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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Jeu 26 Nov - 16:47
Le bourgmestre continua la conversation.

« Vous pensez qu'il pourrait y avoir une guerre ?
Les Thaals pourraient vouloir mettre Amelin sur le trône par la force, ils sont sans honneur !
- Henri,
intervena Diane vous parlez de la famille de ma mère.
- Oh euh... ce n'est pas ce que je voulais dire madame, je voulais dire que le Duc Lambert votre oncle, n'est pas, selon moi, quelqu'un de confiance...
- Taisez vous. »
lui ordonna finalement la Comtesse en secouant la tête de dépit.

La Baron George de Rance reprit.

« Je ne manquais pas de respect à notre Roi Seigneur Gallard, je l'ai toujours soutenu et je le soutiendrais toujours, même quand la maladie l'emportera. Je fus l'un de ses plus importants soutiens lors de la guerre contre l'Oultreterre, alors ne me parlais pas de manque de respect s'il vous plait. »

Un blanc s'installa, ce qui mit mal à l'aise tout le monde. En vérité George de Rance se donnait un peu trop d'importance, le Roi Lucien VI s'il connaissait peu être son visage ne se rappelait sûrement de son nom, tant le Baron faisait parti des figurants durant la guerre.
L'évêque tenta briser le silence qui devenait lourd.

« Vous pensez Seigneur Gallard, que Mordred votre père serait capable de plonger le royaume dans la guerre pour soutenir le jeune Albran contre son frère ?
- Ça me paraît absurde,
commenta un noble sans nom, nous plonger dans la guerre civile juste pour deux enfants, je m'y refuserais. »
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Jeu 26 Nov - 19:53
Ces imbéciles de nobles ennuyaient Gallard. Il avait du mal à imaginer qu'on puisse tenir ce genre de propos entre hommes de qualité. Il n'était pas un habitué des discussions avec d'autres seigneurs, aussi, il ne pensait pas qu'on racontait ce genre de choses.
Même Diane voyait son linéage insulté par ces félons.

- Mordred fera ce qu'il juge bon et juste. Je n'ai pas la prétention de savoir ses plans, et sachez bien que même si je le savais, je n'irai pas vous le raconter.
Un homme de Dieu comme vous devrait se contenter de prier et de laisser la politique aux gens doués pour cela.
Et puisque vous devez priez, alors, priez pour la paix. Et n'essayez pas de jeter de l'huile sur le feu en demandant à un fils les complots présumés de son père.


Gallard se leva immédiatement, sa chaise raclant le beau tapis. Il se préparait à partir immédiatement quand ce fut un homme qui rentra dans la pièce. Un sergent de la Lyrie, portant un haubert et une épée courte à la taille. Il entra, courba son dos, et parla d'une voix calme et aiguë.

- Pardonnez-moi, messires.
Les hommes que vous avez envoyé instigué dans les villages alentour pensent suivre une piste. Le prélat du monastère de Dalmon a raconté des choses étranges. Il nous a parlé d'un prêtre de son évêché qui mentirait aux paroissiens. Un village entier, censé garder une mine de sel, a disparu. Mais nous pensons savoir vers où ils sont allés. Nous pouvons les traquer.


Gallard posa sa main sur la garde de son épée.

- Bien. Diane, ma chère cousine, je suis désolé de vous laisser, mais le devoir m'appelle. Passez le bonjour à votre père de ma part, quoi qu'il advienne entre vous.
Messires. Bonne continuation.  


Il quitta la salle à manger. Tout de suite après être sorti, Robert vint le voir. Il lui fit un petit signe de tête avant de retourner dans la cour, tandis que son écuyer préparait son cheval.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Ven 27 Nov - 11:06
Gallard quitta précipitamment la grande salle, sans rien avoir touché au repas.

« Quel curieux personnage que votre cousin madame la Comtesse.
- Il n'a même pas touché à son assiette, le repas n'était peut pas assez calanthéens pour lui.
- Hey pas moi j'ai faim, donné la moi son assiette ! »


Diane ne commenta pas les remarques des nobles de la table. Gallard était un personnage atypique qui se fondait mal dans le décor d'un repas entre nobles.
L'évêque Michel quitta lui aussi la table, peu après le Prince des Cimes, inquiété par ce qu'avait rapporté le soldat. Si un prêtre prônait l'hérésie ça le concernait au plus haut point.

A l'extérieur, Robert et Gallard se retrouvaient à nouveau sur leurs chevaux.

« Je te l'avais dit Gallard, rien ne nous échappe. Ton Baudouin et sa troupe on été repérés dans les marais salants. La piste a conduit mes hommes jusqu'à un petit village sans nom près d'une mine.
Ils n'ont trouvé personne, mais ton voleur est certainement lié à un prêtre hérétique.
Peut être a t-il lui aussi embrassé l'hérésie et qu'il veut donner la relique à sa nouvelle église. »


Robert fit un signe et tous se mirent au galop, traversant Dalmon jusqu'à ses portes, puis parcourant les marécages d'épaulines pendant deux heurs jusqu'à atteindre le village abandonné.
Quand leur avait annoncé les éclaireurs, celui si était vide.
Pas de trace de combat, ou de précipitation, ses habitants semblaient juste l'avoir quitté pour migrer ailleurs, avec leurs affaires et leurs bêtes.

« Tout cela est bien étrange, » commenta seulement Robert.
10 hommes l'accompagnaient, plus les 5 compagnons de Gallard.

« Fouillez chaque maisons. »


Robert ne disait pas ça pour obtenir une quelconque information, il espérait seulement trouver quelques richesses laissées par les anciens occupants.
Les hommes du Maréchal s'en donnèrent à cœur joie en détruisant ce qu'il restait des maisons. Mais sans les cries des femmes et des enfants, c'était beaucoup moins amusant.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Ven 27 Nov - 12:37
Personne. Pas un seul semblant d'être humain. Gallard observait en silence les hommes qui s'amusaient à aller fouiller les affaires des paysans qui étaient là. Ils ne trouveraient sûrement pas d'or, mais sûrement des habits, ou des bibelots à vendre pour un sou au marché.

Pendant longtemps, le marquis se demandait ce qui pouvait pousser des gens à risquer leur vie pour une quelconque hérésie. Lorsqu'il avait étudié l'Histoire de Gallance, il avait mis des années à se questionner sur la nature humaine, à se demander comment Gilles de Sainte-Croix avait été capable de lever une armée faite de toutes les classes sociales de Gallance, de prêtres, de bourgeois, de chevaliers et de paysans, pour usurper la couronne et repousser toutes les invasions étrangères.
En réalité ce n'était pas une énigme. La religion orthodoxe était tellement corrompue, les nobles étaient tellement oppressifs, qu'il était logique, en plein désespoir, d'être attiré par les plus viles hérésies. En voyant ces hommes défoncer des portes, retourner les lits, casser les étagères et briser les vitres, en observant Robert, fils de prêtre, il compris, comme il l'avait fait depuis longtemps, pourquoi les gens se tournaient vers d'autres cultes.

Gallard, toujours à cheval, s'approcha vers le centre du village. En passant, il vit son sergent, Odo, en train d'observer, l'air circonspect, un trou dans le sol. Celui-ci utilisait un bout de bois pour toucher le fond du trou.

- Odo. A quoi jouez-vous ?

- Sire. C'était sympa à Dalmon ?

Odo afficha un sourire sincère et leva les yeux. Le marquis ne lui répondit pas.

- Ceci est un fourneau, messires. Pour faire fusionner le fer.
- Je sais.
- Il est encore chaud.

Gallard se retourna lorsqu'il entendu des cris. Les hommes du bâtard avaient trouvé des bijoux cassés jetés par terre.

- Vous savez le truc qui me gênes ? J'ai regardé partout, j'ai pas trouvé la trace du moindre outil. Pas un marteau, pas une hache, pas une seule faucille.
Vous voulez mon avis ? C'est pas quinze hommes armés qu'on cherche maintenant. Ça doit être une centaine de types armés.

- Merci pour vos observations, Odo. Continuez votre travail.

Gallard se dirigea vers l'église du village. Fort heureusement, les hommes du bâtard étaient encore occupés à piller le reste des maisons pour s'occuper de ce bâtiment qui était sur la place centrale.

L'église, vu de l'extérieur, était sale. C'était un édifice de pierres, lugubre, avec des traces sur les murs, de saleté et de pluie. Le clocher était minuscule, a peine plus haut que le toit, et des tuiles en avaient été détachées, sûrement par les vents.
Lancel, qui collait aux sabots du marquis, attrapa les rênes de son maître tandis que celui-ci descendit de sa selle, et fit un petit signe de main pour demander à l'écuyer de l'attendre.

Gallard s'arrêta devant la grande porte en bois. Il eut du mal à la pousser tant elle fut lourde.
Il entra dans la nef. Il y avait des bancs où se tenaient les fidèles, bancs qui étaient mal taillés et parsemés de petites piques qui devaient faire des échardes si l'ont posait son séant. La lumière passait à travers des vitraux en plomb et une fenêtre légèrement brisée.

C'est ainsi qu'il marchait tout droit, traversant l'étroit transept qui découpait l'église, jusqu'à la marche qui menait vers le cœur, là où se tenait le prêtre pour officier.
Il y avait un bloc. En pierre, brut, qui n'était pas recouvert d'un drap de soie. Dessus trônait une croix, en or, sans bijoux. Elle avait été laissée là, aux yeux de tous, comme si elle gardait encore l'église. Gallard l'observa un petit moment, avant de la laisser où elle était. Cette croix devait être la seule vraie possession de l'église. Tout autour paraissait pauvre, froid, primitif. Seule cette minuscule croix brillait dans l'obscurité relative, le soleil tapant sur l'ouvrage.
Le marquis remarqua qu'il n'y avait pas de gobelet pour faire boire le vin de la messe. Il se rappelait que l'Inquisition avait pris des témoignages, et que les hérétiques rejetaient le rite de l'eucharistie.
Il se rappelait aussi que les hérétiques ne croyaient pas aux reliques. Aussi, il était étrange qu'ils prennent une épée qui était justement considérée comme une relique.

Gallard sentait que cette église avait tout d'une église orthodoxe. Elle était construite en forme de croix, elle avait une nef et une transept, un confessionnal et une chapelle. Mais le prêtre ne vivait pas ici. Et il ne devait sûrement pas faire une office normale. Il chercha, un peu partout, pour des livres ou des bibelots, mais il ne trouva strictement rien. Rien à part cette croix d'or.

Robert avait fini sa tournée. Il entra dans l'église.

- Robert, dit le marquis, sa voix résonnant dans la pièce. Ils sont partis. Est-ce que tu connais l'Histoire de la Lyrie ? Est-ce qu'il y aurait un lieu, important pour la religion ? Là où il y aurait eut une bataille calanthéenne, ou bien un rite, un événement ?
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Ven 27 Nov - 13:15
Robert s'approcha sans répondre, prenant une attitude solennelle. Le fait d'entrée dans une église, même aussi délabré, avait le pouvoir de canaliser ses ardeurs.
Il se mit devant l'autel et se signa, avant de prendre le crucifix d'or qui était posé dessus.
Il l'observa attentivement avant de se tourner vers Gallard.

« Au moins nous ne sommes pas venu pour rien.
Tu penses qu'ils ont pu se réunir dans un lieu sacré ? Hum... non je ne vois pas, je suis Maréchal pas un érudit et je t'avouerai ne pas avoir été toujours très assidu aux leçons de mon précepteur.
- Moi je sais où ils ont pu aller. »

La voix étrangère résonna dans l'église vide. Gallard et Robert se retournèrent d'un coup, prêt à tirer leur épée de leurs fourreaux. Mais la tension retomba lorsqu'ils virent dans l'encadrement de la grande porte un petit gros aux yeux globuleux.
C'était l'évêque Michel qui les avait rejoint, inquiet pour les rumeurs d'hérésie qui touché son diocèse.

« La colline du Crieur, non loin d'ici. En 956, après la reprise du royaume par Godefroid II, l'Inquisition a fait brûler des centaines d'hérétiques au sommet de cette colline.
Toutes les victimes étaient originaires de ce village et c'est seulement plusieurs années après qu'on apprit que seule une petite dizaine d'entre eux avaient réellement embrassé l'hérésie.
Si vos hérétiques, s'ils en sont, sont partis quelque part c'est certainement là bas.
C'est un triste endroit, qui semble encore marqué par les cries des innocents jetés aux flammes... »


Robert mit discrètement la croix d'or dans sa besace.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Ven 27 Nov - 17:55
Gallard fit un signe à l'évêque.

- C'est une piste. Je vous remercie mon père.
Ne vous inquiétez pas. Je m'occuperais de ces hérétiques.


Il se retourna vers Robert, et vit que la croix, a côté de lui, avait dis parue. Ce n'était vraiment pas très compliqué de voir qu'elle s'était volatilisée.
Mais il n'était pas sur ses terres. Il n'avait pas à juger la conduite des autres.

- Robert. J'aimerai que vous retourniez à Dalmon et que vous demandiez à votre sœur et à vos nobles de lever quelques soldats. J'aimerai aussi prendre vos hommes pour partir en éclaireur.
Il se pourrait bien qu'une hérésie soit en train de se former et j'aimerai qu'elle se termine alors qu'elle n'est qu'au stade d'embryon.



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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Ven 27 Nov - 18:07
Robert fût surprit des paroles de Gallard. Le marquis avait-il oublié qu'il ne se trouvait pas sur ses terres ? Voilà qu'il commençait à donner des ordres à et demander l'ost d'Epauline.
Le Maréchal s'en amusa.

« Laissez nous gérer cette histoire d'hérésie Gallard, vous êtes ici pour récupérer votre relique et c'est ce que vous allez faire.
Nous ne savons pas encore en quoi consiste cette déviance, peut être n'est-elle pas si dangereuse.
Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas quelques paysans qui nous poseront problème. »


L'évêque s'approcha des deux chevaliers.

« Ne prenait pas à la légère les hérétiques, c'est ce qu'à fait Lucien III à l'époque. Et...
- Vous parlez d'un temps révolu vieillard, vous voyez vraiment les habitants de ce village prendre le trône du Comté ? Ils ne sont même pas assez nombreux pour faire le siège de mon manoir à Lyrie.
Allons d'abord voir cette colline si on y trouve les paysans. Si ils y sont avec ce Baudouin et votre relique, et que la situation n'est pas à notre avantage, j'enverrai un messager réclamer des renforts.
Mais à notre vingtaine, avec l'effet de surprise, nos chevaux et nos armes, je pense qu'on peut venir à bout de ces cul-terreux. »


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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Ven 27 Nov - 20:19
L'évêque semblait être un homme raisonnable, même si un peu poltron. Mais il n'y avait pas vraiment de moyen de convaincre Robert.
De toute façon, Gallard ne lui avait proposé ça que pour l'éloigner. Il se méfiait énormément de son enflure de cousin.

Avec un peu de chance, les hérétiques le tueraient.

- Très bien, Robert. Allons-y alors. Vos hommes ont assez braconné.

Ils étaient de retour à cheval. Gallard n'avait pas arrêté depuis maintenant plusieurs jours. Il avait d'épaisses cernes sur ses yeux et tremblait légèrement de froid, même s'il ne semblait pas être gêné par le manque de sommeil.

Les cavaliers se mirent en route vers la colline du Crieur. Une marche longue et compliquée, à travers les marécages et les petits bois. Et tout le long, ils furent constamment ralentis. A un moment, l'un des chevaux, épuisé par la semaine de courses, s'écrasa raide mort. Il fallut lui trouver une autre bête pour la lui remplacer, et puis on en profita pour faire un peu plus reposer les destriers. Temps que mirent à profit les hommes du bâtard pour aller baiser en tournante une petite villageoise de 14 ans qui passait par là.
Et puis ils se perdirent, également. Il n'y avait aucune carte, les pontons étaient endommagés par les pluies de printemps et n'avaient pas été réparés.

Le soleil était en train de se coucher, plongeant l'Epauline dans une lumière bleue et sombre lors qu’enfin ils aperçurent le mont devant eux.
Le bâtard allait s'approcher, lorsqu'ils virent de la fumée en échapper. Il aurait été stupide d'attaquer à vingt contre un terrain en pente. Sur les conseils de Gallard, ils descendirent de cheval, et quelques hommes s'approchèrent sous le couvert de l'obscurité, pour aller voir ce qui se passait.


*****


Spoiler:
 

Au milieu du marécage, sur la petite île, là où il y a plusieurs décennies les chiens de l'Augure ont commis un crime de masse, tuant des innocents, y compris ceux encore baptisés par les évêques corrompus, deux à trois cent personnes étaient réunies.

Il y avait parmi cette foule les villageois disparus. Mais pas que. Il y avait aussi des hommes d'autres contrées, pauvres ou riches. Il y avait des chevaliers, la plupart rentrés de croisade. Il y avait des gens de la Lyrie, des Cimes, de Frissonie, et même du sud. Il y avait des gens malades ou haineux, dégoûtés par comment le Royaume de Gallance était devenu corrompu depuis la mort de Lucien le Pieux, de comment des petits seigneurs se battaient et versaient du sang pour quelques misérables terres, de comment des prélats censés prêcher la parole de Calanthe baisaient des putes et acceptaient des pots-de-vins.

Au milieu de l'île, un chêne millénaire était en train de brûler. Autour, des hommes et des femmes, en armes, étaient agenouillés, leurs poings liés. Une femme blonde, comme Calanthe, vêtue d'une longue robe blanche immaculée, portait un grand livre paré de dorures alors qu'elle passait autour d'eux, un à un.

Les hommes agenouillés répétaient des prières tirées des évangiles des enfants de Calanthe. Ils semblaient dans un état de transe, les yeux fermés, de larges gouttes de sueur leur échappant du front et des pores.

La femme passa l'un à un devant eux, posa le livre sur leur tête, et leur fit jurer plusieurs choses. Elle leur fit jurer de vivre une vie chaste, sans jamais s'approcher de la chair. Une vie tempérée, sans jamais succomber à la gourmandise en tuant des animaux pour leur viande. De ne jamais insulter, de ne jamais mentir, de ne jamais tuer un homme si ce n'est pour une cause juste. De toujours être huble, et charitable, et surtout : Diligent. Elle leur fit jurer de ne jamais arrêter de travailler et de combattre pour faire triompher la morale divine.

- Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout ce que l'Homme a pu faire, il le tient de Dieu, et sans lui rien n'aurait jamais pu être fait. En lui était la lumière, et la lumière était la vie des hommes, d'être libre, de ne jamais être astreint en servage comme l'Homme l'a été avant Dieu.
Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
Il y eut une femme, envoyée de Dieu. Son nom était Sybelle.
Celle-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par elle.
Non que celle-ci fût la lumière, mais elle devait annoncer la venue de la lumière contre les ténèbres.
La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout Homme, venait dans le monde.
Il était dans le monde, et le monde grâce à lui a pu être fait, et le monde ne l'a pas connu. Car enchaîné il fut, par les idoles qui ne voulaient point voir l'Homme libre et fort.
La lumière vint chez Sybelle, mais les siens ne la reçurent pas. Mais quand elle donna la lumière à ceux qui l'acceptèrent, elle leur donna le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,
Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'Homme, mais de Dieu sont nés.
Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu'un fils ou une fille tient unique de son Père ; tout plein de grâce et de vérité.
Sybelle lui rend témoignage, et s'écrie en ces termes : « Voici celui dont je disais : Celui qui vint après moi, est passé devant moi, parce qu'il était avant moi ».
Et c'est de sa plénitude, que nous avons tous reçu grâce sur grâce. Parce que la loi a été donnée par Sybelle, la grâce et la vérité sont venues par Calanthe.



Tous les hommes répétèrent cette dernière phrase, en unisson, en un chœur puissant.

- Dieu, donne nous la lumière ! Et pour toi nous repousserons les ténèbres !


La femme ferma son livre, et le donna à un homme qui s'approchait. C'était le curé du village, celui qui avait réussi à convaincre ses fidèles de le suivre.
Rien de plus qu'un autre troupeau de fidèle en Gallance. Car il y en avait d'autres, des communautés comme celle-ci. Minuscules, éloignées des seigneurs, ils pratiquaient dans les bas-fonds des cités, dans les égouts, dans les forêts, bien loin des seigneurs qui passaient leur temps à se goinfrer ou à partir en guerre.

- Il est dit dans l'évangile que nous devons pratiquer la paix, et que nous devons aimer.
Mais Gilles de Sainte-Croix nous a également appris que lorsque les bonnes gens sont menacées, lorsque les innocents opprimés, il est de notre devoir d'agir contre les ouvrages diaboliques de Pandore, qui corrompt tous ceux qui touchent au pouvoir.
Du Roi sont nés deux jumeaux. Tout homme est né par la volonté de Dieu, mais ceux-là sont nés par la volonté du Diable déguisé en Dieu. C'est une épreuve. Un moyen de faire couler le sang et de répandre la guerre et la misère. Une punition pour nos pêchés.
Mais ne désespérez pas. Car il est de notre devoir de lutter contre ça, et nous mêmes lutterons contre ce fléau.


Elle s'approcha d'un des hommes parmi la foule. Un homme à l'allure sévère, racée, la peau bronzée d'un homme qui revenait du Caldéra.

- Nathaniel de Sainte-Croix. Accompli ta destinée.

L'homme resta fixe un moment. Il observait le chêne en feu. Il semblait terrifié, hésitant.
Mais il ne pouvait se tromper. Il avait entendu la parole de Gilles, il savait qu'un homme devait purger la Gallance du cancer qui le gangrenait, de ces grandes maisons qui injectaient leur venin dans le Royaume.

Il s'approcha, d'un pas décidé. Il s'approcha du chêne, dans lequel était planté bien profond l'épée Sainte du martyr du Calvaire. Alors qu'il la tira du chêne, jetant des projectiles d'écorce en flamme, l'épée s'embrasa. Des éclairs de feu parcouraient l'acier et commencèrent à enflammer le gant qu'il portait. Nathaniel ne put faire qu'un pas, sous les cris de joies de la foule, avant d'être obligé de planter l'épée dans le sol.

- Dieu donne-moi la lumière ! Et je le jure : Je chasserais les ténèbres !

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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 30 Nov - 7:18
Les villageois étaient tous là, une bonne centaine, plus d'autres.
Robert et Gallard s'étaient allongés assez près pour écouter discrètement le discours fanatique de la femme en blanc.
Robert aurait pu rire à gorge déployée, mais il se contenta d'un sourire avant de chuchoter à son cousin :

« Laissez moi régler ça Gallard, je sais comment gérer ce genre de fous. »

Le Maréchal du Comté se leva et réajusta la ceinture qui tenait son épée.

« N'intervenez pas. Sauf si ma tête n'est plus sur mes épaules évidemment... »

Puis Robert quitta ses compagnons pour monter au sommet de la colline, rejoindre les hérétiques.
La femme blonde avait reprit son discours, écoutée par tous dans un silence de mort.
Mais la prêtresse fût déranger par des applaudissement en plein milieu de son plaidoyer, l'obligeant à se taire.

« Bravo ! Oui, bravo ! »

La foule se tourna vers l'homme qui dérangeait leur réunion, créant une clairière au sein de la forêt d'hommes, entourant Robert.

« C'est Robert le Bâtard ! Emparez vous de lui ! » cria un chevalier.
« Non attendez,ordonna la prêtresse, que veux tu Maréchal ? Es tu la pour nous arrêter ou pour te soumettre à la volonté du divin et t'opposer à la masse corrompu de ses soi-disant fidèles ? »

Le Maréchal n'avait pas perdu son sourire.

« Mesdames et messieurs. Je ne suis pas là pour vous arrêter. Je suis là en tant qu'arbitre. Je suis l'envoyé du Seigneur pour vous prouver à tous l'imposture de cette femme. »

Une folle rumeur s'éleva de la folle, tous choqué par les propos du Maréchal. Le prêtresse resta de marbre et calma par un simple geste de la main ses fidèles.

« Et comment comptes tu t'y prendre Maréchal ? Veux tu me jeter dans l'eau lestée de pierre comme le fait ton inquisition avec les jeunes filles innocente accusées de sorcellerie ?
- Oh non, je n'ai jamais trouvé cela très juste. Je vous propose un duel. Moi contre votre champion, Nathanaël de Sainte-Croix. Un combat à mort entre lui et moi, qui déterminera qui de nous deux le Seigneur soutient.
Si je gagne, cela prouvera que votre prêtresse n'a pas les faveurs de Dieu, et que celui ci soutient l'orthodoxie que je représente. »


La femme semblait hésiter.

« Qu'avait vous à perdre ? Si je suis dans l'erreur, votre champion me tuera.
- Prouvons lui la justice divine ! Dieu est avec nous ! »
cria un fidèle, suivit des hurlements de la foule.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 30 Nov - 22:17
Nathaniel de Sainte-Croix rattrapa son épée, l'épée sainte, et la planta dans le sol, posa ses mains sur la garde. Il se prépara à son duel, prouvant sa valeur guerrière sous les cris de hargne et de vindicte des pouilleux fanatiques.
Mais ce fut la prêtresse qui l'arrêta.

- As-tu lu ton Livre, bâtard ? Je pensais que la salissure de la race des Augures qu'est ton père t'aurait mieux appris. Il semblerait que l'évêque de la Lyrie soit meilleur à coucher avec des putes qu'ouvrir son livre.
Calanthe as-t-elle déjà dit qu'il nous fallait à tous prouver notre Foi en s'attaquant à l'ennemi ? Si ce fut le cas, alors les pêcheurs qui l'accompagnaient aurait été massacrés par les Légionnaires Gentils.
Tu confonds la valeur de Dieu aidant les vainqueurs avec l'ordalie, une pratique barbare instituée par les seigneurs corrompus pour justifier leurs jugements haineux. Mais nous n'avons pas besoin d'ordalie ici. Ta culpabilité a depuis longtemps été établie, bâtard. Tu pilles et tu tues, tu violentes et tu meurtri. Il n'y a pas une pauvre paysanne de Dalmon à la Porte qui n'ait pas eut à subir le malheur que de souffrir de ta bite.
Il n'y a qu'un seul moyen d'en appeler à la dernière poussière de pureté qui est piégée dans tes entrailles. C'est de te tuer et te ramener devant le jugement de Saint-Lazare.
Emparez-vous de lui !


En fait, la prêtresse était pragmatique. Elle avait peur que son champion ne se fasse tuer sous les yeux de sa fragile horde de gueux qu'elle ait pu rassembler. Cela aurait été con, un embryon de résistance qui s'écroule avant même de commencer.

Les gueux pointèrent alors leurs armes devant le bâtard. Des faucilles et des serpes, des gourdins et des fourches, voilà ce qu'ils pointèrent devant l'homme équipé de mailles. Mais il étaient plus nombreux que lui. Ils l’assaillirent de toute part. On l'attrapa, on le mit à terre, et Nathaniel leva son épée pour aller fendre le crâne du Maréchal des Cimes.

- Va rejoindre ton créateur, bâtard !

Soudain, il lâcha l'épée sacrée, et posa ses mains sur sa gorge. Il recula, un pas en arrière, ses pupilles dilatées et sa mâchoire contractée. Du sang coulait en abondance de sa gorge. Il essaya de parler, mais ce ne fut qu'une gerbe de sang qui sorti du fond de sa gorge.
Un carreau d'arbalète l'avait transpercé. Dieu était du côté du bâtard.

Il y eut des hurlements de joie, des ordres militaires qui résonnaient en écho. Les gueux levèrent leurs visages pour voir, en haut de la colline, une vingtaine de cavaliers, portant des torches et les entourant.

- C'est l'armée de la Lyrie !
- Balian le Croisé est venu nous punir !
- Dieu ! Pardon ! Pardon seigneur !


La masse de la foule, de jeunes paysans choqués de la soudaine mort, brute et sans cérémonial de leur champion, eut un effet dévastateur. Ils lâchèrent Robert et s'enfuirent en courant, à travers le marécage. Ils étaient ralentis, alors qu'ils tentaient de s'échapper, jetant leurs armes à terre, marchant à contre-courant.

Ce n'était pas l'armée de la Lyrie. Juste une vingtaine de cavaliers de Gallard et de Robert. Mais ça les paysans ne le savaient pas.

Ils chargèrent ensemble, en hurlant. Il n'y avait alors qu'une petite trentaine de personnes qui tentaient encore de résister. Des vieux, surtout des vétérans fous de retour de croisade. Ils étaient malades et ne portaient que des cottes de mailles rouillées.
Baudouin devait être parmi eux. Gallard n'y fit pas attention alors qu'il faisait s'écraser le poids de son cheval contre le corps de l'un d'eux.
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