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MessageSujet: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 0:31
Les 5 chevaux se braquaient violemment, hennissant alors qu'ils se cabraient violemment. L'eau du marais atteignait leurs jarrets, gênant leur course, alors qu'ils devaient supporter le poids des hommes qui les montaient. De grands gaillards, portant en plus une armure de plus d'une dizaine de kilos, ainsi que leurs équipements et vivres. Il n'y avait pas de train derrière eux, point d'ânes ou de mulet. C'était un groupe mobile, rapide, destiné à la traque.

Cela faisait des heures qu'ils marchaient. Ils étaient partis aux aurores, et depuis, ils n'avaient fait que trotter. Les chevaux n'en pouvaient plus. Par deux fois, certains s'étaient écrasés de fatigue, obligeant tout le monde à s'arrêter. Les cavaliers n'étaient pas en meilleur état, leurs croupions étaient ruinés, leur dos se crispait douloureusement.

Finalement, ils atteignirent la terre ferme. Mais les bêtes refusaient de marcher. Elles se braquaient, tournant sur elles-mêmes.

- Putain de marécages ! Comment des gens peuvent vivre là-dedans ?
- C'est défendable. C'est une raison suffisante.
- En tout cas, on va pas tenir ici très longtemps. Faut qu'on se repose.
- On a presque atteint une auberge ! Ne vous inquiétez pas !

Un des cavaliers donna un coup d'étrier aux flancs de son destrier, et ils repartirent aussitôt. Ils gravirent un petit mont, marchèrent lentement, au pas, une dizaine de minutes, avant d'enfin distinguer, au loin, encore éblouie par le soleil couchant, un minuscule bâtiment de pierre et de pailles.

Gallard retira son heaume. De la transpiration coulait sur son front dégarni. Ses dents se crispèrent à la vue de l'édifice.

- Combien de temps avant d'atteindre Dalmon ?
- Nous y serons demain, messires.
- Le félon s'est échappé avec sa famille et quelques complices. Ils auront forcément laissé des traces.
- Bien sûr messires.
- Nous continuerons à l'aube dès demain, aux premières lueurs !
- Bien sûr messires.

L'homme aux côtés de Gallard de Castellanne n'en pouvait plus. Il avait mal au crâne, il était assoiffé, et aurait donné n'importe quoi pour avoir un bon lit et une soupe chaude.
Cet homme, à ses côtés, c'était un roturier un peu étrange du nom de Danick. Un contrebandier Telte, qui avait croisé le chemin du marquis dans des circonstances étranges. Il était borgne, puant, avait peu de cheveux, un gros nez et des dents rances. Et pourtant, bien qu'il s'agissait d'un ancien criminel répugnant, il avait vieilli de telle sorte à devenir un des hommes les plus bons et les plus intègres de Gallance.

- Bon. On y va.

Derrière Gallard se trouvait son écuyer. Lancelot d'Arcy était le fils d'un petit baron. Un jeune homme boutonneux et aux cheveux longs (Mais propres), courageux mais pas téméraire. Enfin se trouvait derrière lui un chevalier, Albett de Hautecour, et un sergent à cheval roturier, un dénommé Odo.

Toute cette fine équipe venait des Cimes. Et pourtant, maintenant, il se trouvaient, en armes et en haubert, sur les terres d'un autre seigneur. Typiquement le genre de choses à attirer des ennuis et à créer des problèmes entre seigneurs. D'autant plus que Gallard n'avait même pas eut le temps de prévenir son suzerain (Et père) Mordred. Il était là en toute illégalité.
Mais il n'avait pas eut le choix. Une bande de criminels de son territoire avait migré, et il fallait vite les attraper avant qu'ils ne commettent pire méfaits.

C'est ainsi que le groupe s'approcha de l'auberge. Ils n'avaient avec eux qu'une ridicule bannière, un minuscule drapeau qui montrait un aigle d'argent sur du bleu et du gris. Ils s'arrêtèrent au niveau des tenanciers de l'auberge, qui regardaient d'un mauvais œil cette compagnie.
Les 5 cavaliers posèrent pied à terre en même temps. Tandis qu'Odo, Albett et Lancelot tirèrent les chevaux pour les amener dans une écurie, afin de leur retirer leurs selles et leur faire boire et manger, Gallard et Danick s'approchèrent de l'auberge. Ils n'avaient pas fière allure, avec leurs armures et leurs têtes de brigands, mal rasés et sales.
Gallard n'arrangea pas les choses quand il parla avec son ton de persiflage habituel, comme si tout ceux autour de lui lui devaient obéissance et respect.

- Moi et mes compagnons sommes venus ici chercher logis et nourriture, pour nous et nos chevaux. Nous payerons bon sou. Préparez une chambre pour 5 hommes.

Et ne disant pas un seul mot de plus, il pénétra à l'intérieur, ses bottes crasseuses pleines d'eau et de boue de marécages dégueulassant le sol.
Lui et Danick allèrent se poser immédiatement à l'une des tables, attendant sûrement de quoi se déshydrater.

- Les félons doivent également chercher un autre où dormir, messires.
- Nous les trouverons demain. Les routes ne sont pas sûres et il y a peu d'endroits pour qu'une telle meute puisse se cacher.
- Et vous pensez qu'ils sont à Dalmon ?
- Je n'en sais rien... Je ne connais rien de la Lyrie. Seul Odo y connaît quelque chose.
Mais ils doivent chercher un endroit où loger. Ils ne peuvent le faire en plein milieu des marécages. Ils laisseront une trace.


Danick haussa des épaules.

- Je me rappelle une fois, quand j'étais plus jeune, j'avais à faire passer une cargaison de draps de Frissonie. On était cerné par des bandes de brigands d'un côté et des mercenaires à la solde du Roi d'Oultreterre de l'autre côté... J'avais fini par dormir dans une écurie, alors que les draps devaient rester propres...
- Votre passé de délinquant ne m'intéresse pas.
- Bien sûr messires. Tout ça pour dire : Des gens terrifiés dormiront n'importe où...

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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 13:42
A peine le groupe d'hommes armés avait t-il passé les frontières des marécages d'Epauline que l'information était arrivée aux oreilles du Maréchal du Comté, Robert dit le « Bâtard », fils illégitime de l'Archevêque de Lyrie.
Il apprit que ces cavaliers étrangers portaient les armoiries de la famille Castellanne, les cousins du Comte Balian. Que venaient-ils faire sur les terres du Comté ? Un groupe de cinq hommes isolés, arrivés sans prévenir, ne devait pas s'aventurer ici pour rien.
Au début la nouvelle n'éveilla aucun intérêt de la part du Maréchal, mais lorsqu'il apprit que Gallard Castellanne était possiblement parmi les cavaliers, il ne tarda pas à monter lui même sur son cheval.
Le Prince des Cimes devait avoir un accueil digne de son rang, et Robert allait le recevoir comme il se doit.
Ainsi, accompagné de dix hommes à cheval, le bâtard s'empressa de rejoindre l'auberge où lui avait-on dit, le Castellanne s'était arrêté.

C'est au milieu de la nuit que Robert et les siens arrivèrent. Ils avaient voyagé sous la lumière de la pleine lune.
Lorsqu'ils entrèrent dans l'auberge, la soirée battait son plein. Les pochtrons habituelles chantaient, servies par une jeune serveuse à la forte poitrine. Au fond de la grande pièce était un groupe de 5 hommes discrets assis devant des choppes, personne ne parlait, ils semblaient observer le spectacle typique que leur offraient les épauliens.
Personne ne tourna son regard vers Robert, son visage n'était pas connu et il ne portait pas les armoiries de la famille d'Epauline, étant donné son statut de bâtard.
A l'inverse, le Maréchal reconnu tout de suite Gallard.
Les deux hommes n'étaient pas des inconnus pour l'un et l'autre, lorsqu'ils étaient enfants, Robert et Gallard se voyaient quelques fois à la cour du Comte Claude, son grand-père.
Sans vraiment l'apprécier, Robert ne détesté pas son cousin (la Grand-Mère de Robert est la sœur du Grand-Père de Gallard). Il se souvenait d'un enfant froid et peu expressif, avec qui il aimait s'amuser.

Il s'approcha avec un large sourire, ôtant ses gants de cavalier.

« Que fait donc le Prince des Cimes aussi loin de chez ?
Messieurs. »


Robert fit un signe de tête aux compagnons de son cousin.

« On m'a fait part de ta venue ici, je suppose que tu n'es pas là pour passer du bon temps Gallard.
Puis-je m'asseoir avec mes hommes à votre table ? »
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 16:49
- Putains de pochtrons, grommelait le chevalier Albett en voyant un vieux porc tirer la robe de la jeune serveuse, essayant de voir sous sa jupe.
- Pourquoi vous obstinez-vous à dire "putain", sire ? Sérieusement, soyez plus inventif dans vos insultes, lui rétorqua le jeune Lancel.
- C'est ta mère la putain et je te demande d'arrêter de me faire la leçon sale blondinet mal torché !
- Sires, pourriez-vous fermez vos gueules ? J'essaye d'écouter ce qu'ils chantent !

La fatigue tapait vite sur les nerfs et la compagnie se préparait exceptionnellement à se coucher tôt. D'ailleurs, il n'y avait à leur table pas une goutte d'alcool ou de liqueur, ni de gros rôtis de poulet ou de quoi que ce soit de festif. Ils buvaient des bouillons chauds et de l'eau plate.

C'est alors qu'un homme en arme s'approcha. Zélés, stressés, Odo et Albett déplacèrent rapidement leurs chaises, sans se lever, et placèrent leurs mains près de la garde de leur épée. Mais devant le manque de réaction de leur suzerain direct, ils ne tentèrent pas de montrer la moindre agressivité.
Gallard regarda l'homme qui s'approchait droit dans les yeux, le visage froid et sans la trace de la moindre émotion.

Gallard n'oubliait rien ni personne. Chaque instant lui restait gravé dans son esprit. Et bien qu'il lui fallut quelques secondes pour se reconnaître la personne qui se dressait devant lui, tous ses souvenirs d'enfance remontèrent à sa surface.
Il se rappelait qu'un jour cet enfant lui avait proposé de jouer à cache-cache, et qu'il avait fallu qu'on lui explique le prince de « cache-cache » parce que, pour Gallard, c'était stupide de se cacher en attendant de se faire trouver.

- Robert. Nous ne sommes pas là pour rester, effectivement. Et je ne suis pas présent ici pour déranger. C'est une urgence qui m'a conduit sur ces terres et je suis désolé de ne pas avoir pu prévenir plus tôt.
Si vous le désirez, asseyez-vous donc. Mais ne vous attendez pas à ce que je vous paye à boire.


La dernière phrase de Gallard aurait presque pu passer pour une plaisanterie entre vieux copains, qui se taquinaient gentiment. Mais le ton acéré avec laquelle il l'avait sorti ne laissait pas la place à l'ironie.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 17:49
La froideur de Gallard n'étonnant pas Robert qui continua à sourire. Son cousin n'avait pas changé depuis leur dernière rencontre, il y a de ça déjà plusieurs années.

« Ne t'inquiète pas cher cousin, nous sommes là sur les terres de mon oncle, c'est moi qui vous offre vos verres. Vous êtes ici chez vous. »

Robert donna un ordre dans l'oreille d'un de ses hommes qu'il chargea de rapporter des boissons, mais contrairement au Prince des Cimes, le Maréchal n'était pas du genre à boire de l'eau plate et du bouillon.
Il fit signe ensuite pour qu'on lui ramène des chaises, ce que ses soldats firent sans attendre.
Certains délogèrent des paysans en grognant, mettant à mal la bonne ambiance de la taverne, même s'il les pochtrons continuèrent de chanter.
Robert fût le premier à s'asseoir, très vite suivi d'une pinte de bière que l'on posa devant lui.

« Alors cher cousin, vas tu me dire ce que tu fais ici ?
Je suis sûr que je peux te venir en aide, je connais parfaitement ses terres, et tu n'es pas sans savoir que je suis le Maréchal attitré du Comte Balian, et ce même depuis son retour de guerre sainte, contrairement aux rumeurs faisant état de mon éviction. Un bâtard ne serait pas assez honorable pour occuper ce poste dit-on, mais bâtard ou non, je suis compétent lorsqu'il s'agit d'embrocher les vilains. Enfin, tu sais cela Gallard, nous sommes tout deux fils de roturière. »


Robert lança un clin d'oeil à son cousin puis but d'une traite sa bière, accompagné d'un seul mouvement par tous ses hommes.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 17:56
L'ambiance n'était vraiment pas chaleureuse, malgré le ton employé par Robert. Les hommes de Gallard étaient nerveux, et eurent du mal à se déplacer pour laisser de la place, grognant et montrant leurs dents acérées alors que les gardes du fils de l'archevêque posaient leurs culs autour de la table.

Gallard regardait dans son bol alors qu'il remuait légèrement avec une cuillère la mélasse verte. Mais il écoutait attentivement Robert, jusqu'à sa dernière remarque, qui lui fit lever les yeux.

- Être enfanté par un non-noble ne rend pas un homme plus fort pour traquer les bandits. Est-ce qu'être enfanté par un religieux vous a rendu plus pieux ?

Il redressa les épaules, son regard pénétrant directement celui du bâtard devant lui.

- Votre aide est appréciée. Mais elle n'est pas nécessaire. J'ai de l'avance et si vous venez avec moi j'ai peur que vous me ralentissiez.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 18:16
« Plus pieux ? Ça ne se voit pas ? Je serais le prochaine Augure !
L'Archevêque n'est pas mon père, saviez vous que ma mère est toujours vierge ? Je suis enfanté par Dieu mon ami. Mais il est vrai qu'on raconte qu'ils n'était pas mariés, je suis un bâtard des cieux. »


Robert leva son verre à ses paroles, entouré des rires gras de ses compagnons. Puis ils burent à nouveau tous en cœur. Le Maréchal et ses hommes n'avaient aucune manière, certains ne savaient qu'à peine boire, la bière dégoulinant de leur bouche sur leur mentons et goûtait sur leurs vêtements.
Le Maréchal vit sans étonnement que le spectacle n'amusait pas son cousin. Sans perdre son sourire et reprit un ton sérieux.

« Gallard, m'a proposition n'était qu'une formule de politesse.
Comprends bien qu'on ne va pas laisser le Prince des Cimes vadrouiller en armes lui et ses hommes sur nos terres. Je vais t'accompagner pour veiller sur toi jusqu'à ton retour parmi les tiens.
Maintenant veux tu bien me dire ce que tu fais ici. »
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 18:28
Les hommes de Gallard souriaient à la blague de Robert, même s'ils n'osaient pas rire aux éclats. Seul Gallard restait de marbre et inexpressif.

Il but calmement son bouillon, le liquide chaud lui brûlant la gorge, avant de le reposer calmement sur le bord de la table qui vibrait au fur et à mesure que les gueux du Bâtard tapaient leurs verres dessus.

- Très bien Robert.
Le monastère du Calvaire est sous ma juridiction. Vous devez connaître les légendes sur ce mont et de comment il a hérité de ce nom.
Il y a de cela une semaine, l'abbé du monastère est venu me voir, et a accusé l'un de mes plus proches conseillers d'avoir dérobé l'épée légendaire du Saint qui y est mort. J'ai immédiatement envoyé un sergent l'arrêter... Mais nous l'avons retrouvé égorgé.
Ce conseiller, ce sale félon est un ancien croisé du nom de Baudouin. Lorsque j'étais jeune, il a participé à mon éducation martiale. Je ne sais pas ce qui lui a pris de commettre un tel acte. Mais il s'est échappé avec sa famille et quelques compagnons d'armes. Ils doivent être une bonne quinzaine de bandits en armes.
J'ignore ce qu'ils souhaitent faire avec une telle relique. Peut-être la vendre. Peut-être faire je ne sais quel rituel avec.
Mais il est essentiel que je le retrouve et que je lui donne la justice qu'il mérite.


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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 18:58
Robert écoutait Gallard avec sérieux, son sourire narquois avait disparu.

« Et bien cher cousin, ce Baudouin répondra de ses actes je vous en fait ma parole.
Comment savez vous qu'il se trouve sur les terres de mon oncle ? A t-il de la famille par ici ? »
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 19:01
- Nous l'avons traqué. De village en village. Mais a chaque fois il avait une longueur d'avance. Nous avons simplement perdu sa trace lorsque nous sommes entrés dans les maudits marécages.
J'ignore totalement où il peut être à présent. Je pensais qu'il se dirigeait vers Dalmon. Peut-être également a-t-il trouvé la sécurité dans un monastère. Après tout, s'il garde un tel artefact avec lui, il peut prétendre être doué d'une mission personnelle d'un abbé.


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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 21:38
Alors que Robert et Gallard discutaient, la tarverne commençait à s'animer autour d'eux. Trois soldats du Maréchal s'étaient désintéressés de l'échange pour se préoccuper avec insistance de la serveuse.
Celle ci malgré sa petite condition n'était pas bien vilaine, elle semblait jeune, un peu grasse sur les bords, des cheveux blonds bouclés et gras, des joues rondes et de grands yeux.
A chacun de ses passages, les soldats du Maréchal s'amusaient à imiter les habitués de la taverne et soulevaient la jupe de la jeune fille, mais avec un peu plus d'insistance. Là où c'était un jeu avec les poivrots de l'auberge, les soldats avaient réellement envie de voir ce qu'il y avait en dessous.
Ce qui devait arriver arriva et la situation dégénéra lorsque l'un des soldats s'arrêta de rire pour menacer les paysans de sortir son épée.

Robert qui écoutait son cousin, ne prêta qu'un regard distrait, mais ne se préoccupa plus que ça de l’incident qui à chacune de ses sorties était habituel.

« 15 bandits en arme me dis tu, s'il s'avère qu'ils sont passés par ici ils ont dû être remarqué. Demain j'enverrais mes hommes se renseigner auprès des villages. Si ton Baudouin est passé par ici, nous saurons où il se dirige. Parle moi un peu de cette relique qu'il a dérobé. Si le Prince des Cimes se déplace lui même pour la récupérer c'est qu'elle doit avoir de la valeur n'est ce pas ?
Je... »


Robert fût interrompu, une table venait de se renverser. L'un des soldats du Maréchal venait de projeter un paysan à travers la pièce. Les chants s'étaient arrêtés, tout comme les discussions.
Évidemment la jeune serveuse était en jeu. Le soldat mécontent dégaina son épée.

« S'il vous plaît messires. Calmez vous. » tenta d'intervenir l'aubergiste, un petit vieux, chauve avec de grandes moustaches blanches.

Robert ne dit rien, et se contenta d'un regard amusé envers son cousin. Celui ci allait-il intervenir ?
Le Maréchal en doutait, alors que son soldat menaçait l'aubergiste avec son arme.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 21:49
Gallard n'était pas un preux chevalier. Il ne croyait pas en l'honneur et au service envers les pauvres. Il observait d'un œil méprisant le soldat qui venait de faire crisser l'acier en retirant son arme du fourreau, la pointant dangereusement vers les gueux.

Une partie de lui avait quand même envie d'intervenir. Mais ce n'était pas ses terres. Ce n'était pas ses gueux. Ce n'était pas ses hommes.

- Contrôlez vos chiens, Robert ! Pesta-t-il violemment alors qu'il se levait.

Il fit un petit signe à Albett, son chevalier, qui immédiatement s'approcha du soldat un peu violent, une main posée sur la garde de son épée.

- Allez, t'as assez bu, lâche l'affaire, dit-il d'un ton ferme tout en s'approchant d'un pas rapide.

En réalité Gallard n'était pas tellement intéressé par la bagarre. Mais il trouvait les questions de Robert un peu insistantes, et cherchait à détourner son attention.

- Je pense que vos hommes ont besoin de repos. J'aimerai partir dès demain aux aurores.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 22:08
Robert fût étonné de la réaction de son cousin, il n'imaginait pas celui ci comme un chevalier au grand cœur.
L'un de ses hommes osa s'approcher de l'homme du Maréchal pour lui dire de se calmer, et évidemment celui ci n'apprécia pas du tout.

« Qui t'es toi ?! On est pas dans les Cimes ici, spèce de bouseux, tu fais pas la loi. »

Le soldat détourna son épée de l'aubergiste pour la pointer vers Albett.

« Si tu veux te la jouer on peut voir ce que tu vaux. »

Robert s'amusait beaucoup de la situation, un duel aurait été divertissant en cette triste soirée. Mais il craignit un incident diplomatique. Il décida d'intervenir.

« Sir de Grandbois, veillez rentrer votre épée je vous prie. »

Le soldat fût surpris de l'ordre de son Maréchal, ce n'était pas le genre à sonner la retraite.
Mais il obtempéra en crachant aux pieds d'Albett.

« Comme il vous siéra Sieur Maréchal. »

Robert se tourna ensuite vers l'aubergiste.

« Combien pour la fille ?
- Pardon ? La fille...
- Oui, combien ?
- Mais c'est mon enfant elle...
- Je vous en donne 1 sou.
- Euh mais...
- Je vous en donne 2 pour le désagrément. Cela vous va t-il ? »

L'aubergiste regardait la Maréchal, puis sa fille. Il avait les larmes aux yeux mais n'avait pas le choix, il devait vendre sa propre fille à ce vaurien remplit de bière.

« Je vous offre un dernier sou pour le plaisir de tous mes hommes et de ce du Prince. »

En cœur les hommes du Maréchal poussèrent un cri de joie alors que Robert sortait sa bourse pour payer l'aubergiste qui était forcé à la transaction.
3 sous pour une passe, c'était cher, mais Robert voulait aussi impressionner son cousin et montrer sa grande richesse. Depuis qu'il était Maréchal Robert pouvait se permettre ces extravagances.

La situation rentra dans l'ordre.

« Bien cher cousin, mes hommes et moi allons nous retirer dans nos quartiers. Si toi et les tiens veulent venir profiter de la femme vous êtes les biens venu. Auquel cas nous nous retrouverons demain à l'aube. »

Le Maréchal fit une révérence de courtoisie, quelque peu sarcastique, envers son cousin fils du Duc des Cimes.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Lun 23 Nov - 22:59
Gallard observa silencieusement les hommes du bâtard se retirer. Albett tremblait encore de rage, sa main tenant fermement l'épée. Il détestait qu'on lui coupe les ailes. Il avait le tempérament sanguin, et avait vécu sa vie en dégainant l'acier.

- Bande d'enfoirés ! Je jure que je pourrais en tuer 3 avant même qu'un seul en touche le sol !
- Calmez-vous sire.

Le sergent non-noble, Odo, fronça des sourcils.

- J'aurai quand même voulu goûter de la gueuse, moi...
- Tu penses ? Est-ce que t'as envie d'être le 7e à passer sur elle, dans sa chatte remplie de jus de leurs bites crasseuses ?
- Ça va faire 2 mois que j'ai pas baisé... A ce rythme là je prendrais n'importe quoi, même ma sœur.
- Pareil, la bite me démange...
- Vous êtes en service pour l'abbé du Calvaire ! Montrez un peu de dignité !

Gallard haussait rarement le ton, mais il savait se faire entendre. Odo et Albett, tous deux, voûtèrent leur dos et donnèrent leurs plus plates excuses.
Sans doute qu'ils se décidaient à tenir leur langue sous peine de la perdre.

- Bien, messieurs. Nous n'allons point payer beaucoup de sous pour cette soirée.
Sire Albett, Sire Lancel, Odo, vous dormirez dans l'écurie avec les chevaux. Je partagerais ma couche avec Danick. Passez une bonne nuit car demain nous remarcherons.


Gallard s'éloigna aussitôt. Derrière lui, les 3 combattants firent quelques blagues à voix basses, imaginant une relation homosexuelle entre le Marquis et son compagnon.
Danick rattrapa aussitôt son suzerain.

- Messires, si je puis me permettre... Faites-vous confiance à ce Robert ? Ses hommes sont de vrais rustres, je crains qu'ils ne soient une véritable épine.

- Ils ne viennent point pour nous aider, mais pour nous surveiller, Danick. Malgré tout je tâcherais de constamment garder un œil sur eux.
- Etiez-vous proche de Robert lorsqu'il était jeune ?
- Non.
Bonne-nuit Danick.


Gallard avait le sommeil léger, mais il entra malgré tout dans une petite chambre et s'installa sur une couche de paille, enroulé en-dessous d'un vieux drap usé de mauvaise laine.

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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Mar 24 Nov - 14:20
9 mois plus tard naissait Thomas, fils d'une aubergiste et d'un père inconnu. Certains disaient qu'il s'agissait du fils de Robert, Maréchal d'Epauline, d'autre de Gallard, le Prince des Cimes. Mais en vérité aucun des deux ne participa à la conception de l'enfant, Thomas n'était qu'un fils de roturiers et un bâtard.

Le lendemain, Robert se leva aux aurores avec tous ses soldats. Il faisait un peu froid, mais rapidement le soleil allait réchauffer la terre. Nous étions en été, et le pays était en pleine vague de chaleur depuis plusieurs semaines.
Le Maréchal se passa un coup d'eau sur le visage dans l'abreuvoir des chevaux, puis il donna ses premiers ordres avant que Gallard ne se réveille à son tour.

« J'ai envoyés cinq de mes hommes se renseigner dans les bourgs environnant. Il vont récolter des informations puis nous retrouver à Dalmon.
Je sais que tu es un homme d'action Gallard, mais fait moi confiance, si ton fugitif est bien par ici ils retrouveront sa trace et nous pourrons le traquer. Mais chaque chose en son temps.
Allons à Dalmon. Ma cousine s'y trouve si tu as envie de la revoir.
Depuis le retour de son père le Comte Balian, elle évite la capitale. Je me souviens qu'elle pleurait son départ, et aujourd'hui elle rage à son retour. C'est amusant l'évolution des relations non ? »


Robert sourit à Gallard. Celui ci devait avoir envie de traquer tout de suite Baudouin, mais par où aller sans informations ? Les marécages étaient grands et il n'était même pas sur que le chevalier voleur s'y trouvait. Le Maréchal espérait que la présence de Diane à Dalmon allait convaincre le fils du Duc à le suivre, il avait le souvenir que ces deux là s'entendaient plutôt bien lorsqu'ils étaient enfants et ce malgré leur différence d'âge.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Mar 24 Nov - 17:39
Le marquis grimpa sur son cheval que Lancel, son écuyer, avait déjà préparé en avance.

- En effet, amusant, dit-il froidement.

Alors qu'il mettait les pieds dans ses étriers, il se tourna derrière lui, pour voir quelques-uns de ses hommes se préparer à le suivre.

- Je ne vous ai pas amené ici pour que vous preniez du bon temps dans les bordels de Dalmon. Odo, sire Albett, vous accompagneriez les hommes de Robert pour interroger les villages aléantour.
- Bien sûr messires.

Ils étaient ravis. Passer du temps sous les ordres de Gallard était fatiguant, ils préféraient être entre eux, sûrement à profiter de la journée.

- Je me rappelle lorsque j'étais enfant, et que mon père Mordred s'occupait de moi. Il avait toujours été assez sévère, mais au moins, par amour envers ma mère, il cherchait à prendre soin de moi, et à m'éduquer correctement, comme le fils qui serait censé le remplacer.
Et puis, elle est morte. Je vous jure, Robert, que je l'ai vu pleurer. La seule fois où j'ai vu mon paternel faire preuve de la moindre once d'émotion.
Et est arrivé dans sa vie Anne-Marie de Thaal. Et d'un seul coup, cela fut comme si je n'étais qu'un paria, un bâtard qui n'était pas désiré. Lorsqu'elle fut enceinte, Mordred m'envoya au loin.
Alors oui. C'est amusant comme vous dites, les relations.


Lancel s'équipait lui aussi, et le contrebandier Telte était déjà sur son cheval, portant bien moins d'armures.

- Votre cousine, Diane, n'est-ce pas ? Pour quelle raison n'accueille-t-elle pas son père ? Est-ce parce qu'elle a trop goûté au pouvoir lors de la régence ?
Ne sait-elle pas que diriger un duché est une responsabilité, pas un cadeau ?

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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Mar 24 Nov - 19:20
Robert fût surpris des confidences de son cousin. C'était inhabituel qu'il se livre ainsi. Peut être se sentait-il proche de Robert ? Les deux hommes partageaient quelques points communs, notamment dans l'absence de père.
Mais rapidement Gallard changea de sujet.

« Diane sait parfaitement tout cela. Ses 2 ans et demi de régence ont parfaitement mené, elle a un don pour ça.
Je te mentirais si jete disais qu'elle a été heureuse du retour de son père, elle s'était rapidement habituée à sa nouvelle position et retourner à sa fonction de fille du Comte, sans aucun pouvoir, ne lui a pas plus. Mais si aujourd'hui elle évite son père c'est pour d'autres raisons.
Balian s'est mit en tête de la marier.
Si tu te souviens bien de notre cousine, tu te rappelleras de son caractère indépendant. Elle n'a pas changé. Elle n'aime pas l'époux que lui a promit son père, ce Rodrigue de Rayan.
Moi non plus je n'approuve pas cette idée, Diane mérite un homme à son niveau, un homme fort et compétent. Ce qui est inquiétant surtout, c'est que si Balian meurt sans parvenir à faire reconnaître son fils qu'il a eut avec sa gueuse d'outremer, ce Rodrigue deviendrait le nouveau Comte d'Epauline.
Et entre nous, je ne suis pas sur qu'il en ait les épaules. »
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Mar 24 Nov - 19:32
Les chevaux étaient à présent en marche, dans un bon pas en direction de Dalmon. Les bêtes c'étaient très bien reposées, mais il ne fallait tout de même pas trop en demander.
Gallard était solidement perché sur sa bête alors que le soleil lui frappait sur son crâne légèrement dégarni. Il plissait les sourcils, gêné par la lumière.

- Rodrigue de Rayan...


Il prit un moment avant de se souvenir de ce nom. Il n'était pas très connu, effectivement. Il ne s'agissait que de l'un des vassaux de l'Epauline.

- Pourquoi Balian voudrait-il marier Diane à un petit vassal ? N'est-elle pas l'héritière de l'Epauline ? Quel gâchis de voir ces terres données à une si petite famille.
Ce n'est pas ma place de critiquer ses choix, et nul doute qu'il est un homme honorable qui a bien fait son devoir. Mais il lui faudrait être un peu plus pragmatique.
Mais bon. Diane est sa fille, elle lui doit obéissance. Qu'est-ce qu'elle compte faire ?

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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Mar 24 Nov - 19:51
« La Maison de Rayan est une petite famille du Nord.
Balian a rencontré Gabriel, le père de Rodrigue, en Terre Sainte. A son retour il en a fait le Baron d'Orance en lui donnant des terres.
Balian a toute sa confiance en Gabriel et Rodrigue. Il aimerait que le Comté revienne entre de bonnes mains et éviter aussi qu'il ne soit annexer par des forces étrangères. C'est toujours délicat lorsqu'une femme hérite de terres.
Mais je suis de votre avis, les Rayans n'ont ni le prestige ni la légitimité pour devenir les nouveaux Comtes d'Epauline. Contrairement à Balian, je suis partisan d'un mariage avec une riche famille.
Pour le moment Diane se retrouve coincée, comme tu l'as dis, elle doit obéissance à son père. »


Le soleil pointait à l'horizon et scintillait sur les marais salants qui entouraient les cavaliers.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Mar 24 Nov - 20:11
La marche vers Dalmon occupa une bonne partie de la matinée. Lancel sommeillait toujours un peu, tandis que Danick observait avec suspicion les hommes du bâtard tout en écoutant d'une oreille l'échange entre les deux hommes derrière lui.

Autour d'eux, il n'y avait que des marécages. De temps à autre, les destriers trempaient leurs sabots dans de l'eau boueuse. C'était un paysage de mines de sel, où il était difficile de vivre. Il y avait peu de gens, d'ailleurs le convoi ne rencontra qu'à un seul moment un autre être humain. Une petite fille qui promenait des moutons, et qui se fit rapidement sifflée par les hommes de Robert.

Midi approchait. On le sut aux cloches d'une église un peu lointaine. Le monastère de Dalmon. Sitôt qu'il entendit le bruit de l'église, Danick se pencha sur son cheval, mit ses coudes sur l’encolure de sa bête, et pria à voix basse. Devant eux, l'un des sergents du bâtard sorti un oignon qu'il croqua de ses dents noires, postillonnant alors qu'il continuait sa discussion animée, qui portait sur leur conquête de la nuit dernière. L'un clamait qu'il avait réussi à la faire hurler de plaisir, tandis que ses collègues lui assuraient qu'elle n'avait en réalité fait que pleurer.

L'arrivée, enfin, devant Dalmon, ne fut pas triomphale. La cité n'avait vraiment pas bonne allure. Ils s'arrêtèrent devant une très large barrière, une longue palissade de bois sur un petit mont, entouré de fossés boueux. Nul doute qu'il s'agissait du seul véritable rassemblement de population à des kilomètres, le reste n'étant que de minuscules villages de personnes exploitant les mines de sel.

- Une jolie ville, messires. J'en ferai un beau dessin pour votre fille.
- Taisez-vous, Danick.

Alors que les cavaliers s'approchèrent, les gardes en faction devant la grande porte se dressèrent. Ils reconnurent immédiatement la bannière du convoi, celle du pégase mauve. On entendit une corne sonner, puis des chocs métalliques tandis que, à l'intérieur de la baronnie, des hommes abaissaient le pont-levis et remontaient la lourde herse.

Ils entrèrent en bon convoi, et traversèrent rapidement le village. Il y avait un grand rassemblement de maisons, Danick aperçu rapidement une auberge, un atelier de forgeron, et une petite église.
Après cinq minutes de marche au pas, ils arrivèrent devant une deuxième palissade, bien plus gardée, faite non pas en bois mais en pierres. C'était le domaine du seigneur. Elle se trouvait en hauteur, avec un large donjon trônant au milieu, des gardes en faction faisant le tour de minuscules remparts. Ce n'était pas un endroit très défendable, mais Dalmon était en plein dans un marécage, y faire déplacer une armée était donc compliqué.

- Hey ! Ouvrez la porte ! Le maréchal est là !

Un homme s'approcha de Robert et lui posa un escabeau à ses pieds pour l'aider à descendre. Gallard, lui, avait déjà sauté de son cheval sans même attendre son écuyer.
Il s'approcha de son « ami » tout en retirant ses gants.

- Très bien. Je vais présenter mes hommages à votre cousine.
Cela vous ennuie-t-il si mes hommes restent avec les vôtres pour se rafraîchir ?

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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Jeu 26 Nov - 7:50
Robert se tourna vers ses hommes et leur fit signe de s'occuper des compagnons de Gallard.

« J'ai envoyé l'un de mes hommes nous précéder. Diane doit être au courant de notre arrivée. »

En effet, celle ci attendait déjà au pas de la grande porte, au sommet des marches qui la séparaient de son cousin.
Il y a quelques années, Gallard avait quitté une enfant et maintenant il retrouvait une jeune femme.
Diane était habillée d'une robe rouge aux liserés d'or et de dentelles ocres. Sa longue chevelure blonde était coiffée de manière sophistiqué, dans un méli-mélo de tresses compliquées.
Diane, contrairement à d'autres femmes de cour, n'était pas très intéressait par les parures et les bijoux. Mais elle connaissait l'importance du paraître dans sa société. C'est grâce à sa luxueuse apparence qu'elle avait son pouvoir.
Le Prince des Cimes monta les quelques marches pour le cérémonial habituel lorsque l'on rencontrait une femme de haute noblesse. Il put apprécier le doux parfum de lila qui émanait de son cousine, contrastant avec sa propre odeur de cavalier baroudeur.

« Mon cher cousin. Je suis heureuse de te revoir. »


Diane souriait et paraissait contente de revoir Gallard après toutes ces années. Mais en réalité la présence de son cousin la dérangé. La fille du Comte était occupée à tenter de se sortir de l'autorité de son père qui voulait la marier, et la présence inopportune du Prince des Cimes la forçait à un accueil diplomatique dont elle se serait bien passé.
Intérieurement elle maudissait Robert d'avoir eu la bonne idée de ramener Gallard à Dalmon.

« C'est rare de te voir hors des Cimes, tu ne dois pas être là pour rien alors je n'abuserai pas de ton temps. Mais tu nous feras l'honneur de dîner avec nous. »

Elle prit le bras de Gallard puis ils entrèrent dans le château de Dalmon.
Celui c était petit, froid, austère et sombre. Il n'y avait rien de luxueux ou de chaleureux. La seule décoration étaient des peintures de scènes religieuses aux couleurs criardes et des lustres d'argent qui pendaient négligemment du plafond.
Tout démontrer que la fille du comte était là par nécessité car en rien le bâtiment ne faisait honneur à son rang.

« Comment se porte ton père Mordred ? »
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Jeu 26 Nov - 12:44
Gallard se mordait les lèvres alors qu'il marchait aux côtés de sa cousine. Il paraissait gêné et mal à l'aise. Il n'avait jamais aimé le contact humain, il n'avait jamais apprécié qu'on le touche, encore moins lorsque cela venait d'une jolie femme. Il préférait être en posture dominante, sévère, celle d'un maréchal parlant à ses soldats. Il faisait des pas lents et étranges, comme s'il se sentait obligé de rester à la même allure que Diane.

Bien qu'il gardait son crâne droit, il bougea ses yeux pour observer le château. Il était plutôt plaisant, mais en même temps, Gallard passait sa vie dans des ouvrages militaires, alors n'importe quel bâtiment lui paraissait plaisant.

- Mon père se porte bien, dit-il d'une voix acérée. Il est en pleine forme, plus que jamais.
Comment se porte le votre, de père ? Robert m'a dit qu'il est effectivement rentré du Caldéra, où il a guerroyé pour Calanthe. Pourtant vous n'avez pas l'air contente de le revoir.


Toujours aussi peu discret, il ne pouvait s'empêcher de déballer à voix haute ce qui se disait en comité réduit.

- Vous n'avez pas dans l'intention d'épouser son prétendant. Mais vous cacher à Dalmon n'est pas la meilleure des solutions.
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Jeu 26 Nov - 13:54
Diane grinça des dents. Qu'est que Robert avait été raconté ?
Elle se tourna discrètement pour jeter un regard noir au bâtard qui les suivait derrière. Ce dernier se contenta de hausser les épaules avec un sourire amusé.
La Comtesse allait devoir punir son valet un peu trop bavard.

« N'écoute pas ce que raconte cet idiot. Je suis très heureuse du retour de mon père. Il a guerroyé pendant 6 ans contre les infidèles, c'est un héros. Je suis soulagé que Dieu nous le rende sain et sauf.
Et si je suis ici à Dalmon ce n'est pas pour me cacher. »

Diane se surprit par le ton de sa voix, elle ne voulait pas paraître trop froide à son cousin, même si ces affirmations l'avaient contrariés.

« Mais tu as raison mon cher cousin, je ne compte pas épouser le prétendant de mon père.
Mais n'imagine pas que c'est pour épouser mon amoureux, le fils du boucher qui est parvenu à me courtiser grâce à sa grande vertu, comme dans les contes pour fillettes. »


Diane sourit, elle tentait un peu de détendre l'atmosphère. Gallard semblait particulièrement anxieux.

« Je trouve que ce Rodrigue de Rayan n'est pas du battit pour être à la tête d'un des plus puissants Comtés de Gallance. C'est un jeune fougueux, trop tolérant et timoré. Il ressemble bien trop à mon père. »

Diane se mordilla la joue, cette dernière remarque lui avait échappé. Pensait-elle que Balian aussi était incompétent pour diriger le Comté ?
Elle décida de changer de discussion alors qu'ils arrivaient sans la grande salle à manger.

« Bref. Et le jeune Prince ? Comment se porte t-il ? »
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Jeu 26 Nov - 14:39
Il y avait quelque chose dans le ton de Diane. Cela se voyait qu'elle mentait entre ses dents.
Mais au moins, elle restait froide et pragmatique. Elle n'était pas gouvernée par ses passions comme tant de frêles femmes. Elle connaissait sa place et son rôle, ce qui plaisait au marquis.

Ils entrèrent dans la salle à manger. Elle avait une apparence antique et rustre. Une très grande table en bois était posée en plein milieu, sous la lumière de larges vitres où était forgée des grillages en métal. Un feu de bois brûlait légèrement en coin, il y avait un grand et beau tapis, quelques vieilles décorations, dont, sur un mannequin, une ville armure du temps de Godefroi II, en broigne et en écailles de bronzes et fer. Sur la table se trouvait des bols et des assiettes, remplies de raisins, de pommes et de citrons, venant probablement de Champdor car Gallard ne pensait pas avoir vu d'arbres fruitiers dans les marécages.

Surtout, il vit d'autres nobles présents dans la salle. Il ne reconnut pas du tout leurs visages ou leurs voix, mais ils étaient réunis dans un coin de la pièce, devant ce qui semblait être une étagère, à discuter assez ouvertement. Ils devaient avoir un débat sur quelque chose.
L'un d'eux portait une armure de mailles, les autres avaient des mantels de soie sur leurs habits en cuir.

Ils se retournèrent en voyant Diane entrer.

- Le prince ? Albran ? Je l'ignore. Je n'ai pas eut l'occasion de le revoir.
Mordred l'éduque. Nul doute que s'il montait sur le trône, il ferait l'un des êtres les plus machiavéliques et destructeur jamais vu dans notre Histoire.
Bien sûr, Mordred a surtout envie de le voir sur le trône pour pouvoir régner derrière lui. Le problème c'est que Amelin est tout autant Prince que son frère. Je crains qu'ils ne décident d'entrer en guerre pour savoir qui mérite la couronne. Et le Roi Lucien ne semble même pas concerné...
Quel Roi peut oser être irresponsable au point de laisser son Royaume s'écrouler ? Quels seigneurs peuvent être assez fous pour vouloir faire couler le sang pour un peu de pouvoir ?

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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Jeu 26 Nov - 15:10
Diane ne releva pas les questions de Gallard sur les compétences du Roi Lucien, elle ne voulait pas entrer dans ce débat.
Elle fit un large sourire aux nobles qui allaient partager leur repas et tous se courbèrent devant la Dame d'Epauline.

« Messieurs, je vous présente mon cousin, le marquis Gallard Castellanne, fils et héritier du Duc des Cimes Mordred. Un invité de dernière minute à notre diner. »

Tous saluèrent le Prince des Cimes. Certains disaient leur honneur de rencontrer un homme de si grande famille, toutes les personnes ici présentes n'étaient que de petite noblesse.

« Gallard, je te présente le Baron George de Rance, Henri de Ponteveau bourgmestre de la ville, l'évêque Michel de Dalmon et leurs collaborateurs.
- C'est un honneur de rencontrer un représentant de la Maison Castellanne,
dit l'évêque, un petit gros aux yeux globuleux. Nous étions en train de discuter de la fête qui se prépare à Dalmon, je pense que ce sera l'un des grands festivals que la région ait connu. Nous feriez vous l'honneur d'y venir.
- Je ne pense pas que le Marquis n'est que ça à faire Michel,
intervint le bourgmestre, gêné que l'évêque ait demandé à un futur Duc de participer à une fête de paysans. »

Pour tourner court à la conversation, Diane informa ses hôtes que le dîner allait être servi et qu'il fallait à présent s'attabler.
La grande table qui accueillait une dizaine d'invités, était bien garni. Les serviteurs apportèrent divers plats, des mets traditionnels de la région mais aussi des recettes plus exotiques.
Le Baron George de Rance, un grand moustachu très maigre, s'adressa à Gallard alors que le repas commençait.

« Seigneur Gallard, J'ai cru vous entendre parler du jeune Prince Albran que votre père l'illustre Mordred élève dans son duché. Etes vous au courant des dernières rumeurs ? »

Cette fois le Baron s'adressait à toute la table.

« Je reviens de la capitale où j'étais retenu pour affaires depuis quelques jours. Le Roi serait très malade et certains annoncent déjà son décès dans les prochaines semaines. On raconte qu'il sera mort d'ici la nouvelle année. »

La nouvelle de la rumeur sur l'état de santé du Roi causa un léger remous autour de la table, chacun allant de son petit commentaire.

« Le Prince Amelin va devoir se préparer à son couronnement.
- Le Prince Amelin ? Vous en êtes sûr ?
- Il est l'aîné.
- Je ne crois pas, c'est Albran l'aîné. »


L'évêque intervint.

« On ne sait pas qui est l'ainé, là est tout le problème. Il faudra choisir le meilleur des deux enfants, seul l'un deux pourra devenir Roi. Qu'en pensez vous Seigneur Gallard ? Vous connaissez bien le Prince Albran non ? Ferait-il un bon Roi ? »
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MessageSujet: Re: Le glaive de la justice Jeu 26 Nov - 16:37
Gallard s'assit, à table. Cela l'ennuyait d'être ici et de se retrouver dans un repas fastueux. Il avait hâte que les hommes de Robert reviennent avec des informations.
Il ne mangea pas, restant assis, les mains sur la table, alors qu'il écoutait les autres petits nobles lui parler.

Des propos tenus le gênaient énormément.

- On ne doit pas parler de la mort d'un Roi comme ça, sire George. C'est un sacrilège. Vous devriez apprendre à tenir votre langue au lieu de manquer de respect à notre suzerain à tous.

Il tourna sa tête vers l'évêque.

- Albran ferait un bon Roi, oui. Tout comme je suis sûr que Amelin ferait un bon Roi. Ce n'est pas à nous de choisir. Il n'y a qu'un héritier légitime, et ce n'est pas parce que nous ne le connaissons pas que nous devons nous mettre à décider de qui devrait succéder à Lucien.
Je prie pour qu'il désigne dans son testament qui est l'aîné. Il doit probablement le savoir, j'en suis sûr. Seul la haine irréfléchie qu'il éprouve envers ses enfants doit l'empêcher de désigner son successeur.
Mais ce n'est pas à nous de faire des pronostics.

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