper. Je pense qu’après cette traversée, la bête sera contente de se balader à l’air libre. Sire Maël, père. »

Le jeune homme salua les deux nobles, avant de se retourner, et de redescendre par où ils étaient arrivés. Il rejoignit Damien de Castellane dans la grande galerie souterraine, qui faisait face aux soldats de la Garde en faction. Le colosse avait enlevé son casque, et toisait avec insistance les chevaliers, qui ne bronchaient pas malgré son visage terrifiant.

« -Sire Damien. Je pense que mon père et votre émissaire en ont pour quelques temps. Occupons de ce cheval, puis que diriez-vous de m’accompagner au travers de Port-Orient ? Le temps se dégage, il fera bientôt meilleur dehors que dans ces sombres galeries. »

Ce faisant, Léthias désigna des box dans un couloir adjacent, où attendaient déjà plusieurs chevaux. Ils guidèrent le palefroi des Cimes dans un box libre, tandis qu’palefrenier apportait déjà eau et nourriture.

« -Avoir les chevaux à disposition ici est très pratique. Mais seulement, nous ne pouvons laisser ces bêtes enfermées sous terre à longueur de journée, elles en deviendraient folle. C’est pourquoi elle passe une grande partie de leur journée dans l’enceinte de l’autre côté du pont. Ne vous en faîtes pas, votre palefroi sortira bientôt. Juste le temps pour lui de se restaurer, et les écuyers le feront sortir. »

Léthias récupéra ensuite son propre cheval dans un box, guida ensuite le chevalier vers l’extérieur, et ils traversèrent à pied le long pont de pierre reliant le palais, posé sur son éperon rocheux, au reste du continent. Sous leurs pieds, un gouffre de plusieurs dizaines de mètres au fond duquel l’océan s’engouffrait, faisant frapper de puissantes vagues contre la roche. Arrivé, Léthias laissa partir son cheval, qui s’éloigna de quelques mètres pour se restaurer, avant de revenir vers lui.

« -Alors, sire Damien, y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez voir dans notre ville, ou voulez-vous vous laisser guider ? »

Plusieurs dizaines de mètres plus haut, appartements de travail du Comte de Corneval.

Aengus et Maël s’enfermèrent dans un vaste ensemble de pièce, où le Comte travaillait. Il fit signe aux soldats en faction dans cette aile du palais de ne pas être dérangé, sauf en cas d’extrême nécessité. Entre salle des cartes, longues tables pouvant accueillir une vingtaine de personnes, espace plus petit pour une demi-douzaine de personnes, lourds bureaux de bois et autres, l’espace ne manquait pas pour que le Comte puisse gérer son domaine et recevoir des visiteurs dans de bonnes conditions. Les fenêtres donnaient une vue imprenable sur l’océan ainsi que sur une bonne partie de Port-Orient. Il alla poser son épée sur un râtelier prévu à cet effet, avant de s’asseoir dans un large fauteuil, invitant par la même occasion Maël d’Isiel à faire de même.

« -Bien, maintenant que nous sommes seuls, sire Maël, passons aux choses sérieuses. Bien que j’aie ma petite idée sur le sujet, je veux vous l’entendre dire. Pourquoi êtes-vous venus ici ? »

L’envoyé des Cimes fit son exposé, devant le visage impassible d’Aengus. Ce dernier l’écouta sans broncher, jusqu’à ce que le silence retombe dans la pièce. Il tapota alors rapidement sur son accoudoir, avant de se redresser dans son fauteuil.

« -Curieuse manière, je dois bien l’admettre, que de faire l’éloge de celui qui vous envoie le représenter. Nous connaissons tous la situation actuelle, je le crains. Une situation que pourtant, bien peu osent exprimer clairement. Celle d’un royaume au bord de l’implosion, aux portes de la guerre civile. Je n’ai pas peur de parler des faits, sire Maël. Je ne me fais malheureusement guerre d’illusion : cette guerre finira par arriver, dans dix jours comme dans dix mois, parce qu’aucun des trois, je dis bien des trois partis n’est prêt à abandonner. Et je l’admets avec regret, la quête de pouvoir de trois hommes s’achèvera par la mort de milliers en leur noms. Je pense que vous savez comme est né le Corneval que vous connaissez : par le sang versés de nos propres sujets. Ceux que mes ancêtres ont combattus étaient des nôtres. Vivaient sur nos terres. La guerre civile que nous avons vécu a été pour nous une épreuve, dont nous avons mis longtemps à nous en remettre. Alors soyez sûr que je sais de quoi je parle. Même si Corneval n’est pas, et c’est un fait reconnu, une grande puissance militaire, nous avons de l’expérience, et nous connaissons les conséquences de ce genre d’évènements. »

Aengus se leva, et s’approcha d’une fenêtre pour contempler l’horizon, comme il aimait à le faire pour se relaxer. La vision de l’océan infini le détendait, surtout par ce temps. En moins d’une heure, le ciel gris et le brouillard avaient laissé place à un bleu éclatant, entrecoupé de légers altocumulus. De là-haut, si son œil le lui permettait, il aurait pu voir des navires encore à des dizaines de kilomètres de Port-Orient. Puis il se retourna, s’appuya sur le dur rebord de pierre et croisa les bras.

« -A vous entendre, Sire Maël, on croirait presque que Corneval est le seul espoir des Cimes pour qu’Albran accède au trône de Gallance, emportant les Castellane dans son ascension. Pour nous, la situation semble presque idyllique, sans le moindre problème… Seulement… Autant vous dire de face ce que vous savez déjà, comme tout homme d’influence sui se respecte dans ce royaume. Corneval est tourné vers la mer, et notre armée n’est pas la plus puissante. A l’opposé, les Cimes ont une longue tradition guerrière, et peuvent écraser n’importe quel ennemi sur la terme ferme. En revanche, en mer… Quarante-jours. Quarante-jour pour quoi ? Ecraser Amelin et le petit-fils de Lucien ? On parle ici de la conquête d’un pays, pas d’un simple comté. La question étant de plus, pensez-vous vraiment pouvoir vous battre sur deux fronts ? Amelin et Lucien se ligueront probablement contre vous, si vous venez à entrer en guerre, puis s’égorgeront entre eux. Ou alors comptez-vous marcher sur Verastre ? Le Régent ne vous laissera pas faire si facilement, et entre le palais royal et les Cimes se dresse la Marche de Verastre, avec la quasi-totalité de l’armée royale, sous les ordres du Régent, qui y est stationnée. Je doute que vous puissiez vous y opposer. Vous voulez notre flotte ? Je vous ferai simplement remarquer un petit détail. Des titres, allez-vous me répondre, des obligations qui n’ont plus lieu d’être sans un roi. Malgré tout, je reste Grand-Amiral de la flotte de Gallance. La flotte royale reste pour le moment sous les ordres du Régent, poar mon intermédiaire. Nous avons notre propre flotte, certes, mais j’aurais besoin de tous les vaisseaux actuellement sur les côtes de Corneval pour affronter le reste de la flotte stationnée à Verastre. »

Aengus fit une pose, avant de retourner s’asseoir dans son fauteuil. En face de lui, Maël d’Isiel écoutait à son tour, le visage impassible et vide de toute émotion susceptible de trahir ses pensées.

« -La question est donc… Que comptez-vous faire pour nous avoir à vos côtés ? Pour que j’accepte de déroger à mes devoirs de Grand-Amiral, au serment que j’ai fait ? Que pouvez-vous nous offrir, autre qu’un espoir de reconnaissance après une éventuelle victoire ? Car je suppose que si nous nous battons à vos côtés, nous devrons nous même engager notre ost. Et je crains fort qu’aucun prince ne puissance payer une armée de plusieurs dizaines de milliers d’hommes pendant plusieurs mois. Car quarante jours ? Cela ne se fera jamais. Verastre ne tombera pas en quarante jours, tout comme Amelin et ses alliées ne tomberont pas en quarante jours. En revanche, je peux le concevoir, le petit-fils de Lucien peut tomber en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. A vrai dire… »

Aengus se pencha en avant, comme pour accentuer ses propos.

« -Que Mordred nous propose-t-il ? Car vous venez ici, pour parler en son nom, mais aucune fois, je ne vous ais entendu proposer une offre concrète. Le genre d’offre que seul un prince de Gallance pourrait faire. »
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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Sam 5 Déc - 11:29
Note à Léthias:
 


Maël entendait les réponses d'Aengus, avec son sourire figé, ses mains sur ses genoux alors qu'il était confortablement assis dans un fauteuil de bois et de cuir.
Quel couard, c'était fou. Il partait dans des propos militaires, qui n'intéressaient pas Maël, avant de faire une grande envolée lyrique qui pouvait se résumer très simplement : Il voulait juste quelque chose en retour.
Le seigneur d'Isiel ne put s'empêcher de rire intérieurement. Ils étaient tous les mêmes. Même dans leur tour de granit et assis dans un coin avec la brise du vent, ils avaient exactement les mêmes propos que les chevaliers du nord. La seule différence c'est que le garde de Corneval utilisait plus de mots pour en arriver où il voulait en venir.

- Comme je vous l'ai dis, sire Aengus, je peux vous promettre un arbitrage royal dans l'affaire de la Lyrie, ce qui permettrait à votre petit-fils d'avoir un bien plus grand comté.
Vous savez, messires, vous n'avez pas besoin de devenir tout inquiet d'une décision du régent. Le régent est marié à la sœur de Mordred de Castellanne. Il n'osera jamais s'opposer à qui que ce soit.
Il n'y aura pas de « bataille de Verastre ». Il y aura une course pour Verastre. Une course qu'on peut gagner avec des bateaux.
Il nous suffit de mettre une centaine d'hommes dans la capitale pour gagner la partie, ne serais-ce que de manière symbolique.


Il avait raison, au fond, ce fou. La guerre allait arriver de toute manière. Maël s'était arrangé pour qu'elle arrive quoi qu'il advienne...

- De plus, n'oubliez pas que vous n'avez jamais fais de serment au régent. Vous avez fait un serment au Roi. Arrêtez donc d'avoir peur de commettre un parjure. Vous voudriez vous cacher dans votre port alors que le Roi est à feu et à sang ? C'est une occasion unique pour vous, une occasion à saisir si vous êtes assez ambitieux.
A moins, bien sûr, que vous ne vouliez rester neutre pendant la guerre, et attendre de voir qui est en train de gagner pour le rejoindre... Moi, cela ne me dérangerait pas, mais les Castellannes sont fiers, ils n'ont jamais apprécié l'aide de poltrons de la dernière heure.




Damien des Cimes avait donné la saloperie de palefroi qui se dandinait et donnait des coups de sabots alors qu'on l'amenait dans une cave. Ils étaient vraiment bizarres ces Mincor-Seruta, de mettre des chevaux sous la terre.
Mais bon, il avait accompli son « devoir ». Il accompagna le jeune blondinet en lui collant aux talons, avant de finalement ressortir du bâtiment.

Il aurait préféré donner le cheval à sa sœur, en personne. Il aurait pu lui dire que cela venait de son maître, Mordred de Castellanne, et lui présenter ses hommages. Dans ce scénario, Léthias se contenterait d'y faire un commentaire passager, pas sûr qu'elle soit très réceptive.

Pourtant il était pas méchant. Le fils du comte se mit à lui demander où il voulait aller pour visiter Port-Orient. Ce commentaire fit sourire Damien.

- Écoutez, messires... Dit-il de sa voix rocailleuse, si une fois que vous voulez me charmer, je vous dis que ça sert à rien. Je suis pas influent, et je suis pas riche, et je n'ai pas de titres.
Si vous voulez que je vous accompagne parce que vous allez vous promener voir des jupons, j'veux bien, mais espérez pas gagner quelque chose.

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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Sam 5 Déc - 23:57
Note pour Dole:
 

Quelque part près de l’enceinte extérieur du Palais.

Léthias et Damien se tenaient sur leurs chevaux, accompagnés de deux soldats en armure, qui faisaient office d’escorte. Face aux derniers propos du chevalier des Cimes, il s’arrêta, avant de le dévisager.

« -Les Cimes doivent vraiment être un endroit spécial, si la moindre offre que l’on vous fait est à vos yeux une tentative intéressée. »

Léthias fit tourner son cheval vers la ville qui s’étendait sous leurs yeux, et la désigna d’un large mouvement du bras.

« -Vous avez devant vous une des plus belles villes du mondes… A mes yeux en tout cas, mais aussi aux yeux de nombre de personnes. Alors je vous propose juste, le temps de vous faire patienter, de visiter cette ville. Vous voyez au loin, l’imposant bâtiment se dressant près de l’océan ? Il s’agit de l’académie maritime de Port-Orient, c’est là qu’on y forme nos meilleurs marins. Sans compter l’immense bibliothèque, les tous les savants étudiant le monde maritime s’y trouvant. Personne ne pourra mieux vous répondre qu’eux, quelle que soit la question que vous leur poserez. Et juste à côté, les ports. Surement parmi les plus grands de ce monde, à faire pâlir Verastre de jalousie. Les casernes et les forges, de l’autre côté, s’y trouvent nos meilleurs soldats et s’y fabriquent nos meilleurs armes. Peut-être aimeriez-vous  discuter avec certaines personnes là-bas… Vous voyez les tours dominant la ville non loin de nous ? Les fauconneries, abritant les meilleurs bêtes et les dresseurs les plus talentueux. Ma sœur doit d’ailleurs s’y trouver en ce moment. Les arènes, la cathédrale, les quartiers luxueux de la ville…. Port-Orient est tellement différente du Bosquet, n’avez-vous juste pas envie de visiter une telle cité ? »

Derrière eux, un palefrenier sortait un cheval visiblement agité. Le palefroi récemment arrivé des Cimes ne semblait pas encore trop supporter son nouvel environnement, et s’en alla au petit trop dans les larges étendues d’herbes, quand le palefrenier lâcha la bride.

« -Sur ce, sire Damien, pour une fois, ne pensez plus à la politique, et profitez du spectacle. A moins que vous souhaitiez attendre ici. »

Plus haut dans le palais.

« -La guerre, Sire Maël, la guerre ne change jamais. Je sais que vous-même ne croyez pas à une transition pacifique. Comment pourrait-ton penser un seul instant qu’Amelin vous laisserai arriver tranquillement à Verastre ? S’il n’était question que d’une course, cela ferait bien longtemps que vos hommes traverseraient le royaume, avec des chevaux au galop, pour rejoindre Verastre. Nul besoin des navires de Corneval pour cela. Quant à moi, j’ai fait le serment de servir le Royaume de Gallance et l’homme à sa tête, soit en ces heures sombres le Régent. Vous voulez les navires de Corneval plus que notre armée. Vous ne pouvez vaincre en mer, mais vous voulez pouvoir faire le siège de Verastre ou de toute autre ville côtière s’opposant à vous. Et pour ça, vous avez besoin de nous. Vous me proposez la Lyrie. Evidemment, c’est une proposition très intéressante, et à long terme très profitable pour nous, mais je serai tenté de vous répondre de ne pas faire des promesses que vous ne pourrez tenir. Parlons de ce que vous, les Cimes, pouvez faire. Voyez-vous… Les forêts d’Oultremerais possèdent d’immenses arbres, certains centenaires. On m’a récemment fait comprendre que certains de ces arbres seraient parfaits pour construire des bateaux plus grands et plus résistants que jamais. Pour cela, il nous faudrait également du fer, et il me semble que vos mines produisent du fer d’une pureté inégalée. Ces bateaux, à mes yeux, seraient parfaits pour rejoindre d’une traite les terres les plus éloignées de Port-Orient, même à l’autre bout du monde. Cela serait idéal pour accroitre l’influence de Corneval loin de nos côtes, tout comme pour le commerce. Voyez-vous, je pense qu’il serait temps pour Corneval d’installer des comptoirs à l’étranger : cela permettrait d’accroitre considérablement les revenus ainsi que la réputation de Corneval, et de faire de Port-Orient une place commerciale d’importance mondiale. Si le futur roi soutenait ce projet, il pourrait étendre son influence en des terres inexplorées… Tout le monde y gagnerait, ne croyez-vous pas ? N’aimeriez-vous-même pas pouvoir exporter vos produits à l’étranger ? Le commerce peut-être très profitable, et nous l’avons bien compris. Peut-être que la guerre nous affaiblira. Peut-être que nous perdrons nos navires. Mais avec l’aide du futur roi, nous nous relèverons plus vite et deviendront plus fort que jamais. Que pensez-vous de cela, Sire Maël ? »
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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Lun 7 Déc - 10:57
Damien regarda l'académie. Il savait à peine lire. Il regarda le port. Il avait le mal de mer et détestait le poisson. Il regarda les forges, mais il prenait la guerre et les armes comme un travail, pas comme quelque chose de merveilleux qu'il faille à tout prix visiter.

Devant les propositions de sire Léthias, il se demanda un moment si ce gamin savait vraiment ce que ça voulait dire, de visiter une ville. Il ne devait jamais être plus heureux que lorsqu'il faisait son jeûne et s'enfermait nu dans le noir pour dormir sur un lit de fer afin d'expier ses péchés.

Encore heureux que le gamin trouve sa ville la plus belle du monde. Au moins il n'aura pas à faire souffrir les autres de sa présence, ne serais-ce que pour visiter.

- Bien. Allons voir ces faucons, alors.





Maël restait perplexe devant les demandes du comte de Corneval. Elles étaient assez inédites. Au départ, il fut bien heureux de voir quelqu'un d'intelligent, et de méfiant à l'idée des promesses de ducs étrangers. C'était bien.
Sauf qu'il avait raison pour les mauvaises raisons. Il se mettait à partir dans des délires fous.

- Pardonnez-moi, mais, j'ai l'impression que si vous continuez ainsi je vais être obligé de vous appeler « Doge » Aengus.

Le seigneur d'Isiel prit un moment à se recomposer. Il ne savait vraiment pas comment réagir face à ce qu'on lui demandait. C'était tellement inédit.
Il prit une grande respiration et se lécha la lèvre supérieure avant de continuer. Il était comme troublé.

- Messires Aengus. Vous me semblez être encore piégé dans le souvenir de l'Empire du Caldéra. D'ailleurs je le vois puisque vous appelez votre garde personnelle « Garde Prétorienne ». Probablement que vous devez vous efforcer à rédiger les coutumes et à faire du droit souverain, et c'est très bien, mais qu'on se le dise franchement... Vous n'êtes pas à votre place.

Maël lui fit un petit sourire. Il lui parlait avec un ton condescendant, celui du maître à l'élève.

- Nous, nous ne sommes pas des clercs intelligents. Nous ne maîtrisons pas les livres et le savoir caldéreen. Nous sommes des chevaliers. Des seigneurs. Nous avons des tenures et des fiefs. Nous avons des vassaux et des sujets.
Vous me parlez de revenus. Mais voyons, depuis quand on parle de revenus ?
Ne savez-vous pas que la Foi déteste la richesse ? Ne savez-vous pas que l’Église lutte contre l'accumulation de l'or ? Et vous, vous me parlez de traités commerciaux, et d'aller gérer des comptoirs à l'étranger ?
Mais voyons, ça ne se fera jamais. Je ne peux même pas vous promettre cela puis vous trahir et ne jamais vous l'offrir, parce que, en réalité, par la force des choses, c'est impossible.
Sérieusement, sire Aengus... Un traité commercial ? Vous devez perdre la tête parce que vous avez une petite flotte personnelle, mais n'oubliez pas que la plupart des galères sont juste des navires réquisitionnés ou loués, tandis que ce sont des guildes et des artisans qui fabriquent les ouvrages navals.
Nous ce n'est pas notre place de faire ça. C'est aux Valentins et à leurs Républiques. Nous, nous sommes Gallancs, héritiers de la culture Gallanque et dignes fils de Calanthe. Alors, ce qu'on peut proposer pour une alliance, ce n'est nul traités. Ce sont des mariages et des cadeaux tels des armes ou des chevaux.


Maël leva sa jambe gauche pour la croiser sur sa jambe droite. Il prenait ainsi une pose légèrement efféminée, alors que ses yeux gris et froids continuaient de fixer les yeux du comte de Corneval.

- Bien. Maintenant que cela est au point, parlons en tant que gens raisonnables. Vos deux enfants sont célibataires. J'ai pu voir que votre fils était très beau, et j'imagine assez logiquement que votre fille l'est aussi. A présent qu'ils ont bien passé l'âge de la maturité, pourquoi n'avez-vous pas réfléchi à des propositions d'unions ?
Si cela peut vous intéresser, Arnault de Castellanne, fils de Mordred, recherche également une prétendante. C'est un agréable jeune homme qui serait bon envers votre fille.
Et puis, entre nous, même s'il est vrai que Arnault n'est que le second de la succession, sa prétention est bien plus soutenue par les seigneurs des Cimes... Gallard, le premier fils de Mordred, est un homme détestable et dont la seule fille est une enfant difforme telle une poupée de chiffon. Il ne régnera pas sur les Cimes, tandis que vous pourriez voir vos petits enfants avoir la couronne du Bosquet.

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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Lun 14 Déc - 0:36

Port-Orient.

Devant Léthias et Damien grandissaient les tours abritant les meilleurs maitres-fauconniers de Port-Orient, au fur et à mesure qu’ils s’en rapprochaient. Bientôt, on pouvait discerner les mouvements d’ailes des majestueux oiseaux qui tournaient plus ou moins haut dans le ciel. Non loin de là, sans crainte apparente, des bergers faisaient paître leurs troupeaux de brebis, sans que les aigles ne s’en approchent, signe de la maitrise totale que les fauconniers avaient. Le petit groupe de cavalier passa sous un porche, et se retrouver dans une large cour, ou travaillaient tanneurs et autres artisans du cuir, charpentiers, et tous les autres corps de métier nécessaires pour faire vivre hommes et bêtes. Léthias arrêta son cheval, posa un pied à terre, tandis qu’un homme s’approchait vers lui.

« -Sire Léthias, ne nous vous attendions pas ici.
-Ne vous en faîtes pas. Voici le chevalier Damien des Cimes, de la délégation du Duc de Cimes. Je profite de la journée pour faire un petit tour de Port-Orient.
-Sire Damien. C’est un honneur de vous voir ici.»

L’homme s’inclina respectueusement, et attrapa les deux chevaux pour les attacher. Léthias, pendant ce temps, guida le colosse un travers un second porche, qui débouchait sur une large étendue de verdure, parsemée d’arbre, de structures en bois. Au-dessus de leur tête volaient plusieurs oiseaux, silencieux ballet où chacun répondait aux ordres de son maitre au sol. Non loin des deux visiteurs, un cavalier avançait au pas, suivit par une cavalière. Cette dernière émit un sifflement strident, auquel répondit presque aussitôt le glatissement d’un oiseau dans le ciel, qui fondit sur le cavalier de tête. Ce dernier accéléra, détourna la tête pour observer l’aigle qui approchait à grande allure, et tendit le bras sur le côté.

« -Pas comme ça le bras ! Plus… »

La jeune femme n’eut pas le temps de finir sa phrase. Déjà, le rapace de plusieurs kilos posait violemment ses griffes sur le lourd gant de cuir, déséquilibrant le cavalier, qui manqua de tomber de sa monture. L’aigle, d’un battement d’aile, redécolla, et revint se poser le plus naturellement du monde sur le bras de la cavalière. Cette dernière, reconnaissant, Léthias, s’approcha de lui au trot. Se levant de sa selle, elle déposa l’oiseau à sa place, avant de mettre un pied à terre, et de poser à son tour son gantelet de cuir sur son cheval.

« -Léthias, que me vaut donc ta présence ici ? Tu souhaites reprendre l’entrainement ?
-Désolé, mais pas aujourd’hui. Un nouveau ?
-Lui ? Oui, rattraper un oiseau sur un cheval en mouvement, ce n’est pas la même chose qu’à l’arrêt.
-Merci de me le rappeler. Sire Damien, je vous présente Elliana Mincor-Seruta, ma sœur et surement la meilleure dresseuse d’aigles pourpres du Comté. Elliana, le chevalier Damien des Cimes, envoyé de Mordred de Castellane.

-Sire Damien. Je savais que mon père devait recevoir une délégation des Cimes aujourd’hui, mais malheureusement, je n’étais au palais pour vous rencontrer. Comment fut votre voyage ? »

Plus haut dans la ville, palais d’Aengus.

Le visage d’Aengus se ferma, et se redressa dans son fauteuil.

« -Sire Maël, je ne suis pas venu dans les Cimes ou tout autre territoire pour insulter ses traditions et son mode de vie, aussi vous conseillerais-je de ne pas venir à Corneval faire de même… Les Cimes sont une terre de guerriers, de fiers combattants ? Qu’il en soit ainsi. Cela bien longtemps que Corneval ne suit plus cette voie. Ah, et pour votre gouverne, je ne rédige pas les coutumes de Corneval. Personne ne le fait, seul le temps en écrit certaines dans la pierre comme il en balaye d’autres. Ceci étant dit… Le problème est donc pour vous l’argent ? Vous êtes-vous rendus déjà rendu dans l’Etat de l’Eglise ? Pensez-vous que l’Augure habite une simple demeure ? On trouve là-bas des palais plus somptueux qu’à Verastre, et surement des coffres plus lourds que ceux qui sortent des mines d’or du Royaume. Vous voulez des armes ? Très bien, alors laissez Corneval construire des navires de guerre, et nous régnerons en maitre sur tous les océans du globe. L’or, sire Maël, est à la base de tout pouvoir : du moindre achat, de la solde du moindre soldat, de la plus petite taxe…. Des taxes qui amassées, font vivre le royaume. Vous le disiez vous-même il y a quelques instants : vous avez besoin d’or pour vos troupes. Je connais mieux Corneval que vous, sire Maël. Si je descendais maintenant dans le port, et proposais aux marchands et armateurs les plus puissants de partir à la conquête du reste du monde, croyez bien qu’ils n’hésiteraient pas une seule seconde. Je vous accorde qu’il s’agit là d’une affaire de Valentins : les Républiques sont bien en avance sur nous dans ce domaine, et n’est pas pour autant que nous devons leur laisser ce privilège. Elles sont présentes partout dans le monde, sur toutes les mers, chaque jour des milliers d’écus transitent par leurs possessions, et vous voudriez laisser passer une telle opportunité ? Je ne vous parle pas d’un traité commercial, Sire Maël. Laissez-nous le commerce que vous semblez abhorrer. Aidez-nous juste à mettre cela en place, et par la suite, contentez-vous de rester dans les Cimes et regardez votre part du butin arriver. Si vous n’y voyez réellement aucun intérêt… Tant pis pour vous, Corneval fera ce qu’il doit faire. Dernière chose, Sire Maël, ne me reprochez pas de faire des propositions à vos yeux déplacées quand vous faîtes de même. Vous me reprochez de vouloir m’enrichir, d’enrichir Corneval et le Royaume, chose qui serait contraire aux principes de l’Eglise… Et quelques instants plus tard, vous me proposez un mariage arrangé, alors même que l’Eglise affirme que le mariage doit être une affaire d’amour pure, ne trouvez-vous pas cela légèrement ironique ? Vous vous servez des principes de l’Eglise uniquement quand cela vous arrange ; tout le monde le fait. Je pourrais vous répondre que c’est à mes enfants de choisir la personne qui partagera le reste de leur vie, que je n’ai pas à leur imposer mes choix à des fins purement politiques, je ne ferai que me plier aux recommandations de l’Eglise. Embêtant, n’est-ce pas ? Alors arrêtons de nous appuyer sur des règles qui au final, ne sont pas celles qui régissent le monde. Vous voulez des contreparties plus traditionnelles pour une alliance ? Je vous ai demandé du bois, du fer et de l’or, en quoi cela change-t-il de ce qui peut se faire ? Ce que Corneval fait par la suite de tout cela ne vous concerne pas forcément. Cela est au point, comme vous dîtes. Nous pouvons nous retrancher derrière des lois qui ne s’appliquent pas, ou bien remettre les choses à plat. A vous de voir, Sire Maël. »
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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Lun 21 Déc - 16:47
Damien des Cimes, le petit chevalier, mis pied à terre et resta un moment derrière Léthias, mains dans le dos, épaules courbées, son visage atroce encore caché par son heaume qui ne laissait entrevoir que ses doux yeux bleus, la seule chose qui paraissait innocente chez lui.
Il laissa le frère et la sœur discuter, avec un sourire caché par son masque d'acier. La jeune femme était en effet très belle ; une beauté chaste et gracieuse, pas celle luxuriante d'une catin qui donnait la trique. C'était le genre de femme pour laquelle des chevaliers avaient envie de se taper sur la gueule lors d'une joute, et de se mettre à genou et de chanter de beaux poèmes courtois. Le genre de femme qui rendait les hommes meilleurs, et bons.
Du moins jusqu'à ce que ces chevaliers partent en guerre, et deviennent des soudards qui mettaient leurs triques dans toutes les chattes moisies qui écartaient leurs cuisses pour quelques deniers.

Lorsque la jeune fille lui parla, Damien s'approcha, se mettant aux côtés de Léthias. Il retira son heaume qu'il mit sous son bras, dévoilant alors sa face brûlée et écrasée. Il courba rapidement le corps avant de lui faire face, ses yeux directement dans les siens.

- Mon voyage fut très mauvais, ma dame. Mais je n'ai pas pour habitude de me plaindre. Je ne suis point un « envoyé de Mordred Castellanne », plus quelque chose comme son chien, n'ayez donc pas crainte pour mon confort.

Il tenta de faire un sourire, mais il parut si grotesque qu'il décida de s'arrêter.

- Très beaux les piafs. Vous partez souvent à la chasse avec ? Ça doit être facile d'attraper les lapins avec ces choses là.

Oui, la chasse au faucon, c'était le sport préféré des nobles, aux temps du printemps. Les paysans eux ne supportaient pas ça, parce que les cavaliers détruisaient tout sur leur passage, surtout que la fauconnerie arrivait juste avant les récoltes.
Mais bon, qui se souciait de ce que les sales gueux pensaient ?

- Mais bon, un oiseau c'est marrant mais ça ne remplacera jamais l’œil d'un clebs... En fait, je serai même prêt à le parier.
Qu'est-ce que vous en dites, messires ? Je sais pas si vous avez le temps, mais p'têt qu'on pourrait partir faire une rapide sortie, histoire de traquer quelques gibiers. On verrait si c'est les chiens ou les rapaces qui sont les plus efficaces.





Le pauvre Aengus n'avait rien compris aux propos de Maël. Au lieu de lire entre les lignes de ce que l'intendant essayait de dire, il était parti dans une longue tirade quasi-hérétique contre l'Eglise et persuadé de ses ambitions.
En fait, ce que Maël essayait simplement de lui faire comprendre, c'est que jamais de toute sa vie il n'aurait de comptoirs internationaux, et que le seul moyen pour qu'il ait du soutien, c'est de s'allier aux autres familles nobles. Et bien sûr, le seul moyen de forger des alliances sûres, c'est d'utiliser les liens du mariage.

Mais bon, quand quelqu'un a une idée en tête, il ne faut surtout pas lui en décourager. Après tout, ce n'était pas sa place.

- Bien sûr, messires, bien sûr...

Maël se contenta de forcer un sourire, le genre de sourire qu'une jeune femme force lorsqu'un soudard de noble tente de la courtiser en la complimentant sur sa poitrine.

- Mais bref. Comme je vous l'ai dis, il est bien trop tôt et hasardeux de promettre quelconques échanges de ressources. Après tout, vous vous inquiétez bien de promesses que je ne peut tenir, alors je vous propose des unions, qui sont un moyen tout simple de garder une influence sur les autres familles.
Alors, vos jeunes enfants sont-ils prêts à se marier ? Voilà tout ce que je demande.

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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Mer 13 Jan - 19:17

Quartiers des fauconniers de Port-Orient.

« -Partant du principe que vous êtes arrivés avec le navire des Cimes, Sire Damien, vous êtes à mes yeux un envoyé des Cimes, peu importe le rang que vous vous donnez. C’est une règle à laquelle nul ne dérogera en Corneval. »

Sur la selle du cheval, le rapace attendait ailes repliées, et tourna la tête vers le cavalier qu’il avait manqué de désarçonner un peu plus tôt, ce dernier s’approchant.

« -Dame Elliana ?
-Oui ?
-Que fait-on maintenant ?
-Nous reprendrons plus tard. Ramenez-le à la tour, et donnez-lui un peu de viande.
-Bien, ma dame. »

Le cavalier se pencha sur le côté de sa monture, et tendit le bras vers l’oiseau, qui presque instinctivement, fit un petit bond sur le gant de cuir. Le jeune homme n’eut cette fois pas de mal à le rattraper, et se dirigea au trot vers les hautes tours abritant les aigles pourpres.

« -Pour en revenir aux aigles pourpres… Ils servent pour bien des choses. La chasse en est une. Ils sont plus rapides que n’importe quel chien, cavalier au galop, bateau filant sur l’océan, ou même que tout autre oiseau dans le ciel. Ils peuvent planer des heures sans se fatiguer, juste pour tourner autour d’une proie. Et comme vous avez pu le voir, si un aigle vous fonce dessus, cela peut faire très mal. Leurs serres, en plus d’être tranchantes, peuvent serrer extrêmement fort. Sans compter qu’ils peuvent transporter des proies qui pèsent légèrement plus lourdes qu’eux, sur de faibles distances bien sûr. »

La jeune femme eut un petit rire et attrapa la bride de son cheval, avant de diriger vers les écuries tout en discutant.

« -Et sans vouloir vous vexer, Sire Damien, l’œil d’un aigle est bien supérieur à celui d’un chien. Si un aigle planait au-dessus de nous, il pourrait facilement repérer un lapin dans une plain de l’autre côté de la ville. Rien n’égale sa vue perçante. Alors pour chasser dans les grandes plaines, c’est parfait. Néanmoins, il faut admettre que dans des forêts denses, un chien sera beaucoup plus adapté. Ce n’est pas un rapace qui pourra fondre sous les arbres comme un chien se faufile entre les troncs. Et n’espérez pas non plus chasser l’animal pour sa fourrure… Avec ses serres, il n’en restera plus grand-chose de présentable.
-Si cela vous plait, sire Damien, je pense que ma sœur sera enchantée de pouvoir vous montrer de quoi ils sont capables. Quant à vous, je ne sais point si vous avez des chiens de chasse avec vous… Sinon, les gardes de la ville sont très fiers de leurs bêtes, je vais parfois chasser avec eux, quand ma sœur y va avec ses oiseaux… »

Derrière eux, le palais des Mincor-Seruta dominait la ville. Quelque part dans l’une des tours, Aengus et Maël d’Isière devaient négocier, et surement qu’aucun des deux ne voulait faire la moindre concession. Mais pour le moment, loin du calme des quartiers du Comte, c’était dans l’agitation de Port-Orient que ce qui était valait la peine d’être suivit avait lieu.
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MessageSujet: Re: Le Vent en Poupe Mer 20 Jan - 12:47
Damien aimait bien les chiens. Il les avaient toujours aimés. C'était peut-être parce qu'il se considérait un peu comme l'un d'eux, le chien de Mordred. Ils avaient une réputation pour être vicieux et violents, mais au moins, c'était une bête loyale.

- Ouais, j'ai des chiens dans mon navire. Ils sont censés être un cadeau pour votre père.
En revanche, on a dû les endormir pendant le voyage. Je vais les réveiller, mais ce que je veux dire par là, c'est que vous leur en voudrez pas s'ils sont pas en forme, hein...


Il sourit aux deux jeunes gens. Il les appréciait bien, même s'ils n'avaient pas l'air très malin et assez prout-prout. Mais bon, plus on allait vers le sud, plus les nobles ressemblaient à ça.

- Moi et vous, Léthias, on pourrait partir chasser à la cour pendant que votre sœur joue avec ses aigles. Dame Elliana, je suis prêt à parier ce que vous voulez qu'on arrivera qu'on parviendra à capturer une bête plus belle que vous.
Je vais aller chercher mes clebs, pourriez-vous demander à un écuyer de me préparer un cheval en attendant ?


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